Protestants dans la Ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Hébreu biblique

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs

 

Roger Parmentier

Articles

La Bible « actualisée »

 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 

JULIAN MELLADO

Textos en español

Textes en français

 

Giacomo Tessaro

Testi italiani

Textes en français


SpiritualitÉ des images


Giuseppe Peluzza da Volpedo, Le Miroir de la vie, 1895-1898

 


Au-delà des étoiles


le paysage mystique de Monet à Kandinsky


 

Musée de Paris-Orsay

jusqu’au 25 juin 2017

L’exposition, organisée en partenariat avec l'Art Gallery d'Ontario de Toronto, y a été présentée jusqu’au 29 janvier 2017

 

Gilles Castelnau

 

 

8 avril 2017

C’est une immense et magnifique exposition que nous offre le musée d’Orsay.

Isabelle Morin Loutrel, commissaire de l’exposition écrit :
« Si nous avons intitule l’exposition "au delà des étoiles : le paysage mystique" c’est parce que beaucoup d’artistes ne limitent pas leur intérêt à la terre, aux montagnes, au ciel et aux nuages, mais s’interrogent sur le grand inconnu, l’au-delà des étoiles. Le questionnement ultime. tandis que certains sont influences par la théosophie, d’autres se retrouvent dans les mouvements occultistes. »

Ces tableaux sont magnifiques et suscitent un esprit de contemplation, de méditation. Ils dégagent une puissance émotionnelle toute particulière.

Le Miroir de la vie de Giuseppe Peluzza da Volpedo, 1895-1898 qui est ci-dessus en exergue, surprend par son étrangeté. La lumière sur le dos des moutons, l’immensité du paysage et du ciel, les reflets dans l’eau du marécage donnent une impression d’irréalité, de paysage imaginaire, onirique.

A la fin du 19e siècle un grand élan de spiritualité traverse la France. Témoin en est le nombre infini d’églises, au style et à la décoration intérieure en vitraux et en statues – très bon marché qui apparaissent dans toutes les communes de France, les croix de pèlerinages dressées au moindres carrefours ruraux, au très grand nombre de prêtres en soutanes qui s’opposeront bientôt dans tous les villages aux instituteurs laïcs hussards noirs de la République.

 

Paul Gauguin, La Vision après le sermon ou La Lutte de Jacob et de l’Ange, 1888

 

Paul Gauguin peint ce tableau pour l’église de Pont-Aven. Au lieu de ne montrer que le combat de Jacob et de l’Ange, comme l’ont fait tous les autres peintres qui ont choisi ce sujet, il peint les femmes en coiffes bretonnes en train de « voir » la scène dont leur a parlé le curé. Elles ont les gestes des mains de la prière, elles sont alignées comme sur les bancs de l’église et la scène biblique se déroule sous leurs yeux, sur un fond rouge, dans l’espace encadré par le tronc de l’arbre. Le monde du divin est ainsi présent dans le monde ordinaire des hommes (des femmes) dans la mesure, sans doute, où celles-ci se mettent en position de le regarder et savent le voir.

 

Vincent van Gogh, Le Semeur, 1888

 

Vincent van Gogh est peut-être moins pratiquant des églises ou, en protestant convaincu, n’a pas l’idée d’utiliser l’intermédiaire de l’église et de ses cérémonies pour rapprocher l’homme de l’univers du sacré : Le semeur qu’il représente est recroquevillé sur lui-même, misérable silhouette noire dans un monde également tordu et sombre représenté par le vilain arbre qui est devant lui. Mais le soleil est sur lui, magnifique et d’une immensité impressionnante Le ciel n’est pas loin, clair et lumineux, d’une couleur verte fluorescente et superbe. La vie simple et pauvre, pénible et certainement douloureuse est baignée de la merveilleuse présence divine qui lui donne une dimension transcendante d’éternité.

 

Edvard Munch, La Danse sur le rivage, 1899-1900

 

Edvard Munch a un caractère mélancolique. Son « Cri » en est un bon exemple. Cette Danse sur le rivage est son tableau le plus coloré et qui semble certainement le plus heureux. Les deux filles dansant au bord de la mer et sous les arbres manifestent une joie de vivre entraînante. Mais la lumière est sans soleil, tout le bas du tableau montre une verdure sans finesse agglomérée en une masse figée et sombre. Deux femmes en noir sont dangereusement proches des jeunes folles et le personnage rouge à demi-caché par les branches est peut-être un symbole inquiétant. Au fond, toute la scène est baignée d’une atmosphère qui laisse une impression trouble. L’éducation protestante puritaine qu’a reçue le jeune Edvard d’un père autoritaire lui laisse une vision du monde pessimiste et le rend mélancolique.

Voir sur ce site l’exposition Edvard Munch au Centre Pompidou en 2011

 

Paul Sérusier, Le Bois sacré ou l’Incantation, 1891

 

Les forêts et les bois ont toujours provoqué le sentiment de pénétrer dans un monde étranger et nouveau, peuplé même de loups, de sorcières et susceptibles de rencontres extraordinaires. Il n’est pas nécessaire de dire que les arbres sont les piliers reliant le monde matériel à une réalité supérieure, comme l’écrivent certains commentaires. Les commissaires de l’exposition citent sur le mur ce poème de Baudelaire

Correspondances, 1857

La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
L'homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l'observent avec des regards familiers.

Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.

II est des parfums frais comme des chairs d'enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
- Et d'autres, corrompus, riches et triomphants,

Ayant l'expansion des choses infinies,
Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens,
Qui chantent les transports de l'esprit et des sens

 

William Degouve de Nuncques, Nocturne au Parc royal de Bruxelles, 1897

 

Le musée d’Orsay avait déjà exposé ce tableau il y a 4 ans dans sa belle exposition L’Ange du bizarre. William Degouve de Nuncques y donne au tranquille parc royal de la ville une atmosphère si irréelle que le visiteur ne peut qu’appréhender de pénétrer en un tel lieu ou, à l’évidence, n’importe quelle présence menaçante pourrait surgir de manière inattendue et inquiétante !

 

Marc Chagall, Au-dessus de Vitebsk, 1914

 

Chagall vient de rentrer en Russie après son séjour à Paris où il a participé à l'École de Paris. Il est dans sa petite ville de Vitebsk, il va se marier avec son amoureuse Bella. Mais la guerre éclate, le front est là tout proche, les horreurs de la guerre se précisent avec les mouvements de population. Ce vieil homme dans le ciel est peut-être un juif errant ?

 

Claude Monet, Nymphéas, 1916-1919

 

Comme la forêt et son infini, l’eau et ses reflets fascinent et séduisent. Cocteau disait que l’on accède à l’au-delà en traversant les miroirs. Il en est sans doute de même lorsqu'on contemple le miroir de l’eau.
Une inscription de la commissaire de l’exposition dit :
« Monet y voyait une approche réaliste de sa part alors que le regardeur y voit une vision du monde hors du temps »

 

Emily Carr, Église amérindienne, 1929

 

Emily Carr est fascinée par la nature sauvage de l‘Ouest canadien où demeurent encore les indiens et où le christianisme s’implante. Etrangeté de cette chapelle blanche sans fenêtre et à la porte presque invisible, qui semble dominée et bientôt engloutie dans une végétation sauvage. Les croix du petit cimetière qui l’entoure renvoient à la petite croix si élevée en haut du clocher : fidèles enterrés si bas et partageant une foi si élevée...




Retour vers spiritualité des images
Vos commentaires et réaction

 

 

haut de la page

   

 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : Gilles Castelnau
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque.