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SpiritualitÉ des images

 

 

 

Musée des Beaux-Arts de Marseille


 


Gilles Castelnau

 

 

20 août 2016

Le musée des Beaux Arts de Marseille est installé dans le palais de Longchamp, œuvre magnifique de Napoléon III.
Les tableaux des 17e et 18e siècles en constituent la principale richesse et certains d’entre eux sont même exceptionnels par leur imagination et leur originalité.

 

Pierre Puget, La Vierge apprenant à lire à l’Enfant Jésus.  Marseille, 1656

 

Pierre Puget est, au 17e siècle, un éminent représentant, en sculpture et en peinture, du dynamique et enthousiaste mouvement baroque. En 1656, alors qu’il peint ce tableau, il vient de se voir confier la sculpture de deux atlantes supportant le balcon de l’hôtel de ville de Toulon, supplantant ainsi un autre sculpteur à qui le marché avait pourtant déjà été promis. Il travaille aussi pour le château de Vaux-le-Vicomte et son puissant Milon de Crotone dévoré par un lion est au Louvre.

Ce tableau est étonnant : la scène est paisible. La Vierge est immobile, son visage est calme et attentif. Ses traits sont fins comme ceux des femmes méridionales. Pourtant son habillement est improbable. Sa robe rose aux larges plis semble avoir un col noir. Elle porte aussi un étrange châle beige qui semble liquide ! Et son extravagant bonnet fait penser à un turban turc.
L’enfant Jésus est serein lui aussi mais c’est debout qu’il lit et son regard se perd au-delà du livre.
Une grande tenture bleue sert de décor et un énorme tissu vert foncé donnent une impression de vague  puissante.
Les deux visages de la Vierge et de l’Enfant Jésus sont tranquilles et font contraste avec l’ensemble du tableau qui paraît en mouvement.

Le réalisme – bizarre il est vrai – de cette scène, est très éloigné des « Vierge à l’Enfant » traditionnelles représentées dans un esprit sacré et intemporel.

 

Philippe de Champaigne, Le ravissement de sainte Madeleine, 1656

 

La Légende dorée mélange plusieurs récits différents des évangiles et présente une Marie-Madeleine fictive comme la pécheresse repentante qui avait oint les pieds de Jésus d’une fiole de parfum très coûteux. Après un voyage improbable dans une barque sans voile ni rames avec sa sœur Marthe et son frère Lazare jusqu’aux Saintes Maries de la Mer, elle faisait pénitence dans la grotte de la Sainte-Baume, près de Saint-Maximin en Provence.
Les peintres la représentent avec plaisir les seins nus couverts seulement par les longs cheveux blonds, avec lesquels elle avait essuyé les pieds de Jésus, tenant toujours son pot de parfum et contemplant un crâne humain, symbole de la fin de toutes choses.
Tous les soirs, les anges l'emmenaient au ciel écouter un concert puis la redescendaient dans sa grotte. Cette scène est représentée notamment sur le maître-autel de l'église parisienne de « la Madeleine ».

La reine Anne d’Autriche, veuve du roi Louis XIII, a passé commande de ce tableau à Philippe de Champaigne pour le logement du Val-de-Grâce où elle vivait une pieuse retraite. Des récits fantaisistes sans fondements historiques lui attribuent une vie amoureuse tumultueuse. Alexandre Dumas lui imagine une relation avec le duc de Buckingham (l’affaire des ferrets !). On ne saurait pourtant en tirer la conclusion qu’en faisant la commande de ce tableau elle s’identifiait à Marie-Madeleine, ni même qu’elle se sentait isolée et recluse en dehors de la Cour alors qu’elle continuait à jouir de l’estime de son fils Lois XIV et qu’elle assistait  même aux réunions du Conseil.

Il n’en demeure pas moins que l’héroïne de ce tableau est magnifiquement portée au ciel par le tourbillon d’une si grande quantité d’anges qu’on ne peut pas les distinguer tous, environnés de nuées et de lumière. Elle ne perd pas son pot de parfum et ses longs cheveux la couvrent, très pudiquement d’ailleurs. La reine avait-elle précisé ces détails à Rubens pour l’aider dans ses méditations ? En tous cas ce grand tableau donne l’impression exaltante d’une glorification céleste qui entraîne le spectateur au-dessus et par-delà toutes les gloires et les plaisirs de ce monde.

 

 

Pierre-Paul Rubens. La Résurrection du Christ, vers 1616-1618

 

Il est intéressant de remarquer que Rubens représente une scène de la Résurrection du Christ qui ne se trouve nulle part dans le Nouveau Testament. On y voit le Christ nimbé d’une lumière surnaturelle, accompagné de petits anges, un bras levé et l’autre brandissant un oriflamme, combattant, poursuivant et menaçant les soldats.
On comprend que dans les Flandres espagnoles de l’époque, il ne faisait pas bon s’opposer à la seule vraie autorité qui était tout à la fois celle des autorités catholiques, du roi, des gouverneurs et... du Christ !

Rappelons que l’évangéliste Matthieu est le seul à mentionner la présence de soldats le jour de la Résurrection. Mais c’est pour les présenter « tremblant de peur et comme morts » lors de l’apparition d’un ange venu du ciel – qui ne les poursuit d’ailleurs pas – alors que le Christ lui-même n’apparaît pas : « il est en Galilée, c'est là que vous le verrez ». La Galilée évoque dans l’Évangile de Matthieu la terre paisible où Jésus disait le Sermon sur la montagne et guérissait les malades, spiritualité bien éloignée de la violence religieuse dans laquelle vivait Rubens.

 

 

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