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Spiritualité des images 

 

Le Pèlerinage interrompu
1853

 

Waldmüller

1793-1865

.

Musée du Louvre
Aile Sully, 1er étage, salle de la Chapelle

jusqu’au lundi 18 mai 2009

Élisabeth Foucart-Walter
conservateur en chef au Département des peintures au musée du Louvre

 

puis musée du Belvédère de Vienne
du 9 juin au 11 octobre 2009

 

Gilles Castelnau

 

28 février 2009
C'est une belle exposition que nous présente le Louvre. Une quarantaine d’oeuvres sympathiques et attachantes du peintre autrichien Ferdinand Georg Waldmüller que la commissaire de cette intéressante exposition, Élisabeth Foucart-Walter, a fait venir du musée du Belvédère de Vienne et de quelques collections privées.

Une jeune femme se sent mal au sommet d’une montagne dont elle suivait la crête avec le groupe d’un petit pèlerinage.
Sans doute a-t-elle trop présumé de ses forces. Elle n’en peut plus. Un homme lui tend une bouteille. Sans doute un alcool qui pourrait lui donner le coup de fouet qui lui permettrait de se relever. Il n’a rien d’autre.
Cela ne semble pas trop grave. La course n’est pas trop dure : la femme marche pieds nus et son pied que l’on voit ne semble pas blessé. Deux femmes l’entourent, la cajolent, l’encouragent.
Ses autres compagnons arrivent en marchant paisiblement. Le chemin ne monte guère. Le couple qui arrive chante peut-être ou prie. Les trois derniers vont moins vite car une des femmes est âgée.
Tout ceci est paisible et heureux, malgré cet incident. Peut-être d’ailleurs donne-t-il l’occasion de montrer l’esprit d’entraide mutuel, de fraternité, de compassion qui anime ce sympathique petit groupe.

Cette solidarité, cet esprit d’entraide fraternelle est, bien entendu, coutumière dans une promenade en montagne. Mais elle est sensible ici dans le cadre d’un pèlerinage religieux, entre enfants de Dieu. La prière ou le cantique figurant sur le papier que tient le couple qui arrive chante sans doute la gloire du Dieu d’amour, Dieu des hommes et des femmes qui le servent. Dieu du grand ciel bleu aussi, de la montagne, des hauteurs peu accessibles auxquelles on ne parvient que dans la peine et la douleur comme la jeune femme au châle rouge qui s’évanouit de fatigue.

La piété de Waldmüller s’évade de son église, sans doute baroque dans la tradition de l’Autriche catholique, avec ses messes et ses litanies, ses dogmes religieux (qui transparaissent peut-être sur le papier du couple qui arrive) et elle s’élève dans l’immensité qui apparaît par delà la montagne, jusqu’à la présence divine que viennent sans doute chercher ici ces dix personne dont l’âme s’ouvre aussi à une piété élargie.

Image idéalisée de pureté surnaturelle ? Spiritualité cosmique du romantisme de l’époque ? Certainement. Waldmüller a su représenter de manière en apparence tout à fait naturelle, calme, objective et réaliste, la transcendance, la valeur du petit peuple de ce village d’Autriche.

 

La famille du notaire Josef August Eltz
1835

 

Cette pureté idéalisée se trouve aussi dans la représentation si paisible et tendre de la grande famille du notaire Eltz. Pour plaire à son commanditaire, Waldmüller a peint sa femme et ses enfants dans une atmosphère à la fois souriante et détendue mais néanmoins élégante et retenue. La bonne société autrichienne pour laquelle il travaillait, se montrait très conservatrice et attachée aux valeurs traditionnelles, comme d’ailleurs la bourgeoisie française de son époque.

Les trois fils aînés du notaire s’attachent affectueusement et sans démonstration excessive à leur père. Son épouse ne se permet pas de l’accueillir par un sourire, tout au plus un regard de bienvenue et ses sourcils froncés qui révèlent la profondeur de ses pensées et l’importance des valeurs auxquelles elle est attachée, manifestent peut-être même un léger mécontentement devant l’empressement de son cadet.  La fille aînée sait se tenir et maintenir à distance les enfants les plus jeunes.
Le notaire entoure d’un bon geste affectueux les épaules de son fils et il a certainement un regard de satisfaction paternelle mais son visage ne montre qu'un très léger et fugitif embryon de sourire et il se garde d’embrassades qui pourraient déranger les belles mèches de sa coiffure très élaborée.

 

Ingres, Monsieur Bertin
1832

 

Louis-Francois Bertin, directeur du « Journal des débats », était un homme d’un milieu social comparable au notaire Eltz et Ingres le représente avec le même costume noir et la même chemise blanche immaculée, le même visage assuré et paisible mais ignorant tout sourire.

Pourtant l’exposition du Louvre montre par de multiples exemples, que Waldmüller n’enferme pas, comme Ingres, ses personnages dans une pièce fermée mais ouvre au-dessus d’eux les très grands horizons de montagnes et de ciels immenses. L’atmosphère s’en trouve considérablement changée.

Les bourgeois français focalisent toute l’attention sur eux-mêmes, leur élégance, leur noble posture immobile et fière, un peu prétentieuse, et focalisent l’attention sur la valeur de leur pensée. Les Autrichiens de Waldmüller aiment à se sentir ouverts au monde de la nature, du soleil et des sentiers montagneux.
Les Français sont citadins et peut-être demain à la cour du roi, les Autrichiens se ressentent plutôt comme de libres enfants de la montagne, proches de leurs contemporains, appartenant comme eux à la grande vie de la nature.

 

 

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