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Spiritualité des images

 


Portrait de François-André Vincent par son épouse, Adélaïde Labille-Guiard, 1795


François-André Vincent

1746-1816

Un peintre protestant entre Fragonard et David

 

 

musée Fabre de Montpellier

jusqu’au 11 mai 2014

 

 

Gilles Castelnau


 

1er mai 2014

Le commissaire de l’exposition nous prévient dès le début du protestantisme du peintre :
«Il est issu d’une famille protestante, sa religion lui ouvre à Rome les cercles des artistes du nord de l’Europe, souvent protestants. Il noue des liens notamment avec le sculpteur suédois Sergel ou le peintre danois Jens Juel : ces influences [...] ont un impact majeur dans sa formation. »

Il est clair qu’avant la Révolution, le protestantisme était encore interdit et il n’était pas question d’en faire ouvertement mention. (C’est en 1775 qu’ont été libérés les deux derniers galériens « pour la foi », Antoine Raille, 77 ans, et Paul Achard, 64 ans, après 30 ans de galères). Mais la pensée protestante caractérise bien la différence de représentation du monde que l’on peut discerner entre la peinture de François-André Vincent et celles de Fragonard et de David. Le titre même de l’exposition qui mentionne David et Fragonard invite à la comparaison.

Certes François-André Vincent a eu énormément de succès : il a été professeur de dessin à l’École Polytechnique, membre de l’Académie des beaux-arts de l'Institut de France et de plusieurs académies européennes. décoré de la Légion d'honneur. Il a été inhumé solennellement au cimetière parisien du Père Lachaise.

Mais incontestablement Fragonard et David l’ont surpassé et sa mémoire est bien effacée. Les Français sont habitués à apprécier les scènes où les personnages sont censés éprouver les sentiments de l’idéologie officielle politique ou religieuse dominante : la noblesse - ou le libertinage - des courtisans de l’Ancien Régime, l’élan patriotique classiquement attribué aux Romains vers la fin du 18e siècle, la gloire militaire de la Révolution ou de l’Empire. Ils ne sont pas préparés à la réflexion plus profonde et aux sentiments individuels développés par le piétisme et le puritanisme de l’Europe du Nord.

 

a

François-André Vincent, Bélisaire, 1776                               Jacques-Louis David, Belisaire, 1780

 

La même scène historique – un officier romain découvre son ancien officier, le général Belisaire, réduit à la mendicité – est traitée différemment par les deux artistes.

Jacques-Louis David à donné à Bélisaire le visage misérable et suppliant et le bras tendu et l’attitude de faiblesse caractéristiques d’un mendiant et à l’officier le geste stéréotypé des mains levées en signe de surprise. Rien que de très compréhensible et naturel.
François-André Vincent voit au contraire Bélisaire debout et fort. Par son attitude penchée vers l’officier, il semble même lui offrir quelque chose. Son visage est puissant, il est noble et magnifique. On se souviendra que Calvin avait interdit la mendicité dans la ville de Genève, la jugeant humiliante, la municipalité devant procurer un travail à chacun. Pour Vincent, Bélisaire ne doit pas être considéré comme un mendiant alors même que l’histoire prétendait qu’il l’était devenu.
Quant à l’officier, loin de jouer l’étonnement, c’est d’un air songeur qu’il dépose son offrande dans le vase tendu et les trois personnages témoins de la scène partagent son saisissement devant une réalité humaine qui donne vraiment à penser.

 

a

      Vincent, la Leçon de labourage, 1797-1798                                        David, Mort de Socrate, 1787           

 

François-André Vincent est manifestement influencé par l’amour de la nature d’un Jean-Jacques Rousseau en représentant ce jeune homme de la bonne société à l’aise dans le monde rural humble et travailleur, manifestement encouragé par ses parents qui l’attendent en souriant tandis que sa petite sœur voudrait bien l’imiter.
Jacques-Louis David n’a pas de telles idées. Sa mort de Socrate exalte plutôt les grands sentiments religieux et philosophiques valorisés dans un monde d’hommes, ouvrant sans doute au culte de l’Être suprême que Robespierre lancera dans quelques années.

 

a

       Vincent, Mme Boyer-Fonfrède, 1796                                Fragonard, le Verrou, 1774-78                                            

François-André Vincent s’est plu à peindre la malheureuse veuve de Jean-Baptiste Boyer-Fonfrède, révolutionnaire modéré, guillotiné à l’âge de 27 ans pour s’être justement opposé à la Terreur des Montagnards après avoir milité contre l’esclavage et parlé en faveur de la liberté de pensée protestante et franc-maçonne.
La douceur du regard de cette femme, son geste d’affection à l’égard de son enfant détournent le spectateur de toute pensée violente et trop radicale pour l’engager au contraire dans un approfondissement humaniste.
Jean-Honoré Fragonard ne manifeste pas de telles subtilités. On ne sait si la scène représentée est celle d’un viol ou d’un adultère mais sa violence même révèle une conception de l’amour libertin qui n’est pas un modèle de vertu.

 

Vincent, La leçon de dessin, 1774

 

François-André Vincent ne craint pas un amour tendre et romantique

 

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