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Spiritualité des images

La visite de la mendiante 

1829 

Wilhelm Ferdinand Bendz

1804 - 1832

 

Musée du Louvre
pavillon Richelieu, 2e étage
salle D : petite salle Rohan après les salles hollandaises

 

.

 

Gilles Castelnau

 

22 janvier 2009
Wilhelm Ferdinand Bendz a peint ce tableau en 1829, au cœur de l’Age d’Or du Danemark.
Il représente, comme son titre l’indique, l’irruption d’une pauvre mendiante accompagnée de sa petite fille, toutes deux vêtues de misérables vêtements élimés. Elles se présentent pour demander l’aumône à l'entrée de la chambre d’un étudiant. On comprend, en effet qu’il ne s’agit pas d’un appartement puisque la porte à laquelle elle frappe ouvre directement dans une pièce habitée.
L’occupant est bourgeois car son habit négligemment  jeté sur le fauteuil semble magnifique, ainsi que ses belles bottes abandonnées devant l’armoire. Le désordre fait penser à un jeune. Celui-ci est, sans doute, debout hors du champ du tableau car on devine son ombre sur le sol.
Le commissaire de cette présentation a de bons yeux et un regard acéré car le tableau n’est pas grand et il a pu néanmoins discerner sur le mur de droite un miroir ovale qui reflète le visage de l’occupant de la chambre.

On ne sait comment ce dandy va accueillir les deux pauvres femmes. Va-t-il peut-être avoir pitié de leurs pauvres vêtements et faire cadeau à la mère de son beau manteau et à la petite de sa grande écharpe rouge qui la recouvrirait certainement entièrement ?
Le visage de la femme est suppliant. La reproduction peine à le rendre et le montre laid et durci. Elle n’ose pas entrer vraiment dans la pièce car elle n’y serait pas chez elle. Elle comprend bien que sa mise si terne fait contraste avec le beau tissu bleu qui recouvre les murs, les tableaux encadrant des gravures de prix et la magnifique couleur rouge de l’armoire.
Et le désordre de l’occupant des lieux qui suggère une liberté de façons, une désinvolture, une aisance a quelque chose d’intimidant : va-t-il peut-être chasser ces intruses qui ne sont pas de son monde ? Le fait que Bendz n’ait pas représenté le jeune bourgeois laisse l’interrogation sans réponse. C’est au spectateur de la scène de se demander lui-même la suite qui lui sera donnée.

Wilhelm Bendz est évidemment sensible à cette différence de classes sociales, à ce face-à-face du riche et des pauvres. L’interpellation qui émane de ce tableau correspond certainement à une préoccupation du bon cœur de son auteur et plus encore à ses prises de position sociales.

Je me suis demandé si, en France, à cette époque - c’est le règne de Charles X - les artistes cherchaient eux aussi à éveiller la conscience des visiteurs.

 


Ingres, Monsieur Bertin, 1829

J’ai trouvé que la même année Ingres avait représenté ce Monsieur Bertin. Vous penserez qu’il pouvait être fort sympathique et altruiste, mais en fait, Ingres n’en fait rien paraître. Il n’y pense peut-être même pas.

Et justement l’année suivante la foule en colère contre le roi élevait des barricades dans Paris et les trois Journées Glorieuses renversaient la monarchie conservatrice au prix, cher payé des nombreuses victimes enterrées sous la colonne de la Bastille.

Delacroix, la Liberté guidant le peuple, 1830

Et je pense que si Bendz avait été français, ou plutôt les Français avaient eu, comme lui, un esprit plus sensible à la misère du peuple et un roi gouvernant, comme au Danemark,  en « despote éclairé », bien du sang aurait été épargné et Delacroix aurait été dispensé de son tableau si guerrier.
Il faudra attendre, en France, l’évolution dans les esprits marquée par la Révolution de 1848 et la Seconde République qui se poursuivra sous le Second Empire pour voir apparaître une expression comparable à celle de l’Europe du Nord.

Voir notamment Gilles Castelnau Peinture de gauche et peinture de droite, Manet, Cabanel et Bastien-Lepage

 

 

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