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SpiritualitÉ des images



Berthe Morisot

en 15 questions

 

Marianne Mathieu

directeur scientifique du musée Marmottan Monet

 

éditions Hazan

96 pages – 15,95 €

 

Recension Gilles Castelnau

 

Voir sur ce site :
Gilles Castelnau Musée d'Orsay, Berthe Morisot

 

21 juin 2019

Avec sa couverture étrangement ajourée et son abondance de magnifiques illustrations qui envahissent les 10 premières pages et les 10 dernières, ainsi que chacun des 15 excellents chapitres, ce livre est à la fois surprenant, agréable et... très intéressant.

Voici les 15 questions traitées – qui sont rarement traitées ailleurs dans les présentations de l’œuvre de Berthe Morisot :

Une femme peut-elle devenir peintre ?
Muse ou élève de Manet ?
Intérieur, extérieur ? le plein air en question
Officielle ou refusée ? la voie de l'impressionnisme
Berthe et Eugène : mariage de raison ou union moderne ?
Vie bourgeoise, vie d'artiste ?
Julie Manet, enfant modèle ?
Berthe Morisot peint-elle sa vie ?
Héritière du XVIIIe siècle?
Vendre ou offrir ses œuvres?
Et l'art de collectionner ?
Peintre de l'inachevé?
Un style à soi ?
Pourquoi Berthe Morisot est-elle si rare dans les musées ?
Berthe Morisot et le féminisme ?


Voici la 6e question à titre d’exemple

 

Vie bourgeoise, vie d'artiste ?

 

Jeune femme près d'une fenêtre ou L'Été
1878

 

Berthe Morisot appartient à une famille issue de la grande bourgeoisie aux idées politiques conservatrices. La réussite de son père en tant que grand commis de l'État, sa promotion au rang d'officier de la Légion d'honneur (1846) ou encore son inscription au Dictionnaire universel, des contemporains de Gustave Vapereau (1865) - le Who's Who de l'époque - en témoignent.

Conformément à son rang, 1a jeune fille reçoit une éducation soignée ; on l’a vu, elle apprend le dessin et la peinture, mais aussi la sculpture et la musique. Elle est reçue dans la meilleure société et, en 1869, l’empereur Napoléon III lui-même la gratifie d'une invitation à assister à une soirée donnée au palais des Tuileries.

 

intérieur bourgeois

Mariée, Berthe Morisot continue de mener un train de vie digne de son milieu. En 1883, elle fait construire avec son époux, Eugène Manet, un immeuble familial 40, rue de Villejust (actuelle rue Paul-Valéry) dans le 16e arrondissement de Paris, un quartier où elle résidera toute sa vie durant. Elle l'aménage avec raffinement : lit et chaises Louis XVI en bois peint et doré, méridienne à col de cygne, psyché, guéridon en acajou (ci-contre), vases chinois constituent le cadre de vie qui lui sied - et que l’on retrouve dans nombre de ses peintures.

 

Artiste respectable

Sa vie d'artiste porte également l'empreinte de son milieu. Berthe ne court pas le Louvre sans être chaperonnée par sa mère, il va sans dire qu’Elie ne fréquenta jamais le café Guerbois, la Nouvelle Athènes, pas plus que les guinguettes des bords de Seine où ses futurs collègues se retrouvaient à leurs débuts.

Par souci de convenance, sa famille ne lui reconnaîtra jamais le statut de peintre de métier. Au regard de l'état civil, Berthe Morisot est « sans profession ». Ainsi qu'il est d'usage dans les meilleures familles, elle ne fait pas non plus commerce de son art. Elle ne cèdera qu'un petit quart de sa production à un cercle éclairé et choisi, c'est-à-dire confidentiel. Dans la même ligne et malgré une œuvre abondante (plus de quatre cents toiles), l'artiste ne jouira jamais - ou si peu - d'un atelier bien à elle (quand Monet, le champion du plein air, en aura jusqu'à trois !). Elle peint dans son salon et remise son matériel dans un placard lorsqu'elle reçoit ses amis, ne négligeant jamais son rôle d'hôtesse et de maîtresse de maison.

 

Plateau du guéridon de Berthe Morisot
vers 1805-1815

Les Morisot se distinguent toutefois par une réelle ouverture d'esprit et une bienveillance à l'égard des milieux artistiques d'avant-garde. Leur indifférence aux critiques suscitées par Le Balcon et Le Repos en est l’exemple le plus frappant.

Le choix de Berthe de renoncer définitivement à exposer au Salon et à bénéficier d'une reconnaissance institutionnelle en est un autre. D'ailleurs, l‘artiste délaisse rapidement les mondanités excessives et ne fréquente qu'une société choisie. Ainsi, dans les années 1880, elle ouvre sa demeure à un cercle restreint. Elle reçoit le jeudi, les intimes : Renoir et Monet, deux peintres d'extraction plus modeste mais dont le succès les hisse, sur le tard, à un niveau économique comparable (voire supérieur) au sien. Mallarmé, brillant poète et modeste professeur d'anglais, est lui aussi un fidèle parmi les fidèles ; à la mort de l’artiste, il deviendra le tuteur de sa fille unique, Julie. Ensemble, ils constituent, le cercle de Berthe Morisot, une véritable famille de cœur, en définitive aussi bourgeoise qu'artiste.

 

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