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SpiritualitÉ des images

 

La femme en or


Gustav Klimt

 

décédé il y a 100 ans

1862 - 6 février 1918


 

 

Gilles Castelnau

3 février 2018 

Gustav Klimt est peintre à Vienne en Autriche au début du 20e siècle. Il fait partie du groupe des jeunes artistes qui rompent avec la peinture traditionnelle, l’art académique. Ils ne veulent plus se croire obligés de reproduire de manière réaliste les scènes du monde quotidien mais ils entrent dans l’enthousiasme de la Belle époque et expriment librement leurs rêves. Cet élan traverse d’ailleurs pareillement toute l’Europe. En France aussi, où l’on parle d’ « Art nouveau ». En Allemagne on dit plutôt « Jugenstil ».
A Vienne il est l’inspirateur et le fondateur de l’art « sécessionniste ». Il es directeur d’exposition au palais de la Sécession et le restera jusqu’en 1905.

Il a beaucup de succès. En 1888, à 26 ans, il reçoit la Croix d'or du Mérite artistique des mains de l'empereur François-Joseph.
En 1890, à 28 ans, il réalise la décoration du grand escalier du musée d’histoire de l’art de Vienne et il reçoit le prix de l'empereur pour l’œuvre représentant La Salle de l'ancien Burgtheater, Vienne.

Peintre de femmes
Klimt ne cherche pas à réaliser un portrait objetif réaliste, comme le serait une photographie (dans la mesure d’ailleurs où les photos sont réellement réalistes et objetives !) Mais il peint en fait l’état d’esprit que lui inspire la femme qu’il représente. Il se transporte et nous emmène dans son monde à lui, où rayonne une lumière féerique.
On peut dire que seul le visage de la femme est représenté de manière reconnaissable. Il est enchassé comme un bijou dans un grand ensemble riche et magnifique, souvent doré – parfois aussi très coloré – qui englobe dans une unité les vêtements du modèle et le fond du tableau, au point qu’on peut ne pas les distinguer vraiment.
C’est tout le tableau, extrêmement décoratif et séduisant qui se présente comme un tissu de formes, de couleurs, de lignes à dominante dorée, qui exprime un esprit de luxe, de rêve, de raffinement, de somptuosité. C’est cet ensemble qui suscite une ambiance, qui sera celle de la femme représentée et qui en sera évidemment extrêmement flattée. Représentation de la femme ou peut-être plutôt de l’état d’esprit du peintre qui plonge en plein surnaturel.

Le magnifique « Portrait d'Adele Bloch-Bauer » réalisé en 1904 a connu une étonnante histoire romanesque qui fait l’objet d’un film de cinéma sorti en France en 2015 : La Femme au tableau - Woman in Gold

Adele et sa sœur Therese, filles de banquier et de famille juive, ont grandi à Vienne dans un monde d’insouciance où la culture tient une place prépondérante. Elles ont reçu l’éducation parfaite qui sied aux jeunes filles bien nées, 
Adèle tenait ses quartiers en plein cœur de Vienne dans une maison aux murs recouverts de tableaux de maître, où tout est finesse et délicatesse. On dîne dans la plus belle des porcelaines, on boit dans le cristal le plus éclatant. Arthur Schnitzler, Richard Strauss, Gustav Mahler, les Wittgenstein et bien d’autres sont des habitués de ces brillantes soirées. On y parle peinture et musique mais aussi psychanalyse avec les derniers travaux de Freud. Politique, également. Mais la religion ne fait guère partie des préoccupations. L’entre-soi se satisfait de ce monde sans tourments apparents.
Et puis il y a la maîtresse de maison. Irrésistible Adele ! Ils sont tous fous d’elle, à commencer par son mari, Ferdinand. Mais aussi Klimt, qui fait d’elle sa muse. 

Lorsque le régime nazi s’instaure en 1938 à Vienne, la famille est spoliée de toutes ses possessions, y compris de 5 tableaux de Klimt, dont le portrait d’Adele qui est offert au maréchal Göring.
Revanche d’Adolf Hitler qui avait raté plusieurs fois l’entrée de l’Académie des Beaux-arts de Vienne !

A la Libération, le tableau a été ramené d’Allemagne et placé au musée du Belvédère à Vienne.
Le film La Femme au tableau raconte les mille et une péripéties de la nièce d’Adele, Maria Altman réfugiée aux États-Unis. Enfant, elle avait bien connu ce portrait dans l’hôtel de sa tante et elle s’efforce, bien légitimement de le récupérer à l’aide d’un avocat étonnamment persévérant.
Au terme d'une longue et difficile bataille judiciaire de près de 60 ans, car l’Autriche n’entendait pas se séparer d’un de ses tableaux les plus prestigieux, elle a finalement réussi à récupérer cinq Klimt, dont La femme en or.

Généreusement, Maria Altmann vend aussitôt l’ensemble de ces œuvres pour 327 millions de dollars, dont 135 millions de dollars pour  La femme en or  somme énorme qu’elle ne conserve pas mais redistribue.

L’acquéreur de  La femme en or  était Ronald Lauder, ancien ambassadeur américain en Autriche et membre de la World Jewish Restitution Organization. Il expose ce tableau dans sa Nouvelle Galerie de New York où tout le monde peut désormais le voir.

Klimt est mort d’apoplexie le 6 février 1918, il y a donc exactement 100 ans à quelques jours près.


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