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SpiritualitÉ des images

 

 

Corot, le peintre et ses modèles


 

Marie-Renée Kobilinsky

 

 

8 avril 2018 

Le moine au violoncelle 
1874

A quoi pense-t-il « Le moine au violoncelle » peint par Corot, un an donc avant sa mort ? Profondément recueilli, absorbé par sa musique, il a en commun avec le peintre le fait d’être « entré un jour en religion ». Magnifique figure, austère, concentrée et méditative, véritable symphonie de bruns, il partage avec Corot, en ce crépuscule de leur vie, cette solitude intérieure qui accompagne probablement toute création artistique. Avec lui, Corot déroule la mélodie de cette peinture à qui il a choisi de tout donner et de consacrer sa vie.

« Corot, notre père à tous » disaient Picasso et Matisse. Les portraits de l’exposition qui lui est consacrée à Marmottan sont, plus que toutes ses œuvres peut-être, autant d’exemples des voies de modernité que Corot a ouvertes aux peintres qui se réclameront ensuite de lui. Il en va ainsi de la magie de ces couleurs avec lesquelles il joue de façon très libérée dans les portraits d’Italiennes qu’il réalise à la fin de sa vie.

 

L’italienne vers 1872

Les touches de couleurs, souvent complémentaires, font du tablier de cette femme une oeuvre presque abstraite qui prend un relief extraordinaire sur le fond neutre qui lui sert d’arrière-plan : il ne s’agit pas là d’un portrait cherchant à représenter une femme bien particulière mais de la volonté d’utiliser tout un vocabulaire de souvenirs tirés de l’observation de ses maîtres pour réaliser une œuvre terriblement moderne où le tablier est peut-être finalement le sujet principal du tableau.


L’italienne ou femme au manchon jaune
vers 1870

La manche de la « Femme au manchon jaune » est une « véritable symphonie colorée » où « les coups de pinceau superposent les couches de jaune et d’orange » alors que les paysages contemporains sont de plus en plus monochromes. On n’est pas loin des touches libérées de l’impressionnisme ou des couleurs fauves.

 

La femme à la lecture interrompue
Vers 1870

Formidable modernité aussi que les volumes simplifiés de certains portraits de femmes qu’il peint à mi-corps comme « La femme de la lecture interrompue » qu’il réalise alors qu’il a plus de soixante-dix ans. Et comment alors s’étonner que ses suiveurs comme Picasso, Juan Gris ou Braque aient pu être profondément marqués par ces formes quasi géométriques, ces gammes de couleur qui annoncent déjà le cubisme qu’ils vont mettre au point.
Les femmes de Corot ne sont pas là pour plaire ou pour minauder, elles ne sont pas là pour ressembler ou être réalistes. Elles ont souvent un visage énigmatique presque fermé alors que leur peintre les aime dansant et virevoltant. Mais quand elles deviennent sujets de sa peinture, elles sont seules, perdues dans leurs pensées, dans leur lecture interrompue et semblent être animées d’une véritable vie intérieure secrète. Elles affichent parfois une grande force de caractère comme la « Blonde gasconne » ou la « Muse de l’histoire » de 1865. Elles sont les figures des expérimentations de Corot et n’étaient pas destinées à être exposées. Mais Corot éprouvait pour elles une grande fierté.

 

La blonde Gasconne
1850

 


La muse de l’histoire
1865

Ainsi Corot a cherché chez « ses maîtres », Léonard de Vinci, Titien, les Hollandais, un vocabulaire pictural et des souvenirs qu’il  a utilisés dans le secret de son atelier pour réaliser ces figures de modernité dont la « Femme à la robe bleue » de 1874  est en quelque sorte le point d’orgue bien en phase avec les femmes que peignent alors Monet et de Manet.

Il y a un seul maître-Corot. Nous ne sommes rien en comparaison, rien." Claude Monet 1897
"Il est toujours le plus grand, il a tout anticipé" Edgar Degas, 1883

 

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