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SpiritualitÉ des images



Jean-Léon Gérôme, Corinthe, avant 1903

En couleurs

la sculpture polychrome en France

1850-1910

 

Musée de Paris – Orsay


jusqu’au 23 septembre 2018

 

 

Gilles Castelnau

 

13 juin 2018 

C’est une exposition belle et surprenante que nous propose le musée d’Orsay. Nous sommes habitués à des statues de marbre blanc ou de bronze qui expriment une certaine noblesse et exigent de nous un effort – inconscient – d’abstraction. Et voici que la coloration des statues, en leur attribuant un réalisme inattendu, les fait, en quelque sorte, pénétrer dans notre espace vital où elles ne sont certainement pas à leur place.

Nous sommes globalement à la fin du XIXe siècle ; c’est la période du symbolisme où l’on aime pénétrer dans un monde imaginaire, dans lequel les personnages représentés vivent une spiritualité étrange et inconnue.

La « Corinthe » de Jean-Léon Gérôme – ci-dessus en exergue - est nue, ce qui est tout à fait traditionnel mais sa pose est celle d’une adolescente détendue et son visage toise par contre le visiteur avec une supériorité princière, accentuée par son extravagant diadème, son collier symbolique de sa haute fonction et son bizarre bracelet de cuir.

Manifestement Gérôme s’est amusé. Il était le prestigieux représentant de l’art officiel lors des expositions universelles, professeur à l’École des Beaux-Arts, grand officier de la Légion d’honneur. Et il se laisser aller ici à une œuvre dont toute la bonne société – qui acceptait déjà difficilement les impressionnistes et leurs vagabondages dans la forêt - se détournait en la considérant affectée et de mauvais goût !
Heureuse époque que celle novatrice du symbolisme et de l’art nouveau.

 

Jean-Baptiste Hugues, Ravenne, 1898

 

La passion pour les découvertes de l’antiquité romaine et les visites traditionnelles de l’Italie et notamment des fresques de Ravenne entraînent Jean-Baptiste Hugues. Il est Grand prix de Rome de sculpture en 1875, pensionnaire à la villa Médicis à Rome de 1876 à 1879. Et il se plaît à représenter cet adolescente (est-elle une fille ou un garçon ?) pour symboliser la ville de Ravenne. Son extraordinaire diadème, ses énormes boucles d’oreilles et ses épaulettes toutes militaires font penser de manière peut-être humoristiques à la ville forte successivement des empires d’Occident, Ostrogoth et byzantin. Mais sa moue mélancolique ne s’accorde pas avec ses armes et le bleu frappant de ses yeux suggère une vie intérieure intense.

 

Prosper d’Épinay, Georges d’Épinay, fils de l’artiste, vers 1884

 

Prosper d’Épinay était un sculpteur célèbre ayant travaillé pour nombre de souverains européens, dont, par exemple l’impératrice Élisabeth d’Autriche, Napoléon III et le prince impérial. Ici, c’est son propre fils dont il fait un buste en couleurs. Vêtu à la manière d’un prince d’opérette, ce jeune garçon a un demi-sourire et un regard amusé.

 

Paul Gauguin, Soyez mystérieuses, 1890

 

A la même époque, dans son exil lointain de Tahiti, Gauguin sculpte ce bas-relief et le peint en lui attribuant ce titre « mystérieux ». « Mystère » suggéré par les deux visages énigmatiques entourant la femme nue et les plantes vertes inconnues. Monde primitif brutal et coloré, bien loin de la civilisation européenne.

 

Charles Octave Lévy, sculpteur et Théodore Deck, céramiste. Bernard Palissy, 1876

 

Statue grandeur nature de Bernard Palissy. Charles Octave Lévy l’a étonnamment représenté la tête penchée, les sourcils froncés, les bras agités de gestes manifestant une réflexion méditative à la limite de la souffrance.
Et le céramiste Théodore Deck – futur directeur de la Manufacture de Sèvres – lui a donné ce vêtement étincelant et bigarré.

Souvenir honorant le grand céramiste que Bernard Palissy fut lui-même et désavouant sa fin misérable : il passa en effet – pour cause de protestantisme - les dernières années de sa vie dans un sinistre cachot de la Bastille où il mourut « de misère, nécessité et mauvais traitement après quoi son corps fut jeté aux chiens du gouverneur. » (voir sur ce site)

 

Edgar Degas, Petite danseuse de quatorze ans, 1981

 

Le réalisme de cette statue, l’expression de son visage, le fait qu’elle soit vêtue de véritables vêtements de danseuse, qu’elle porte une perruque faite de vrais cheveux a provoqué un sentiment de malaise lors de son exposition.
On sait d’ailleurs que la jeune fille modèle de Degas a été l’année suivante renvoyée du ballet de l’Opéra et s’est prostituée ainsi que sa sœur.


 

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