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Henri Matisse, Portrait de Pierre, 1909

 

L’art et l’enfant


Chefs-d’œuvre de la peinture française



Cézanne, Chardin, Corot, Manet, Matisse, Monet, Renoir, Picasso

 

Paris, Musée Marmottan-Monet

jusqu’au 3 juillet 2016

 

Gilles Castelnau

 


23 avril 2016

C’est une magnifique exposition que nous propose le muse Marmottan.
75 tableaux parmi les plus beaux des plus grands peintres ainsi que de peintres moins connus mais fort intéressants.
Mais la succession chronologique de ces visages d’enfants permet de constater l’évolution du regard que le peintre de leur époque portait sur eux et nous donne donc un reflet de la manière dont la société se comprenait elle-même : dis-moi comment tu peins tes enfants et je te dirai comment tu te comprends toi-même.

Mais le petit Pierre, le fils de Matisse, dont le portrait est placé ci-dessus en exergue, fixe à son tour le visiteur. Il représente peut-être tous les autres enfants de cette exposition que l’on a regardés avec curiosité et intérêt, indifférence aussi quant au sort qui leur était fait en leur temps, car lui-même semble nous interroger et nous mettre peut-être en question : qu’avons-nous fait de nos enfants ? Quelle place leur avons-nous laissée ? au nom de quelles valeurs les avons-nous traités ?

Léonard Limosin, Portrait du futur François II, 1553

 

Lorsqu’on a ainsi vêtu le petit François qui avait alors 9 ans, pour son beau portrait officiel et qu’on lui a recommandé de ne pas bouger, de ne même pas sourire pendant la pose, il est évident que l’on voyait en lui le futur symbole de la magnifique monarchie française qu’incarnait son père Henri II, dominant ses rivaux espagnols ou anglais et tyrannisant les protestants dont la pensée libre concurrençait l’idéologie catholique intégriste des Guise.
On mariera François à 14 à la jeune Marie Stuart, reine d’Écosse et il montera – pour 18 mois – sur le trône à la mort de son père à l’âge de 15 ans. Il mourra avant ses 17 ans d’horribles douleurs à l’oreille.

 

Pierre Mignard, Louise Marie de Bourbon, 1681

 

La petite Louise Marie est le fille du roi Louis XIV et de la marquise de Montespan. Elle mène la vie d’une enfant de la cour. Elle a 7 ans. Elle doit se tenir bien car elle est fille du roi. On lui a mis une magnifique robe et on l’a bien coiffée. On lui a fait prendre la pose sur des coussins et devant une tapisserie. Le peintre Mignard a ajouté un petit chien pour donner un peu de vie à son tableau, mais la petite fille ne le regarde pas. Elle ne sourit même pas. Car elle va mourir. Elle est peut-être déjà morte lorsqu’on a demandé à Mignard de faire son portrait.

 

Jean-Baptiste Chardin, l’Enfant au toton, 1737
portrait d’Auguste-Gabriel Godefroy, âgé de 10 ans

 

On est maintenant sous le roi Louis XV. L’atmosphère à la cour demeure autoritaire et étouffante mais en ville les idées nouvelles de Lumières sont propagées par Montesquieu et par Voltaire qui revient d’Angleterre.
Le jeune Auguste-Gabriel Godefroy était fils d’un banquier et joaillier et Chardin le montre vêtu et coiffé comme un grand bourgeois à l’aise. Il jour à la toupie, mai il est à une table d’étude. Il a des livres, de quoi écrire. Il est sans doute encore trop jeune pour comprendre les grandes idées mais celle-ci sont peut-être suggérées par les deux livres que l’enfant a repoussé. Peut-être justement les Lettres persanes de Montesquieu et les Lettres anglaises de Voltaire qui avaient tant de succès ces années-là ?

 

Fernand Pelez, un martyr, le marchand de Violettes, 1885

 

La misère – notamment celle des enfants – était grande à cette époque, Émile Zola la décrivait et Fernand Pelez la peignait.
La 3e République était bien conservatrice mais lorsque Fernand Pelez peignait ce dramatique portrait, l’Assistance publique venait de créer le service pour les « enfants moralement abandonnés » âgés de 12 à 16 ans, comme ce pauvre « marchand de violettes ».

 

Auguste Renoir, l’enfant à l’oiseau, 1882


Mais évidemment la petite fille du général Paul Louis Fleury, éminente personnalité du second Empire, représente le visage heureux de la même République : monde de la réussite radicalement opposé au monde de la misère.

 


Henri Jules Geoffroy, les Étrennes de la guerre, 1915

 


La mobilisation des esprits était réelle pendant la guerre, les jeunes garçons rêvaient de porter les képis de leurs aînés et contemplaient les objets militaires. Il est vrai qu’un tel tableau fonctionnait inversement comme un objet de propagande incitant ses spectateurs à entrer comme les enfants, dans l’unité nationale.

 

 

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