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SpiritualitÉ des images

 

Simon Vouet, La Paix, vers 1630-1640


L’Art de la paix

 

 

Secrets et trésors de la diplomatie

Petit Palais, Paris
jusqu’au 15 janvier 2017

 

 

Gilles Castelnau

 

19 novembre 2016

Le ministère des Affaires étrangères de France a collaboré avec le Petit Palais pour présenter ce qu’ils ont appelé « l’idéal de paix porté par la France à travers les siècles. »
Rien n’a été trop beau pour provoquer l’enthousiasme des visiteurs éblouis par la magnificence de cet idéal. Des manuscrits authentiques des « traités de paix » du passé, qui « n’avaient jamais été exposés », des tableaux illustrant un art officiel de commande que l’on retrouve identique à lui-même à travers tous les siècles de l’histoire de France, du mobilier, des objets d’arts précieux et des archives filmées.

En réalité, le visiteurs se rendra rapidement compte qu’il n’est jamais question de paix mais toujours de guerre et que la beauté et la grandeur de la France, telle que les fonctionnaires de notre ministère des Affaires étrangères les comprennent sont fondées sur la puissance (toujours victorieuse) de nos armées bien plus que sur le désir d’établir une relation respectueuse et amicale avec nos voisins étrangers et entre le Français eux-mêmes.

 

Simon Vouet, La Paix, vers 1630-1640 
Dans ce tableau mis ci-dessus en exergue, que la « paix » est donc jolie pour Simon Vouet, 1er peintre du roi Louis XIII.
On ne sait pas au juste de quelle « paix » il s’agit parmi toutes les guerres qu’a menées Louis XIII appuyé par le cardinal de Richelieu.
Peut-être celle de 1628 qui a conclu le terrible siège de La Rochelle, place de sûreté que l’Edit de Nantes avait réservée aux protestants et que le Cardinal ne supportait pas.
Ou celle de 1636 à Corbie dans le Nord, guerre contre les Espagnols qui a laissé totalement ravagée la région du Nord.
On ne sait pas non plus où cette penture devait être déposée. Peut-être au château de Saint-Germain en Laye afin de manifester la vertu pacifique et heureuse du règne du roi !

 

Philippe de Champaigne, Portrait du cardinal de Richelieu, 1642


Quel beau visage assuré et calme, quelle noblesse dans son vêtement liturgique.
Il est vrai que la férocité de son idée d’ « absolutisme » lui a fait plonger le pays dans la guerre contre les Habsbourg autrichiens et espagnols et massacrer et envoyer aux galères les protestants français.
Le Cardinal homme de « paix » !

 

Martin van den Bogaert, dit Desjardins, La Paix de Nimègue (10 août 1678)


A son tour Louis XIV déclenche la guerre contre les Espagnols des Provinces-Unies. Qu’allait-il donc faire à Nimègue pour y signer la « paix »avec les Hollandais vaincus ? La « victoire » volant au-dessus de cette scène en sonnant dans sa trompette célèbre beaucoup plus les armes brandies en dessous d’elle et l'humiliation des vaincus, qu’elle ne valorise une quelconque humanité évidemment absente de la silhouette de Louis XIV.
Ce bas-relief fut placé sur le piédestal de la statue de Louis XIV sur la bien nommée place des Victoires à Paris.

 

Michel Dandré-Bardon, Allégorie de la Paix de Vienne, 1736-1737


L'Autriche, vaincue, demande la paix. La France acquerra la Lorraine. Louis XV lui aussi était un roi de guerre. Mais ce tableau de style baroque présente les choses de manière fort agréable avec ces jolies femmes quimontrent leur sein nu.

 

Anatole Devosge, Allégorie de la Paix d’Amiens, 1802


La paix d'Amiens est signée entre le Royaume-Uni, d'une part, et la France, l'Espagne et la République batave, d'autre part.
Ce tableau montre bien une femme à droite saisissant les mains de trois femmes à gauche. Vêtues à l’antique, elles symbolisent les nations. Mais le spectateur comprend bien que c’est Bonaparte, représenté en habit contemporain, qui est le garant de ce nouvel équilibre européen : c’est lui que couronne la Victoire.

 

Gustave Michel, La Paix, entre 1890 et 1909


La guerre est vraiment belle ! A l’époque où elle a été sculptée, la guerre Franco-chinoise faisait rage : C'était un enjeu majeur de la colonisation française en Indochine. Cette jolie jeune femme n’est pourtant pas de type asiatique : la paix est bien française.

 

Comment, mais comment les commissaires de cette exposition – évidemment fort belle – ont-ils réussi à entraîner le ministère des Affaires étrangères dans une telle mascarade immorale ?


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