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SpiritualitÉ des images


 

Trois vieilles femmes, 1923


Jean Fautrier

1898 – 1964

 

Matière et lumière

 

 

musée d'art moderne de la Ville de Paris

 

jusqu’au 20 mai 2018

exposition co-organisée avec le Kunstmuseum Winterthur

Gilles Castelnau




28 janvier 2018 

Cette effroyable exposition oblige le visiteur à puiser en lui la totalité de la force de résilience dont il est pourvu. Aucun réflexe d’indifférence n’est en effet suffisant pour lui permettre de traverser sans dépression les nombreuses salles du musée et ses 160 tableaux.

Jean Fautrier était affligé d’un mauvais caractère légendaire dont il convient lui-même dans un des textes affichés sur le mur par Dieter Schwarz, le Commissaire invité.

Mais il est aussi évidemment atteint d’une incroyable misanthropie qu’il s’efforce de transmettre par sa terrible peinture.

Autant Pierre et Gilles présentés ici réussissent à illuminer et à transcender des situations pour le moins discutables et douteuses, autant Jean Fautrier enlaidit et dégrade les êtres et les choses qui ne le méritent pourtant pas.

Son regard sur le monde est noir ainsi, sans doute que celui qu’il jetait sans doute – avec sincérité - sur lui-même. Alors qu’il demeurait avec sa mère en Angleterre durant la Première guerre mondiale, il tint à rentrer en France et s’engagea dans l’armée en 1917 où il fut bientôt gazé. Il pensait sans doute ne pas mériter mieux.

Les Trois vieilles femmes (ci-dessus en exergue) qu’il se permet de représenter sans un sourire, sans un regard de vie, les traits tirés sans expression et les mains tordues comme par le désespoir ne semblent connaître qu’une vie sans âme et sans humanité.

 

Portrait de Marcel Castel (L’Hercule), avant 1925

 

Quant à cet homme, le sentiment de ressentiment et de haine qu’il exprime ne semble pouvoir laisser place qu’à l’esprit de vengeance et de menace inquiétante.

 

Le Grand Sanglier noir, 1926

 

Chaïm Soutine, le peintre fou avec qui il avait exposé un temps à Paris – en même temps (était possible ?) qu’avec l’adorable Modigliani – avait peint un grand bœuf rouge pendu aux crochets de boucher. Mais la couleur du sanglier de Jean Fautrier et le noir de fond du tableau fait de celui-ci une créature infernale !

 


La Jolie Fille, 1926-1927

Jean Fautrier a eu trois femmes. On peut espérer pour elles qu’il a su les trouver véritablement jolies !

 

 

Tête d’otage n°20, 1944


En 1940 il est à Paris. engagé dans la Résistance. Il est, un temps, détenu par la Gestapo et réussit à s’en échapper. C’est alors qu’il produit la grande série des visages d’otages, en réalité visages des détenues qu’il a côtoyés.
Francis Ponge écrit : « Le fusillé remplace le crucifié. L’homme anonyme remplace le Christ des tableaux. » (Note sur les Otages)
Sur le plan pictural c’est alors qu’il s’efforce d’obtenir un effet nouveau de transparence et de lumière en superposant plusieurs couches de peinture et de plâtre ou de colle.

 

 

La Passoire, 1955


Les objets.
Il représente des objets ordinaires, comme ici une simple passoire. Dans un petit film projeté sur le mur, on le voit expliquer qu’en regardant son tableau, on ne reconnaît certes pas l’objet « représenté » mais qu’on pénètre son essence profonde.

Jean Fautrier aura tout raté, même sa mort : une grande exposition de son œuvre est organisée durant l’été 1964, qu’il n’aura pas le temps de visiter, car il décède le jour ou il devait épouser la compagne qui partageait sa vie depuis deux ans…

 

Grand nu debout, 1928 (bronze, 51 cm)

 


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