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Spiritualité des images

a

Mann im Wald. [Homme dans la forêt], 1971



Anselm Kiefer

 

Centre Pompidou, Paris

jusqu’au 18 avril 2016



Gilles Castelnau


10 février 2016

Anselm Kiefer s’était fait remarquer en se photographiant et en se peignant en train de faire le salut nazi, dans le costume que portait son père, officier de la Wehrmacht. Dans le tableau ci-dessus en exergue, il se représente lui-même, vêtu d’une grande robe blanche intemporelle, évoquant un personnage mythique brandissant une branche enflammée peut-être caractéristique de certaines attitudes nazies, dans une immense forêt, typique de l’Allemagne éternelle mais sans chemin ni issue. Fierté, gloriole, union à la nature mais solitude et enfermement menaçants.

 

Varus, 1976

 

La bataille de Varus a engagé au Ier siècle les forces germaniques victorieuses de l’armée romaine dans la forêt de Teutobourg, comme l’indique un panneau explicatif de Jean-Michel Bouhours, le commissaire de l’exposition. Elle évoque le courage et la force guerrière du peuple germanique tout au long de son histoire et malheureusement aussi durant la terrible Guerre mondiale hitlérienne.

Anselm Kiefer représente cette forêt de manière grossière et sans beauté. Son entourage est impénétrable et le chemin inégal et chaotique. Les noms ajoutés sur le tableau, reliés entre eux par de longues lignes suggérant leur pensée commune, fait penser que tous ont vécu dans de tels lieux et ont participé à de tels drames. Évidemment ce genre de réminiscence ne peut qu’éveiller les souvenirs de l’ambiance sinistre et angoissante de l’idéologie et de la guerre du nazisme. Souvenir dans le monde allemand évidemment mais aussi chez les Français puisque Kiefer s’est installé en France depuis 1993.

 

Vitrine

 

Des vitrines présentent des arrangements suggérant les ruines des villes bombardées par la guerre. Anselm Kiefer a vécu les premières années de sa vie dans un pays en ruine. Ses parents lui ont même, paraît-il raconté que le jour de sa naissance une bombe était tombée sur la maison de leurs proches voisins, ne laissant apparaître au milieu des poutres, des gravats et des tôles qu’une machine à coudre toute tordue.

 

Dis grosse Fracht [Le Grand Fret], 2005

 

Ses tableaux sont gris et sans couleurs, vides et désespérants. Pourtant Kiefer écrit : « Plus vous restez devant mes tableaux, plus vous découvrez les couleurs. Au premier coup d'œil, on a l'impression qu’ils sont gris mais en faisant plus attention, on remarque que je travaille avec la matière qui apporte la couleur. »

 

Böse Blumen, [Fleurs du Mal], 2001-2015

 

La dernière salle de l’exposition apporte quelques couleurs !
Ces fleurs sont bien petites, bien peu exubérantes. Leurs couleurs ne révèlent guère un esprit courageux et plein d’espérance.
Manifestement Anselm Kiefer se complait dans une dénonciation déprimante et déprimée d’une guerre ayant laissé de lamentables ruines – pourtant désormais reconstruites par le dynamisme créateur des concitoyens de sa génération !

Il a bien su voir – et montrer - les ravages évidents causés par l’effroyable idéologie nazie. Il a peint avec réalisme la boue de ce « Grand Fret » où s’enlisait le peuple allemand. Peut-être aurait-il pu se souvenir de la Ligue d’espérance « Pfarrerbund » qui réunissait 6000 pasteurs, animée par le pasteur Martin Niemöller - ensuite interné à Sachsenhausen puis à Dachau - qui croyaient en un sol plus ferme sous leurs pieds.

Peut-être aurait-il pu penser également – surtout – que dans les forêts si noires qu’il a peintes, alors que, justement, les nazis régnaient sur les esprits, un groupes de professeurs de théologie – avec notamment Dietrich Bonhoeffer, pendu ensuite au camp de Flossenburg - et leurs étudiants s’étaient réfugiés dans ces mêmes forêts pour y constituer la libre Faculté de théologie de l’Église confessante allemande, antinazie, petite lumière d’espérance et de renouveau pour des lendemains libres.

Et lorsqu’il peignait des forêts sans issue et aux chemins impraticables, peut-être aurait-il pu se souvenir que des résistants allemands avaient marché sur ces chemins pour faire passer en Suisse des fugitifs juifs. Il aurait alors su ajouter une lumière et des couleurs de foi, d’espérance et d’amour à ses immenses toiles désespérées !

 

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