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Spiritualité des images


a

Émile Signol. La Folie de la fiancée de Lammermoor, d’après Walter Scott. 1850

 

Visages de l'effroi
a
violence et fantastique de David à Delacroix

 

 

Paris, musée de la Vie romantique
jusqu’au 28 février 2016

musée de la Roche-sur-Yon
du 19 janvier au 19 mars 2016

 



Gilles Castelnau


4 décembre 2015

Les romantiques se complaisaient dans les sombres drames et les angoisses métaphysiques. Leur imagination était sans borne dans le domaine de l’horreur et du désespoir sans nom. Les « enfants du siècle » avaient un état d’âme mélancolique et ils s’y laissaient sombrer avec délectation.

Le musée d’Orsay nous avait présenté, il y a deux ans, l’étonnante exposition de « L’Ange du bizarre, le romantisme noir de Goya à Max Ernst ». Voici aujourd’hui dans le charmant petit musée de la Vie romantique, les « Visages de l’effroi » qui font frémir les visiteurs de bonne composition.

Ainsi la malheureuse jeune femme ci-dessus en exergue. C’est Lucy Ashton, personnage du roman de Walter Scott La Fiancée de Lammermoor, qui vient de poignarder son époux détesté la nuit de ses noces, et s’isole dans la folie :
« Cette malheureuse fille s’était accroupie, ou plutôt blottie, dans les cendres. Ses cheveux étaient épars, ses vêtements déchirés et souillés de sang ; ses yeux brillaient d’un éclat terne, et les convulsions de la démence agitaient ses traits. »

Les commissaires de l’exposition, Jérôme Farigoule et Hélène Jagot nous font ainsi pénétrer dans cet univers un peu morbide du 19e siècle. Ils auraient d’ailleurs vraiment pu nous expliquer la signification de ces tableaux qui demeurent énigmatiques pour beaucoup de visiteurs peu au fait de la culture de l'époque. Les musées anglais notamment le font très bien. La tradition courante en France de ne lire les œuvres qu’au plan purement artistique, en ignorant leur contenu idéologique n’aide pas à comprendre véritablement le sens qu’elles véhiculent.

 

Charles Desains Femme asphyxiée, 1822

 

Ainsi la scène qui montre la mort de cette malheureuse femme pourrait, comme évidemment la précédente,nous être expliquée. Le gardien de la salle m’a fait remarquer ce tableau avec émotion : n’étais-je pas saisi par la détresse de cette jeune femme enfermée dans une si petite pièce dont l’oxygène était brûlé par le brasero visible en bas à droite : sa main était en sang pour avoir essayé vainement d’ouvrir la fenêtre et elle avait même cassé la chaine d’or de son collier (si on regarde bien, elle est visible au bord de son décolleté). La lumière blapharde de la lune semble meme maléfique.

 

Marie Dubufé, La Lettre de Wagram, 1828

 

Évidemment les visiteurs de notre 21e siècle - et singulièrement les habitants de la belle avenue qui porte, à Paris, le nom de cette terrible bataille - seront sensibles au chagrin de cette femme lisant la lettre lui annonçant la mort de son bien-aimé et lui joignant la médaille de sa Légion d’Honneur.

 

Léon Cogniet, Scène du Massacre des Innocents, vers 1824

 

Ce peintre est allé chercher dans l’Évangile de Matthieu le récit du massacre des enfants par le roi Hérode, inquiet d'être supplanté un jour par Jésus. Il nous dépeint l’angoisse de cette mère aux yeux terrifiés, dont la fuite et barrée par un mur aux énormes pierres, et qui empêche son enfant de pleurer pour éviter d’attirer l’attention des soldats meurtriers.

 

Charles Brocas, Le Supplice de Prométhée, 1830

 

Il n’y a pas que des femmes. Prométhée aussi dont un vautour dévore le foie ! Mais on reconnaîtra que son anatomie masculine est moins émouvante que celles des malheureuses femmes que l’on vient de voir.

 

 

 

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