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SpiritualitÉ des images

 

Accident évité aux abords du Pont-Neuf

 


Georges Focus

1644-1708

la folie d'un peintre de Louis XIV

 

Paris, École nationale supérieure des Beaux-Arts
jusqu'au 6 janvier 2019

 

Gilles Castelnau

 

14 décembre 2018

Georges Focus était un remarquable artiste du 17e siècle, membre de l'Académie royale de peinture et de sculpture sous Louis XIV. Mais il perdait la tête et les 80 gravures de cette exposition nous donnent un visage bizarre du regard qu’il jetait sur sa propre vie.

Pierre Mariette (1694-1774) qui acquit plus tard ses œuvres dans son immense collection de dessins écrit qu’il les exécuta « dans les accès de sa folie ou parmi mille extravagances » et qu’il « mourut aux Petites Maisons ».
Ces Petites Maisons, situées à Paris à l’emplacement actuel du square Boucicaut accueillaient les personnes âgées et les malades mentaux. On n’y était pas confiné et la vie y était agréable. Il semble que ce soit là que Focus réalisa les dessins qui nous sont présentés aux Beaux-Arts.

Georges Focus était-il réellement aliéné ? Mariette a écrit : « dans les accès de sa folie ou parmi mille extravagances. »
Le fait de toujours représenter des chutes dangereuses qui auraient pu très mal tourner révèle une conception pessimiste de l’existence. Ou peut-être l’humour avec lequel l’artiste reconnu qu’était Focus considère son propre prestige. Est-ce de la folie ? Est-ce extravagant ?
La présence du vieillard énigmatique toujours présent interroge aussi. La faux est évidemment symbole de mort, mais la dimension extravagante de son manche en empêcherait toute utilisation. Et l’oiseau sur sa tête est symbole de vie souriante. Le chien, il ne semble pas vraiment dangereux. Quant à la Victoire au seins nus jouant de la trompette, elle n’est ni divine ni vraiment symbole de gloire. On n’est certainement pas dans le sérieux du monde enseigné à cette époque par une Église catholique omnipotente.
Tout ceci révèle-t-il la folie, l'extravagance ou tout simplement l'ironie ?

 

Le Pont-Neuf
Dans ce dessin placé en exergue ci-dessus, on reconnaît le Pont-Neuf et le bâtiment de la pompe de la Samaritaine.
Focus se représente sans doute lui-même en danger d’être renversé par un carrosse. Au premier plan la Mort, qui apparaît dans un grand nombre des dessins de l’exposition, est ici un vieil homme ailé, a bizarrement un oiseau sur la tête. Il tient une immense faux et un bâton, il est accompagné d’un chien. Un glaive est à ses pieds : Le jeune Georges a une auréole qui l’a sans doute protégé en cette occasion. Un grand texte illisible en tire sans doute des conclusions morales, religieuses ou… politiques.

 

Focus ivre, sous les pieds des chevaux

 

A Paris, rue Sainte-Anne – identifiée grâce à la statue à gauche – Focus étendu sous les sabots d’un cheval. Il est, ici encore en grand danger de mort. Il l’a peut-être évitée de justesse grâce sans doute à son auréole rayonnante. Le vieillard de la Mort l’attendait pourtant, patiemment assis avec son oiseau, sa gigantesque faux, son glaive et son chien.

 

Chute dans un escalier

 

Le texte dit que la chute a été provoquée par une femme mal intentionnée. Le peintre aurait imaginé à tort qu’elle le désirait, avant d’être brutalement détrompé.
La jeune fille en haut de l’escalier est bien jolie si on peut la regarder de près. Elle semble surprise et même désolée par la chute du jeune homme. Quelle signification peut avoir la flamme de sa bougie qui brille si magnifiquement ?
Quant au garçon sa chute est terrible. Il est d’ailleurs attendu au bas de l’escalier par le vieillard de la mort. Celui-ci a l’oiseau sur sa tête son chien et son glaive. Sa grande faux est remplacée par une hache d’exécution capitale. Quelle chute !

 

Focus demande à boire

Vêtu d’une chemise de nuit, Focus s’approche d’un coffre pour prendre une bouteille de vin, tandis qu’une jeune femme est assise près d’une cheminée. Le texte évoque les désirs pressants de l’artiste pour la boisson et l’amour.
La pièce est étrangement vide. Une lumière brille vivement sur le côté de la cheminée. Focus a son auréole éclatante. Le vieillard a toujours son oiseau, son glaive et son chien. Mais celui-ci a perdu sa vigilance et dort. La faux a disparu et le vieillard qui boit comme un ivrogne ne symbolise plus guère la mort.

 

Revue militaire

 

Le jeune Focus assiste à une revue militaire dans une ville que le texte désigne comme Châteaudun, son lieu de naissance. Entouré d’une haie de soldats, un porte-étendard trébuche et laisse tomber son drapeau à l’effigie de saint Michel, protecteur de la monarchie française, triomphant du démon.
Le vieillard a toujours son oiseau, son immense faux, son glaive et son chien. Il est occupé à une besogne obscure. Il est toujours présent lorsque quelqu’un s’écroule. Dans ce dessin, le militaire de Châteaudun a remplacé Focus dans sa chute désastreuse.

 

La chute de Focus

 

Dans une coupe transversale étonnante, Focus décrit un sous-sol à deux étages où il apparaît encore enfant chutant tête la première.
Le vieillard a de nouveau sa grande faux et son chien a retrouvé son air méchant. Il ranime la flamme d’un braséro.
En haut une victoire aux seins nus bien peu religieuse sonne de la trompette.



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