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SpiritualitÉ des images

 

Marc Chagall, Le Peintre à la Lune, 1916-1917

 

Chagall, Lissitzky, Malevitch

 

L’avant-garde russe à Vitebsk
1918-1922

 

 

Centre Pompidou
jusqu’au 16 juillet 2018


 

Gilles Castelnau

 

7 avril 2018 

C’est une grande exposition très belel et intéressante. Elle met en opposition les peintures et – surtout – les esquisses et dessins préparatoires de Marc Chagall avec les fameux personnages qui volent au-dessus de la ville juive de Vitebsk et les abstractions carrées et colorées de ses ennemis contemporains les « suprématistes » de Lissitzky et Malevitch.

L’exposition commence en 1914 lorsque Chagall qui a 27 ans revient dans sa ville natale de Vitebsk (alors russe). Il a passé quelques années heureuses à Paris dans le groupe sympathique de l’École de Paris avec Modigliani, Picasso, et les autres.

Vitebsk est une petite ville à forte présence juive où il avait été élevé par une mère bienveillante dont il n’oublia jamais la douceur du regard.

 

Marc Chagall, Au-dessus de Vitebsk, 1915-1920, d’après une toile de 1914

 

Il épouse sa promise, la charmante Bella et... s’y trouve coincé par la guerre qui éclate en août 1914. Mais celle-ci ne le touche guère.

 

Marc Chagall, Bella au col blanc, 1917

 

L’événement bouleversant est la Révolution communiste de 1917. Les soviets proclament une loi abrogeant toute discrimination nationale et religieuse et Chagall accède ainsi, lui, l’artiste juif marginalisé, au statut de citoyen russe à part entière. Il participe avec enthousiasme à la ferveur qui envahit Vitebsk

 

Marc Chagall, Au-dessus de la ville, 1914-1918

 

Ses tableaux manifestent sa joie de vivre. Il se peint lui-même planant dans le ciel avec Bella au-dessus des toits. C’et une période heureuse.

 

Marc Chagall, L’homme qui marche, [1918], daté 1914

 

Chagall se met en marche comme ce tableau l’indique. Il entend participer activement à l’esprit de fraternisation et d’entraide toutes classes sociales confondues promu par la Révolution socialiste. Pour partager ce qu’il sait faire, peindre, il crée à Vitebsk une école d’art révolutionnaire. Celle-ci sera gratuite et ouverte à tous ceux qui voudront, sans distinction. Il ouvre aussi un musée de peinture. Son projet est approuvé par les nouvelles autorités communistes. Et pour commencer il nomme professeurs tous ceux qui se présentent.
Pour son malheur c’est Kazimir Malevitch, avec El Lissitzky et d’autres partisans du mouvement Suprématiste qui se présentent, réussissent et prennent le pouvoir.

L’exposition présente une très grand nombre de ces œuvres suprématistes qui ont eu tant de succès dans la Russie de ces années-là.

 

El Lissitzky et Kazimir Malevitch, Esquisse de rideau pour la réunion du Comité de lutte contre le chômage, 1920 

 

C’est raide, c’est carré, c’est abstrait et les couleurs sont sans nuances.
Le Suprématisme est la marque de la supériorité de l’homme libre, émancipé par la Révolution de toutes les contraintes d’une société injuste, d’une politique inacceptable, d’une religion malsaine et d’une morale inhumaine.
Que reste-t-il une fois rejetées toutes les représentations provenant du milieu précédent abhorré ? Les figures géométriques issues de la seule réflexion de l’esprit humain. Malevitch avait déjà atteint le summum avec son fameux « Carré noir sur un fond blanc ».


Kazimir Malevitch, Composition suprématiste, vers 1919-1920

 

Sous son impulsion un collectif prend naissance en 1920,lLes Ounovis : « les affirmateurs du nouveau en art ». Leur insigne est un carré noir. Ils sont enthousiastes et dynamiques. Ils envahissent la ville de Vitebsk de leurs affiches et de leurs dessins. Ils se font connaître dans d’autres villes, jusqu’à Moscou.

 

Kazimir Malevitch et les membres de l’Ounovis en partance pour Moscou
pour participer à la « Première conférence russe des enseignants et des élèves en art »
, gare de Vitebsk, 5 juin 1920

 

Chagall est épouvanté. Où est donc la tendresse de sa vieille mère ? Les traditions juives de ses rabbins, la chaleur des isbas bien-aimées ?
Il quitte Vitebsk pour Moscou. Il retourne à Paris. Il réussira à se réfugier aux Etats-Unis pendant l’occupation nazie de la France et y reviendra en 1848 où il s’installera à Saint-Paul de Vence. Mais cela l’exposition ne le montre pas. Ce sera peut-être pour une prochaine fois.

 

Marc Chagal,l Le Vieil Homme aux lunettes, 1920

 

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