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SpiritualitÉ des images


 

Manufacture de Vincennes, Bronzier anonyme : cage à oiseaux, vers 1750


La Fabrique du luxe

 

Les marchands merciers parisiens au XVIIIe siècle

 

Musée Cognacq-Jay

jusqu’au 27 janvier 2019

 

Gilles Castelnau



3 octobre 2018

Le titre de marchand mercier désigne la puissante corporation des commerçants faisant appel à tous les artisans d’art (orfèvres, bronziers, ébénistes). Ils réussissaient si bien en ce XVIIIe siècle que l’on a pu prétendre qu’ils avaient pénétré tous les pays du monde, jusqu’aux plus lontains et y avaient porté le commerce de la France.

Le musée Cognacq-Jay présente de nombreux objets magnifiques qui égayaient les princes, les courtisans et tous ceux... qui en avaient les moyens.

On se souviendra que sous les rois Louis XV et Louis XVI, la majorité des Français vivait dans une misère noire et se ruinaient en impôts qui permettaient aux puissants d’acquérir ces objets de luxe dans une ambiance intellectuellement et spirituellement frivole et superficielle.

On ne peut s’empêcher de penser également aux drames que vivaient aussi dans cette triste époque les protestants, les jansénistes et les juifs victimes de mépris et de persécutions inhumaines.

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Il n'y a pas de signification spirituelle à trouver dans ces objets purement décoratifs. Nous laisserons la Commissaire de l'exposition, Mme Rose-Marie Herda-Mousseaux, directrice du musée Cognacq-Jay, les commenter dans ses intéressants cartels. Et nous commencerons par la citation qu'elle rapporte d'une lettre de Voltaire :

Lettre XXX de Voltaire, lundi 10 juin 1737
En réponse à votre lettre du 7 juin, mon cher ami, je commence par vous dire que si vous avez, suivant ma dernière, fait vendre une action, vous avez très-bien fait. Si vous ne l’avez pas encore vendue, vous avez très-bien fait encore.
Si vous voulez, au lieu de vendre une action, recevoir trente-deux louis de Mme la Marquise par les mains de M. Bronod ou de son premier clerc, vous pourrez les avoir, sitôt la présente reçue. Je suis fâché de toutes les peines que je vous donne, mais n’épargnez ni les carrosses, ni les commissionnaires, et faites toujours bien à votre aise les affaires de votre ami.
Je sais bien qu’il en couterait moins de commander en détail ce joli nécessaire à plusieurs ouvriers ; mais il en serait moins beau, vous auriez une peine extrême, et la chose ne serait pas sitôt faite. Hébert est cher, mais il a du goût, et il faut payer son goût. Donnez lui donc les douze cents livres au nom de Mme la Marquise du Châtelet, et assurez-le bien positivement que le tout sera exactement payé à l’instant de la délivrance, et que, s’il veut encore cinquante autres louis d’avance, il les aura.

 

Cage à oiseaux, vers 1750 placée ci-dessus en exergue

L’esthétique des fleurs « façon de Saxe » se complexifie lorsque les recherches techniques de Vincennes aboutissent en 1748 à des productions de qualité, imitant à la perfection la nature avec une gamme chromatique très large, obtenue grâce à la maîtrise des cuissons de couleurs à basse température. La manufacture française peut ainsi défier sa rivale à Meissen en Saxe.

Les grands maîtres entrepreneurs comme l’ébéniste Adam Weisweiler ou les ciseleurs-doreurs François Rémond et Pierre Gouthière emploient jusqu’à plusieurs dizaines d’ouvriers, souvent à la journée, pour répodre aux commandes.
Les stocks de certains merciers comprennent aussi des réalisations préfabriquées, prêtes à être posées, destinées à couvrir les besoins urgents d’une clientèle exigeante, désireuse de posséder un accessoire luxueusement monté, vu chez un membre de la famille royale ou auprès d’un amateur.

 

Nicolas Raguenet, La Joute des Mariniers, entre le pont Notre-Dame et le pont au Change, 1756.

Le peintre retranscrit un état aujourd’hui oublié du pont Notre-Dame. Reconstruit en pierre sous la direction de Jean Joconde au début du XVIIe siècle, il est couvert de maisons sur plusieurs niveaux. Les boutiques du rez-de-chaussée sont petites mais très recherchées en raison de leur localisation particulièrement fréquentée : Paris comprenait de rares passages entre rives. Suivant une tradition déjà ancrée dans le commerce de luxe, Edme-François Gersaint y installe son enseigne Au Grand Monarque peinte par Antoine Watteau en 1720.

 

 Le Flûteur. 1751-1752
Manufacture royale de porcelaine :


Louis XV rachète la manufacture de Vincennes en 1751 et confie son développement au contrôleur général des finances Jean-Baptiste Machault d’Arnouville. La mise au pont du biscuit rend alors possible le modelage de compositions plus complexes que des figures isolées et permet de tenter la reprise d’œuvres peintes contemporaines à succès. Le Flûteur reprend ainsi Les Vendanges de Tempé, un sujet théâtral écrit etr mise en scène par Charles-Simon Favart en 1745, que François Boucher traznspose en peinture et expose au Salon de 1747

 

Éléphant portant un pot-pourri
Johann Joachim Kändler et Peter Reinicke pour la manufacture de Meissen, manufacture de  Vincennes : . Vers 1750.

 

Pièce exemplaire des assemblages que pouvaient produire les marchants merciers, ce pot-pourri mêle un éléphant à palanquin et un pot décoré de scènes d’Antoine Watteau – tous deux modelés et peints à la manufacture de Meissen – une monture dans le goùt rocaille et des « fleurs au naturel » en porcelaine tendre de Vincennes. D’un prix élevé, des pièces élaborées sur le même principe sont répertoriées dans le Livre-Journal de Lazare Duvaux.

 

Le Retour de chasse de Diane, 1745

 


« Boucher est un de ces hommes qui signifient le goût d’un siècle, qui l’expriment, le personnifient et l’incarnent. Le goùt français du siècle s’est manifesté en lui dans toute la particularité de son caractère : Boucher en demeura non seulement le peintre, mais le témoin, le représentant, le type. »   Edmond et Jules de Goncourt…  L’art du dix-huitième siècle, 1873-1874

 

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Exotismes


Les grands voyages scientifiques à visées exploratoires fascinent les société européennes. L’Ailleurs, construit en opposition avec l’endoculture européenne, véhicule une image mêlant magie, curiosité et découvertes de nouvelles espèces. L’import de nouveaux produits exotiques – épices, boissons, artisanat – fait émerger des pratiques de consommation mêlant culture européenne et éléments d’importation. Les cas des « objets frontières », telles les porcelaines chinoises montées, témoignage de la complexité des réseaux d’échanges internationaux. Loin d’être lmité à des objets d’importation, l’exotisme est également assimilé dans les productions artistiques, comme celle de Jean-Baptiste Leprince, élève de Boucher. Voyageur dans l’orientale Russie de 1758 à 1764, celui-ci compose des scènes de genre – les Russeries – inspirées de ses séjours orientaux.

 


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