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SpiritualitÉ des images


Dalle de Chancel
Zib (environs de Tyr, Liban), 5e-6e siècle


Chrétiens d’orient

 

2000 ans d’histoire

 

 

Institut du monde arabe à Paris

jusqu’au 14 janvier 2018

 

Gilles Castelnau



16 novembre 2017

C’est un saisissement émouvant que cette grande exposition nous fait éprouver. La présence depuis l’origine et perdurant jusqu’à aujourd’hui des chrétiens dans un Moyen-Orient aujourd’hui largement musulman nous frappe et nous interpelle.

L’ancienneté de ces Églises est visible dans les documents – tellement archaïques – qui nous sont présentés.

La dalle représentée ci-dessus en exergue a été sculptée aux 5e-6e siècles par des chrétiens du Liban. On s’interroge évidemment sur leur spiritualité : cette croix centrale, ces 4 croix identiques qui l’entourent n’ont pas pour but de nous toucher par le supplice du Christ. Elles sont des symboles évidents du christianisme. Était-ce donc utile, alors que l’islam conquérant n’était pas encore présent, de s’affirmer ainsi chrétien ? Sans doute.
Les deux poissons, à droite et à gauche, sont sans doute aussi symboles du Christ. (On sait qu’en grec, la langue véhiculaire de la pensée à l’époque, poisson se dit ichtus, initiales des mots Iesous-Christos-Theou-Uios-soter, Jésus Christ de Dieu le Fils, Sauveur)
Mais quel est le sens des deux oiseaux s’envolant dans le ciel ? résurrection ? libération du poids du mal ? de l'angoisse du monde ?
Dans le cercle le bélier représente sans doute Jésus, mentionné dans le Nouveau Testament comme « agneau » de Dieu – ce qui évoque l’idée de sacrifice – mais dans l’Apocalypse ce mot devrait plutôt être rendu par « bélier », à cause de son rôle de combat victorieux (Apocalypse 17.14) .
Mais que représente la bête à côté ?

 


Décoration de la chaire de Grado


Décoration de la chaire dite de Grado (Italie), offerte par l’empereur Héraclius vers 610-641.
Sont-ce des anges ou des renommées qui soutiennent ainsi la croix symbole entourée de lauriers ? Les deux petits personnages à droite et à gauche étaient peut-être des prélats ? Début d’une auto-affirmation de l’importance de l’Église et de son clergé ?

 

l’Annonciation

 

Méditerranée orientale ou Égypte, 7e-8e siècle. Ivoire.
Marie est dans une église belle et très décorée. Elle est élégante et l’inclinaison de sa tête manifeste sa piété et son recueillement devant la parole de l’ange. Celui-ci est bien coiffé vêtu d’une large tunique. On comprend le respect et l’assurance manifestés par les chrétiens du Levant

 

Le concile de Nicée, Alep, 1637

 

Cette représentation de style étonnamment gothique pour le 17e siècle est à la gloire du concile de Nicée. L’empereur Constantin qui le présidait porte ici une barbe très moyen-orientale !

Le concile de Nicée (325), ceux de Constantinople (381), d’Éphèse (432) et de Chalcédoine (451) ont adopté le dogme qui est progressivement devenu celui de la Trinité, selon lequel Jésus-Christ et à la fois vrai Dieu et vrai homme et Marie serait donc « Mère de Dieu ».
Cette question qui nous parait aujourd’hui aussi incompréhensible que les autres questions que se posaient les Byzantins (combien d’anges peuvent tenir debout sur une pointe d’épingle) a provoqué l’incompréhension et le refus des Église orientales :
L’Église de Perse a fait sécession du catholicisme occidental après le concile d’Éphèse et les Églises copte d’Égypte et syriaque de Syrie, arménienne et éthiopienne après Chalcédoine.
Après les efforts diplomatiques du Vatican au 17e siècle certaines sont néanmoins revenues en union avec Rome.

 

« Rameaux », Mosaïque byzantine, an 1167


L’arrivée de l’islam
Après la naissance de l’islam en Arabie, les armées islamiques ont déferlé sur le Moyen-Orient chrétien. Damas est tombée en 636, Jérusalem en 638, Alexandrie et Mossoul en 641.
Les chrétiens sont devenus des dhimmis, citoyens de seconde zone payant un impôt spécial, portant des signes vestimentaires et à qui il était interdit d’avoir des montures en ville ou de faire construire des maisons plus hautes que celles des musulmans.
C’est dans cette ambiance qu’un artiste chrétien a représenté l’entrée glorieuse de Jésus le jour des Rameaux dans Jérusalem.

 

Jean Baptiste en train de baptiser

 

Illustration d’un Évangile syriaque. Irak, 15e siècle.
Jean-Baptiste porte un turban et la barbe, manifestant l’arabisation de l’iconographie chrétienne.
Le turban de couleur bleue fait partie des mesures de discriminations qui s’appliquaient plus ou moins strictement aux chrétiens.

 


Maquette du Saint-Sépulcre, 17e siècle


Au 17e siècle les maquettes des lieux saints de Terre sainte sont des souvenirs rapportés par de riches pèlerins. Composées de plusieurs pièces de bois incrusté de nacre elles sont entièrement démontables.

Jean-Baptiste, Alep, 17e siècle


Archange Michel, Égypte, 19e siècle


La pression de l’islam dans ces pays d’ancienne chrétienté fait que le nombre de chrétiens est actuellement en train de s’effondrer. On en regardera avec d’autant plus d’émotion fraternelle ces vestiges courageux.


Saint Georges, 2e moitié du 19e siècle

 


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