Protestants dans la Ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Hébreu biblique

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs

 

Roger Parmentier

Articles

La Bible « actualisée »

 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 

JULIAN MELLADO

Textos en español

Textes en français

 

Giacomo Tessaro

Testi italiani

Textes en français


Spiritualité des images





a

Scènes de la vie coréenne
Kim Chun-Gun (Kisan)  19e siècle.


 

Tigres de papier
a
cinq siècles de peinture en Corée

 

 

musée Guimet, Paris
jusqu’au 22 février 2016


Gilles Castelnau


26 novembre 2015

L’art asiatique, comme d’ailleurs l’art africain, est évidemment difficile à pénétrer. On pressent qu’il faudrait connaître les légendes, les traditions politiques et religieuses qui sous-tendent les étranges représentations figurant sur les paravents, les toiles, les objets présentés au musée Guimet. Et tout cela échappe au visiteur non averti. D’autant qu’aucune explication n’est véritablement donnée sur les quelques grands cartels qui figurent ici et là. Divinite :

 

Divinité chamanique sur un tigre. 19e siècle.

 

Ainsi cette divinité chamanique. Ses couleurs vives n’incitent pas au recueillement intériorisé comme nous le comprenons. Son regard est, certes, perçant et semble capable de voir jusque dans les profondeurs de l’invisible - ce qui est effectivement le rôle d’un chaman chargé de mettre son entourage en relation avec l’au-delà. Mais son attitude calme ne suggère pas l’état de transe que nous pourrions attendre de sa fonction. La beauté et la richesse de son vêtement nous paraissent plutôt convenir à un grand de ce monde qu’à un prêtre. Et surtout le tigre qu’il monte mériterait explication.

 

Jeune femme à l’éventail (l’esprit de la petite vérole). 19e siècle.

 

Cette jeune femme à l’éventail aussi est bien étrange. D’abord, elle semble en position déséquilibrée et sur le point de tomber en avant, à cause, peut-être de la profonde méditation dans laquelle elle semble plongée. Elle a juste derrière elle un homme inquiétant qui ne fait pourtant qu’agiter au dessus de sa tête une sorte d’ombrelle qui complète peut-être le petit éventail rond qui donne son titre au tableau. Un enfant suit également. Personnages muets et immobiles… Mais pourquoi le cartel dit-il qu’elle symbolise l’esprit de la petite vérole ?

 

Visite de Liu Bang à l’ermitage de Zhuge Liang. 19e siècle.

 

Contrairement aux représentations japonaises qui peuvent être d’une très grande violence, la peinture coréenne que nous présente le musée Guimet, est souriante et paisible. C’est une peinture du bonheur. Elle ne montre jamais rien de guerrier, d’inquiétant ou de maléfique. Cette visite d’un grand personnage à un ermitage en est un bon exemple : Il a une attitude recueillie et respectueuse. Le monde est coloré, irréel : les arbres sont en fleurs, les montagnes et le ciel sont en technicolor. Dans un enclos un personnage fait la sieste. Évidemment, nous diront les connaisseurs de la Corée, la paix qui se dégage de cette scène est identifiée par le spectateur à la l’harmonie qui émane du confucianisme dominant : l’autorité des dirigeants, des ancêtres et des parents ne doit surtout pas être mise en question. Les vertus que le sage développe sont celles qui maintiennent l’ordre le plus stable, le plus sécurisant, le plus respectueux des rites traditionnels : ainsi, la piété filiale, la loyauté, le respect des dirigeants, l’acceptation de l’état de fait.

 

Portrait de fonctionnaire. (18e-19e siècle.)

 

Un grand cartel explique :

Un air de « synode de pasteurs protestants au début de la Réforme », disait des portraits coréens l’anonyme qui rédigea le catalogue de la vente Collin de Plancy (hôtel Drouot, Paris, 1911). Ces derniers frappent par leur austérité et par leur réalisme, restituant la vérité humaine des figures représentées. Ils s’inscrivent dans le cadre d’une société d’ordre, très hiérarchisée, et les personnages sont représentés en costume de fonction, vus de face, assis , ou quelque fois en buste. Ils illustrent le culte des ancêtres et le respect dû à l’âge ou à l’expérience.

 

Double coffre. Bois à décor de corne de bœuf peinte ; 19e s.

 

Retour vers spiritualité des images
Vos commentaires et réactions

 

haut de la page

 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : Gilles Castelnau
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque.