Protestants dans la Ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Hébreu biblique

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs

 

Roger Parmentier

Articles

La Bible « actualisée »

 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 

JULIAN MELLADO

Textos en español

Textes en français

 

Giacomo Tessaro

Testi italiani

Textes en français


Spiritualité des images



Antoine Watteau : Les plaisirs du Bal, 1715-1717


De Watteau à Fragonard

les fêtes galantes, le temps de l’insouciance

 

 

Paris, musée Jacquemart-André

jusqu’au 21 juillet 2014

 

Gilles Castelnau

 

 

25 mars 2014

Antoine Watteau : « Les plaisirs du Bal », 1715-1717
Louis XIV vient de mourir. On n’en peut plus de la triste atmosphère que faisait régner à Versailles et à Paris le puritanisme ascétique dans lequel le vieux roi s’efforçait de faire pénitence pour ses mauvaises passions et son totalitarisme despotique et belliqueux (« j’ai trop aimé la guerre »). Le Régent, quadragénaire souriant, s’efforce de rétablir la paix et d’humaniser la politique intérieure. A la Cour et à la Ville, nobles et grands bourgeois respirent désormais un air léger et printanier.

Watteau l’exprime bien : les colonnes et les arcades nobles et splendides s’ouvrent largement sur un monde extérieur qui n’est plus le parc de Versailles au dessin rigoureux ; les grands arbres y poussent en liberté, il y fait beau, la lumière est légère. L’ambiance parmi tous ces nobles est toujours élégante mais elle est détendue et désinvolte.

 

Détail

 

Ce jeune homme vêtu de bleu danse tout seul pour séduire la jolie dame et celle-ci tient le bord de sa robe, sans doute toute prête à l’accompagner dans son amusement. Et la cour regarde, s’émancipe, de petit flirts s’ébauchent. Il y a même des chiens que personne ne songe à maintenir en laisse.

Il en est ainsi dans les milieux élégants et bien pensants. Mais la pensée unique est bien en place ; la police et l’Église font régner une terreur glacée pour tous les dissidents.
Les catholiques de tendance jansénistes sont toujours persécutés. Louis XIV avant de mourir vient de les faire expulser de Port-Royal. On a même déterré les morts du cimetière : leurs familles ont pu faire enterrer dignement ailleurs les reste des Arnauld, de Jean Racine, ou de Lemaître de Sacy.
Le Régent n’y trouve rien à redire et ne répare rien.

Quant aux protestants qui ne se sont pas réfugiés à l’étranger lors de la Révocation de l’Édit de Nantes, le Régent accentue encore leur poursuite et la répression. Emprisonnement pour les femmes, galère pour les hommes, potence ou bûcher pour les pasteurs réfractaires. Refus d’état civil pour tous (pas de mariages ni d’enterrements au cimetière), enfants arrachés à leurs parents pour être élevés dans des pensionnats catholiques.

Ces fêtes n’étaient pas « galantes » pour eux et le temps n’était pas à l’ « insouciance ».

 

prisonnières protestantes de la tour de Constance à Aygues-Mortes

 

Une jeune fille de 17 ans, Marie Durand, du Boucher-de-Pranles en Vivarais dont le frère pasteur avait été pris et pendu, fut emprisonnée durant 38 ans à la terrible tour de Constance à Aygues-Mortes. Avec bien d'autres jeunes femmes de son âge (vieillissant naturellement sans sortir de la Tour).

 

Nicolas Lancret : Les plaisirs du bain, avant 1725

 

La reine Marie-Antoinette avait créé son Hameau où ses invités pouvaient partager son plaisir de jouer à la bergère et de visiter de belles – fausses – grottes, mais Nicolas Lancret nous entraine dans un paysage idéal ou la lumière est douce, joue dans les feuillages et se reflète dans une grande rivière où l’on peut aisément batifoler. Belles robes, intimité familière, scène de rêve.

 

François Boucher : Les charmes de la vie champêtre vers 1735-1740

 

La Régence est passée, le roi Louis XV est le « bien-aimé ». Le baroque du Grande Siècle s’est mué en style rocaille, rococo. Boucher met en harmonie la complication magnifique des vêtements avec l’exubérance végétale des lianes et des buissons et même de l’étonnante toison des moutons apprivoisés que l’on tient même en laisse. Ce jeune homme si bien peigné manifeste un désir fort sympathique pour cette jolie fille au teint de porcelaine qui a de si beaux yeux et la gentille suivante est elle aussi déjà fort amoureuse de lui.

 

François Boucher, Pastorale, 1760

 

Comme la tendresse est donc chaste quand les mains ne touchent que des fleurs, que les regards font mine de ne regarder qu’au loin (mais pas vraiment dans la même direction). Et le chien participe à l’iatmosphère légèrel de cette scène imaginaire.

 

Jean-Honoré Fragonard : La fête à Saint-Cloud, vers 1775-1780

 

Le roi est mort. C’est maintenant Louis le XVIe du nom. Mais rien n’a changé. Le ciel est toujours doucement lumineux, les arbres magnifiques et n’ont pas de branches mortes. Les personnages sont heureux, conversant en groupes colorés et aimables. L’espace est immense. Le monde est beau.

La Révolution arrive avec ses drames, la guillotine, la République mais personne n’y pense...

 

 

Retour vers spiritualité des images
Vos commentaires et réactions

 

haut de la page

 

videmment  

 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : Gilles Castelnau
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque.