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Pierre-Paul Rubens

 

Saint Dominique
et saint François d'Assise
préservant le monde
de la colère du Christ

 

1618-1620

 

tableau provenant de l'église Saint-Paul-des-Dominicains d'Anvers

 

Musée des Beaux-Arts de Lyon

.

 

Gilles Castelnau

 

12 juillet 2008

Jésus est représenté en Jupiter terrible brandissant la foudre. Il est échevelé dans sa fureur, les sourcils froncés, le regard menaçant fixant les ennemis qu'il est sur le point de mettre à bas. Dans l'élan de son combat , son vêtement vole au vent, il tend un bras musclé et son poing se crispe.

La colombe du saint Esprit vole derrière lui. Dieu le regarde sans intervenir mais son regard est soucieux. Son air perplexe se manifeste par un geste de la main.

Manifestement la Vierge Marie, dans son émoi, s'efforce de le calmer d'un geste timide mais sans aucun succès.

 

Comment peut-on imaginer Jésus ainsi ? Peut-être à Anvers, dans les Flandres espagnoles, faisait-on cette confusion depuis que le duc d'Albe avait exercé une féroce répression contre les protestants, justement au nom du Christ : Les condamnations à mort, les bûchers s'étaient comptés par milliers pour rétablir une « justice » divine que les dominicains rendaient implacable.

 

Au bas du tableau saint Dominique, assis sur le globe du monde et saint François semblent impressionnés mais évidemment impuissants et dominés par ce tourbillon de la vengeance divine.

Un cardinal reconnaissable à son chapeau rouge et un évêque à sa mitre semblent eux aussi sous le choc.

Évidemment au temps du baroque, il était habituel se peindre de grandes scènes de violence qui frappaient les esprits et Rubens s'en était fait une spécialité. C'est sans doute cela qui plaisait aux dominicains d'Anvers et avait provoqué leur commande de ce tableau.

Sans doute aussi, alors qu'ils se faisaient traditionnellement une spécialité d'une grande rigueur théologique, ont-ils été eux-mêmes surpris des étranges conceptions de Rubens :

Alors que le Christ s'était montré dans les évangiles comme l'ami de tous les hommes, y compris des plus méprisés, il est paradoxal de le voir représenté comme leur ennemi et d'attendre que ce soient saint Dominique et saint François qui « préservent le monde de la colère du Christ » !

Mais dans ce tableau, ces deux saints ne font justement rien de tel, non plus que les ecclésiastiques présents qui semblent totalement dépassés par l'événement.

Seule la Vierge Marie paraît surmonter un peu son émotion et se hasarder à tendre la main comme pour freiner l'élan de son terrible fils !

Le Christ n'est pas, ici, dans le rôle de sauveur du monde mais Marie qui s'efforce - manifestement sans y réussir - à sauver le monde de la violence de son fils !

Les dominicains qui enseignaient sans aucun doute l'unité des personnes de la Trinité ont dû aussi se tapoter le menton en considérant que dans ce tableau le saint Esprit n'anime et ne conduit pas l'action du Christ mais se contente de le suivre à distance ! Et que Dieu le Père se désolidarise manifestement par son attitude en retrait de la catastrophe qui s'annonce.

Un tableau magnifique et une bien mauvaise théologie !

 

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