Protestants dans la Ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Hébreu biblique

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs

 

Roger Parmentier

Articles

La Bible « actualisée »

 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 

JULIAN MELLADO

Textos en español

Textes en français

 

Giacomo Tessaro

Testi italiani

Textes en français


SpiritualitÉ des images

 

 

Caresses, 1896


Fernand Khnopff

1858-1921

Le maître de l’énigme

 


Musée du Petit Palais

jusqu'au 17 mars 2019

 

Gilles Castelnau

 

5 janvier 2019

Cette étonnante exposition des œuvres de Fernand Khnopff porte le titre de « maître de l’énigme » et il est vrai que le visiteur non prévenu a de quoi être déconcerté. Ces tableaux qui représentent des scènes en apparence réalistes ont en fait un aspect bizarre et inattendu, déstabilisant. Le visiteur s’immobilise surpris cherchant en vain à comprendre le malaise qu’ils suscitent.

 

A Fosset. Un soir, 1886

 

Ainsi que fait cette femme vêtue de noir, debout, immobile dans un champ ? s’approche-t-elle de son interlocutrice ou prend-elle congé ? et pourquoi est-elle dans l’herbe et non sur un chemin ? Le temps semble gris et la lumière est d’aquarium. On est comme dans un rêve improbable.

 

La rencontre d’Œdipe avec le sphinx (ci-dessus en exergue) frappe d’abord par une improbable immobilité amoureuse. Les deux visages d’Œdipe et du Sphinx accolés joue à joue n’expriment pourtant ni tendresse ni désir. Œdipe regarde au loin, indifférent et peut-être soucieux d’autre chose. La sphinge – elle est bien féminine – est sans doute contente et comblée mais son une expression indique peut-être qu’elle aspire, elle aussi, à autre chose. On pense que le visage de la sphinge est celui de Marguerite, la sœur bien-aimée de Fernand Khnopff.

Le critique belge Louis Dumont-Wilden cité par les conservateurs de l’exposition (Michel Draguet, directeur des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique ; Christophe Leribault, directeur du Petit Palais ; Dominique Morel, conservateur général au Petit Palais) écrivait : « L’art de Khnopff n’est pas un art de plain-pied. Il faut se donner la peine de monter les marches du temple et de frapper à la porte. »

 

Marguerite Khnopff, 1887

 

Voici encore Marguerite. Pourquoi Khnopff en fait-il un portrait tellement distant et glacé. Pourquoi a-t-il peint en arrière fond une simple porte et un mur gris ? Non seulement ils ne sont pas un cadre de vie quotidienne mais au contraire évoquent un monde abstrait, imaginaire, dont un étrange cercle doré a mur est le seul symbole.
Il faut dire que la bonne société de l’époque – dont Fernand Khnopff était un élégant représentant – se plaisait à développer une spiritualité mystique qui s’ouvrait à la présence diffuse de l’au-delà. On faisait tourner les tables, on invoquait les esprits, avait des visions, on parlait au Christ, on découvrait la Rose-Croix.
Le grand penseur Emanuel Swedenborg popularisait un libéralisme protestant extrême auquel Fernand Khnopff adhérait si pleinement qu’on s’est à un moment inquiété pour son équilibre mental.
Les conservateurs citent encore Edmond-Louis De Taeye qui écrivait que Khnopff n’était « ni religieux, ni chrétien, ni mythologique, mais plutôt emblématique ». sans préciser d’ailleurs le sens qu’il donnait à ce mot.

 

I Lock My Door upon Myself, 1891

 

Contrairement à l’arrière-plan neutre et gris de Marguerite, celui que Khnopff attribue à cette jeune fille, suggère un monde inaccessible et problématique : trois lys bizarrement plantés debout et séparément, une cloison d’élément disparates et un buste du Dieu Hypnos. Elle a effectivement « refermé la porte sur elle-même » Que signifient les 3 lys ? et la tête d’Hypnos, le Dieu du sommeil ?
Le titre signifie « j’ai verrouillé la porte sur moi » : cette fille nous regarde, elle n’est peut-être pas vraiment enfermée dans son au-delà personnel mais elle nous interroge certainement quant à notre ouverture spirituelle.

 

Mademoiselle Van der Hecht, 1883

 

Cette petite fille cramponnée à sa chaise semble agitée intérieurement dans son immobilité, par un tourbillon de pensées suggéré par le mouvement des feuilles de la tapisserie derrière elle. Son regard se perd dans une mystérieuse rêverie.

 

 

Le masque au rideau noir, 1892

 

Ce « masque » saisissant est celui de Marguerite.

 

Ygraine à la porte, 1898

 

Illustration pour la pièce de Maurice Maeterlinck « La Mort de Tintagiles » (1894)
Dans ce drame Ygraine est séparée définitivement de son amant Tintagiles  par une porte infranchissable qu’elle tente d’ouvrir. Son regard porté derrière elle est énigmatique.
Cette année 1898, Fernand Khnopff fait sensation à l'exposition de la Sécession de Vienne en Autriche et connaît la notoriété internationale.

 

Souvenir de Bruges. L’entrée du béguinage, 1904

 

Fernand Khnopff a passé sa petite enfance à Bruges. Il a aimé cette ville et ne l’a jamais oubliée. L’étonnant cadrage du tableau laisse presque toute la place à cette étendue d’eau où se reflètent le pont et les maisons, où flottent des nénuphars et… favorisant la méditation intérieure, les pensées et les souvenirs



Retour vers spiritualité des images
Vos commentaires et réaction

 

 

haut de la page

   

 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : Gilles Castelnau
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque.