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Spiritualité des images


Pal Szinyei Merse, L’Alouette, 1882

 

Chefs-d’œuvre de Budapest

 

Paris, musée du Luxembourg

jusqu’au 10 juillet 2016

 

Gilles Castelnau

 


29 avril 2016

C’est une exposition splendide et tout à fait exceptionnelle que nous offre le musée du Luxembourg. L’occasion en est la fermeture jusqu’en 2018 pour rénovation du musée des Beaux Arts de Budapest qui se sépare donc provisoirement d’une très grande quantité de ses chefs d’œuvre.
Ils attirent, d’une part, l’attention en raison de leur beauté et d’autre part à cause du fait que l’art de Hongrie et d’Europe centrale est naturellement moins connu en France que ne le sont les tableaux italiens ou hollandais. Pourtant, comme l’expliquent les deux Commissaires Laurent Salomé et Cécile Maisonneuve :
« La Hongrie traverse jusqu’au début du XXe siècle une période d’essor économique et artistique. Sa capitale, Budapest est en pleine expansion. C’est l’époque où les artistes hongrois, dans une soif de renouvellement, s’ouvrent sur l’Europe, vont se former à Vienne ou à Munich et poussent parfois jusqu’à Paris, attirés par l’effervescence suscitée par la "nouvelle peinture". »
Et de nombreux collectionneurs et donateurs se sont distingués parmi la noblesse et l’aristocratie hongroise, notamment la famille Esterazy.


« L’Alouette » ci-dessus en exergue, est un tableau bien différent de ce que peignaient à cette époque les impressionnistes français. Certes, comme eux, Pal Szinyei Merse peint dans la campagne, mais il ne semble guère s’intéresser au paysage. Certes il saisit la lumière qui baigne toute la scène, mais il n’en analyse pas les reflets. Les beaux nuages ne sont pas réalistes (les nuages moutons ne sont jamais en biais dans le ciel mais toujours horizontaux). Et quoique le titre soit officiellement « l’Alouette », l’attention est plutôt attirée par la femme nue, étrangement couchée dans l’herbe.
Mais quelle enthousiasme, quelle joie de vivre, quelle impression de bonheur se dégage de cette jolie toile !


Liberale da Verona, Vierge à l’Enfant avec un ange, vers 1468-1470

 


Liberale da Verona peint à Sienne, en Toscane. En cette seconde moitié du 15e siècle (les Italiens disent : le quattrocento, les années 1400...) la Renaissance surgit du gothique, en Italie, bien avant la Renaissance du 16e siècle dans le reste de l’Europe. Dans la pensée gothique, les personnages avaient une attitude et un visage raides, hiératiques, dépourvus de sentiments personnels dans la mesure où leur existence n’avait de sens que dans le cadre de leur rôle religieux. On remarque ici que la Vierge et l’Enfant Jésus davantage encore, manifestent de la tendresse, de la familiarité. Liberale da Verona semble même s’être inspiré d’une femme et d’un enfant réellement existant dont il aurait fait les portraits. Un humanisme nouveau, respectueux de la personne, est en train de naître.

 

Lucas Cranach l’Ancien, Salomé avec la tête de saint Jean-Baptiste. Entre 1525 et 1530

 

Un demi-siècle plus tard la Renaissance a gagné l’Allemagne. On est désormais dans le monde protestant : Cranach est un ami intime de Martin Luther. La belle et perverse Salomé, raconte l’évangile, séduit par sa danse le roi Hérode et lui demande la tête de Jean-Baptiste, le précurseur du Christ. Cranach montre cette tête presque encore vivante, au regard semble-t-il fixé sur le spectateur, interrogateur et interpellant, contrastant avec l’élégance absurde de la fille et son expression sans humanité évoquant un univers de fantasmes sophistiqués.

 

Jacopo Bassano, Montée du Christ au Calvaire, vers 1552

 


A la même époque que l’Allemand Cranach, on est avec Jacopo Bassano dans le maniérisme italien préludant au baroque. La personne du Christ et celle de Véronique censée lui essuyer le visage de son mouchoir disparaissent dans le tourbillon de la foule. C’est un magnifique exercice de style, un camaïeu de verts, de blancs et de bruns, un élan magnifique et... un oubli total du sens de l’évangile !

 

Greco, Marie Madeleine pénitente. Vers 1576

 

Le Greco, par contre est un homme de foi. Le sein nu, les longs cheveux, le crâne et la bible, le vase de parfum (en bas à gauche) sont caractéristiques du personnage de Marie-Madeleine, mais toute son attitude incite le visiteur à entrer dans sa méditation : son visage paisible et interrogatif, ses yeux tournés vers un ciel manifestement habité et en mouvement, la méditation qu’induisent la bible et le crâne posés sur ses genoux manifestent une spiritualité authentique et sincère.

 

Rome, Jeune fille endormie, vers 1610-1620

 


Nous voici en plein baroque romain. Le Caravage avait montré que l’on pouvait représenter les personnages de la Bible avec réalisme à l’image des vagabonds des mauvais quartiers de Rome ou de Naples. Le peintre anonyme de cette jeune fille endormie a-t-il voulu l’imiter ? Son modèle était bien élégante. On se demande si elle représentait elle aussi Marie-Madeleine. Mais son tableau n’a peut-être pas de sens particulier.


Bartholomeus van Bassen, Le Tombeau de Guillaume le Taciturne dans une église imaginaire. 1620

 


Nous sommes ici dans les Pays-Bas protestants qui viennent de gagner contre le roi d’Espagne leur liberté politique et religieuse grâce à Guillaume le Taciturne. Bartholomeus van Bassen qui est architecte se plaît à représenter une église imaginaire (la présence des deux chiens montre bien qu’elle est protestante !) avec le tombeau du Père de la nation.

 


Claude Monet, l’Estacade de Trouville, marée basse. 1870

 


Monet et ses amis peignent « l’impression » que leur donne la lumière du ciel se reflétant dans l’eau de la mer ou des rivières : paysage tranquille dans un monde apaisé, dont les hommes font partie intégrante, en un panthéisme holistique. Tout le monde aime les impressionnistes car ils représentent un univers heureux et sans problèmes et amènent à une douce quiétude intérieure.

 

Arnold Böcklin, Centaure à la forge du village, 1888

 


Arnold Böcklin est suisse. Il s’amuse à imaginer un centaure allant faire ferrer ses sabots chez le maréchal-ferrant du village.

 

Paul Gauguin, Les Cochons noirs, 1891

 


Paul Gauguin recherche lui aussi un mode de vie paisible. Après avoir quitté femme et enfants et abandonné sa profession de courtier en bourse, il trouve à l’âge de 43 ans son paradis terrestre en l’ile de Tahiti.


Janos Vaszary, l’Age d’or, 1898

 


Janos Vaszary est hongrois. Son rêve est celui de cet amoureux tenant dans ses bras sa belle demi-nue, dans une étrange lumière d’aquarium, et déposant tous deux une offrande devant la statue de Vénus.
Le grand cadre étonnant est de l’auteur lui-même.


 

 

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