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SpiritualitÉ des images

 

 


La Conversion de saint Paul, 1538-1539

Le Tintoret

naissance d’un génie


musée du Luxembourg

jusqu’au 1er juillet 2018

Cette exposition a été présentée au Wallraf-Richartz-Museum & Fondation Corboud de Cologne
du 6 octobre 2017 au 28 janvier 2018

 

Gilles Castelnau

 

Voir aussi sur ce site : Titien, Tintoret, Véronèse, rivalités à Venise

 

13 mars 2018 

A l’occasion du 500e anniversaire de la naissance du Tintoret (1488-1576), le musée du Luxembourg nous offre une grande exposition des œuvres des quinze premières années de sa carrière.
On est à Venise. Le Tintoret commence à y peindre à l’âge de 20 ans.

La Conversion de saint Paul, placée ci-dessus en exergue est un de ses premiers tableaux. On est en pleine Renaissance, bien loin des peintures immobiles dont les personnages sont figés dans des attitudes stéréotypées qui entendent désigner le monde sacré.
Ici au contraire toute la scène est animée d’un dynamisme hallucinant. Les personnages – et les chevaux - n’ont rien de hiératique : on reconnaît saint Paul au premier plan vêtu d’une tunique verte dont les membres semblent agités de mouvements frénétiques.
A gauche un magnifique cheval blanc bondit et son cavalier a laissé tomber son tambour – crevé dans la tourmente - et porte ses mains à sa tête, sans doute assourdi par la forte voix du Christ (représenté dans un nuage en haut à gauche).
D’autres soldats s’enfuient ou tombent.
On est saisi du bouleversement que provoque ainsi sur tout le groupe entourant Paul la puissante intervention de la Présence divine. Les gestes des hommes et des chevaux sont théâtraux, c’est le « maniérisme » qui commence.

 

Sainte conversation Molin, 1540



La commissaire de l’exposition, Cécile Maisonneuve, écrit sur le cartel:

Certains personnages sont ici aisément reconnaissables : sainte Catherine à sa roue, saint François agenouillé à sa robe de bure, le jeune saint Jean-Baptiste nu à son phylactère. Cette peinture est une œuvre clef des débuts de Tintoret. [...] On pense que l’inscription en bas à gauche renvoie au commanditaire, Jacopo Molin, dont les armoiries familiales présentent une roue similaire à celle dessinée sur le tableau.

Léonard de Vinci et Michel Ange entendaient manifester la valeur, la force, la présence humaines indépendamment du monde divin que l’âge gothique promouvait. Ils avaient ainsi inauguré les gestes puissants ou sinueux et sophistiqués des hommes et des femmes libérés de toute soumission au cadre religieux traditionnel et exprimant leurs propres sentiments. C’est leur « manière » qui perdure et influence manifestement le Tintoret et tous les peintres du 16e siècle.

Le Concile de Trente convoqué pour réagir au développement du protestantisme n’entraîne pas seulement le raidissement doctrinal et éthique que l’on sait, mais aussi, et ce fut très positif, un authentique renouveau de spiritualité.
La ville de Trente où se réunit le concile est proche de Venise. Le Titien ne semble pourtant guère tenir compte de ce nouvel esprit d’un catholicisme renouvelé et il continue à peindre de belles femmes sensuelles et couvertes de bijoux.
Le Tintoret, manifestement, est fils soumis de l’Église. Il peint des sujets religieux mais est loin de se contenter de Vierges à l’Enfant et de Crucifixions stéréotypées. Il s’essaye à donner du sens à des scènes bibliques.

 

Les Vierges sages et les Vierges folles, 1555

 

Il s’agit de la parabole de Jésus des jeunes filles qui avaient ou n’avaient prévu de l’huile pour alimenter leurs lampes lors d’un mariage. Le Tintoret est en plein « maniérisme ». Ses jeunes filles ont toutes le corps en mouvement, leurs gestes sont sophistiqués, nous dirions même dans le vocabulaire d’aujourd’hui qu’elles sont maniérées.
Le palais renaissance dans lequel se déroule la scène la rend difficilement identifiable : deux jeunes filles brandissent des bandes de tissu sur lesquelles sont inscrites les paroles qu’elles prononcent !
On aimait à Venise les fêtes et le théâtre et le Tintoret n’envisage pas de s’en priver !

 

Le Christ et la femme adultère, 1547-1549

Il est tout de même étonnant de remarquer la magnificence des bâtiments à l’architecture improbable et les beaux vêtements aux vives couleurs des personnages ainsi rassemblés.

 

« labyrinthe » : Labyrinthe de l’amour, 1538 – 1552
(Allégorie de la vie humaine).
Commencé en 1538, poursuivi vers 1552.
Prêté par Sa Majesté la Reine Elizabeth II

 

Le cartel dit :

Ce paysage rappelle l’île de la Giudecca à Venise. On aperçoit d’ailleurs dans la lointain sur la droite, la place Saint-Marc, le campanile, l’horloge, l’angle du palais des Doges.
Au centre du jardin, le labyrinthe dans lequel de jeunes couples s’engagent symbolise la vie. Seuls ceux qui empruntent le plus long chemin parviennent à la table de la sagesse et participent au festin. Le paysage présente de nombreux points communs avec celui de la « Conversion de saint Paul », laissant penser que les deux tableaux ont été entrepris à la même époque.

 

Portrait de Nicolo Doria, 1545

 

Le Tintoret n’a que 27 ans mais il est célèbre, il jouit même d'une renommée considérable qui lui permet de peindre les portraits de personnalités importantes.

Le cartel dit :

Le nom du modèle, sa filiation, son âge et la date du portrait sont mentionnés dans l’inscription sur la droite. Il s’agit de Nicolò Doria représenté en 1545 à l’âge de 20 ans. Issu d’une illustre famille génoise, il était promis à un brillant avenir à la tête de la République de Gênes.

 

Le Péché originel, 1550-1552

 

Le concile de Trente vient justement de définir la doctrine du péché originel. Le Tintoret en profite pour montrer son habileté à représenter la finesse de la peau de ses modèles et leur beauté. Il n’ignore pas le sens dramatiques de cette scène et l’exprime certainement en jouant sur la lumière éclairant les deux protagonistes qui met leur geste en valeur en l’opposant au fond obscur du grand jardin où ils se trouvent.

Cette exposition nous abandonne alors que le Tintoret a 37 ans et qu’il est au seuil de sa magnifique carrière. Il est notamment sur le point de peindre, entre autres, des décors du prestigieux palais des Doges. Il mourra à l’âge de 76 ans.
Le Titien avait 30 ans de plus que lui, Véronèse, 10 ans de moins.

Magnifique 16e siècle de Venise !




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