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L'invention du Passé

Histoires de cœur et d'épée

1802 - 1850

 

Musée des Beaux-Arts de Lyon

 

jusqu’au 21 juillet 2014

 

Gilles Castelnau

 

5 juillet 2014

Cette grande et séduisante exposition fait revivre un passé historique du Moyen-Age émouvant, édifiant, plein de sentiments très humains qui touchent, élèvent l’âme.
On est en plein romantisme et les peintres du style « troubadour », comme on les appelait, rejetaient les idéaux inhumains de l’âge classique de la Révolution française, se détournaient du grand genre des scènes officielles historiques ou religieuses et recherchaient un humanisme authentique et profond qu’ils exprimaient dans des scènes le plus souvent pathétiques où des rois, des reines, des princesses, des poètes et des héros nous font partager leur affectivité, les émotions qui ont été les leurs.
C’est tout un passé, largement imaginaire qui surgit à nos yeux et nous introduit dans un univers de haute spiritualité que nous ignorions. Les élans en sont fréquemment religieux, révélant une union à Dieu d’une profondeur mystique. Chateaubriand et son Génie du Christianisme de 1802, avait déclenché un courant de foi que Victor Hugo relayait avec la puissance qu’on lui connaît et qui s’intégrait parfaitement dans le romantisme ambiant.

Il faut féliciter les deux commissaires de cette splendide exposition qui ont rédigé des cartels explicatifs tout à fait remarquables.
Stephen Bann, professeur émérite à l’université de Bristol
Stéphane Paccoud, conservateur en chef, chargé des collections de peintures et de sculptures du XIXe siècle, musée des Beaux-Arts de Lyon.

 

Fleury Richard, Valentine de Milan pleurant la mort de son époux Louis d’Orléans



Fleury Richard, Valentine de Milan pleurant la mort de son époux Louis d’Orléans, assassiné en 1407 par Jean duc de Bourgogne :
Fleury Richard a présenté ce tableau au Salon de 1802 et son succès en a été immédiat et considérable. Le visiteur participe à la tristesse du deuil de cette charmante jeune femme, dans la demi-obscurité produite par ce grand rideau vert et s’y implique d’autant plus que les détails du vitrail, du tapis, des livres posés sur la table sont reproduits avec un réalisme si précis et fouillé que l’on se croit vraiment présent dans la scène.

 

Louis Ducis, Le Tasse chez sa sœur Cornelia à Sorrente. 1812


Le Tasse était un poète italien de la Renaissance très admiré au 19e siècle. Pas de drame ni de tension dans ce tableau. Instant de ferveur où le frère et la sœur sont emportés dans un élan de fièvre poétique qui les transcende. Lumière, élégance, douceur, inspiration provoquée par la lecture !

 

Pierre Nolasque Bergeret, le peintre Filippo Lippi, esclave à Alger, traçant sur le mur le portrait de son maître. 1819

 

Le cartel explique :

C’est une scène légendaire : le peintre florentin Filippo Lippi (1457-1504) aurait été enlevé par des pirates d’Alger. Il aurait obtenu la clémence de son maître en dessinant au charbon sur un mur ce portrait. Son talent les aurait convaincus de le libérer et même de financer son apprentissage de la peinture.
Bergeret ne s’étant jamais rendu en Afrique du Nord, il s’agit de la représentation d’un monde rêvé, mêlant conventions et imaginaire.

L’originalité, l’inattendu du décor de cette scène avec la présence de l’enfant noir au regard brillant, la fleur de tournesol dans une haute carafe étrangement posée sur l’extrême bord d’un muret, le beau tapis posé à gauche sous une tenture bleue dont on ne comprend guère l’usage, donnent une impression de réalisme. On est alors saisi par l’acuité du regard du seigneur surpris et intéressé par l’habileté de son esclave et discernant en lui l’artiste caché, que nous connaissons tous. L’esclave était un artiste et le maître, au fond, était un humaniste.

 

Paul Delaroche, Cromwell et Charles Ier. 1831 


Delaroche imagine la méditation de Cromwell
devant le corps du roi vaincu qu’il vient de faire décapiter. Charles Ier se voulait souverain de droit divin et se conduisait en tyran ; le Parlement tenait à limiter ses prérogatives royales et à établir une monarchie constitutionnelle. Charles Ier fut décapité lors de la Révolution de 1649, après sa défaite à Naseby où il résistait aux troupes du Parlement. La monarchie fut alors abolie et la république proclamée sous l’autorité de Cromwell.

C’est tout cela que le spectateur devine dans cette contemplation : le contentement de Cromwell de la victoire du libéralisme, l’horreur de la mort chez le vainqueur de la guerre qui porte encore son épée au côté, la responsabilité politique qui est désormais la sienne dans la gestion de cette nouvelle République, appelée Commonwealth d'Angleterre.

 

Augustus Egg, La nuit avant Naseby. 1859


 
Le peintre anglais Egg, impressionné par le tableau de Delaroche, représenta Cromwell la veille de la bataille décisive de Naseby. En peignant ainsi Cromwell priant devant sa bible et au clair de lune sous les étoiles (NB. Les étoiles ne sont jamais visibles lorsque la lune est pleine et la nuit claire !), Egg situe la volonté politique et militaire de Cromwell dans le même élan que sa foi religieuse protestante et l’associe sous le ciel à l’harmonie universelle du cosmos.

 

Pierre Charles Comte, Henri III et le duc de Guise. 1855 

 

En 1588, le roi Henri III, en noir, reçoit devant le château de Blois, où les États Généraux venaient de se tenir, le duc de Guise, qui le salue, vêtu de beige.
Celui-ci, chef de la Ligue, juge le roi trop ouvert aux protestants et ambitionne de lui arracher le pouvoir. Henri III le fait assassiner, à Blois même, peu après et sera lui-même assassiné l’année suivante par un moine ligueur.
Dans cette scène foncièrement hypocrite, le roi est représenté devant ses « mignons », compagnons élégants mais escrimeurs redoutables, ainsi que devant des hommes en armes.
Le duc de Guise salue chapeau bas, un sourire de politesse aux lèvres mais à ses côtés, son frère le cardinal de Lorraine et d’autres princes ont des mines rébarbatives ne présageant rien de bon.
Sous les sourires la mort règne, qui emportera donc prochainement ces deux hommes.

 

Jean-Paul Laurens, les Otages. 1896


 Ces enfants isolés dans une prison minérale sont, selon la pièce de Shakespeare « Richard III », sinon selon l'histoire, Édouard et Richard enfermés à la Tour de Londres en 1483 sur ordre de leur oncle le futur Richard III, qui s'empare ainsi de la couronne d'Angleterre.
Jean-Paul Laurens était d’opinion républicaine et foncièrement opposé à l’arbitraire du pouvoir royal ou impérial, il ne supportait pas non plus l’autorité ecclésiastique et se situait résolument du côté des démunis, des faibles, des sans-voix.

Les commissaires ont jugé que ses Otages prolongeaient la ligne humaniste des peintres troubadours. Le spectateur a évidemment le cœur serré devant ces misérables enfants abandonnés entre ces murs de pierre et qui y mourront victimes du pouvoir politique.

 

 

 

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