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Spiritualité des images


 

Sancho Panza

dans l’appartement de la duchesse

 

1828

 

Charles Robert Leslie

1794-1859

 

musée du Louvre

désormais rangé dans les réserves

 

Gilles Castelnau

4 octobre 2013

Ce tableau d'un peintre américain vivant à Londres, vient d’être offert au Louvre par la famille américaine Forbe.

Le roman espagnol Don Quichotte était très populaire en Angleterre où l’on s’amusait des aventures imaginaires de ce faux chevalier errant et de son serviteur Sancho Panza, beaucoup plus préoccupé du soin de sa petite personne que des grands faits d’armes de son maître.

Ce tableau représente une scène du deuxième volume de Don Quichotte qui raconte que Sancho Panza réussit à se faire recevoir par une duchesse curieuse de le rencontrer après avoir lu ses aventures publiées dans le premier volume.

Comme l’écrit le commissaire Guillaume Faroult :
« On reconnaît Sancho Panza dans le petit homme replet (toujours soucieux de remplir sa panse) assis bien droit vers le centre de la composition. La belle duchesse lui fait face, entre sa duègne et son petit chien favori ; elle tient ostensiblement un livre dont la reliure indique qu’il s’agit des aventures de Don Quichotte. Autour d’eux, le suivantes de la duchesse s’égayent des propos du paysan. »

Une version plus grande de ce tableau fut acheté par le troisième comte d’Egremont, George Wyndham, dans le château duquel elle est toujours conservée ; une autre fut envoyée à l’Exposition universelle de Paris en 1855 et une autre encore est toujours exposée au musée londonien de la Tate Gallery.

Charles Leslie était un peintre à succès. Il fut reçu comme membre de la prestigieuse Royal Academy de Londres et il savait, en effet, comment plaire à la grande bourgeoisie et à la noblesse d’Angleterre qui lui achetaient ses œuvres.

Voyez comme cet humble Sancho Panza représentant évidemment tous les modestes paysans du peuple est fier d’être reçu dans le magnifique palais de la duchesse, souhait rarement exaucé de tous ses congénères. Il n’a pas eu droit à la belle chaise rouge demeurée libre ; il est assis très bas sur un simple tabouret, mais la duchesse le reçoit et l’écoute, sans doute curieuse de le rencontrer.

La belle duchesse est nonchalante ; elle est somptueusement vêtue de brocart, elle porte son diadème en brillants, sa sévère duègne la garde selon la coutûme espagnole, le tableau de ses ancêtres la valorise et un énorme et incroyable rideau rouge révèle sa magnificence.

L’Angleterre a décapité son roi Charles Ier en 1649, du temps de Cromwell. Presque deux siècles ont passé du temps de Leslie et les rois en ont tiré la leçon : leurs relations avec le peuple anglais et plus généralement l’attitude de la noblesse n’ont jamais été aussi hautaines et lointaines qu'en France depuis Louis XIV et sous les rois qui se sont succédés. Lorsque Leslie peint cette scène la France vit sous la royauté détestable de Charles X qui débouchera deux ans après sur la Révolution exaspérée de 1830 et ses Trois Glorieuses. La relation d’une duchesse française avec un simple laboureur comme Sancho Panza (fut-il héros de roman !) n’aurait pas été empreinte en France de la douceur tranquille que Leslie a donnée à cette scène.

Les quatre jolies suivantes se moquent évidemment de la naïveté, de la simplicité et des récits (imaginaires) de Sancho Panza. Elles font probablement partie du même monde que lui mais la chance (et leur beauté) leur a permis d’accéder à la vie du château qui leur monte un peu à la tête. Leslie les dénonce... tout en attirant l’attention du spectateur sur le joli décolleté de celle qu’il fait obligeamment pencher sur le bonhomme.

Nul doute que le troisième comte d’Egremont a suspendu ce beau tableau en bonne place et que la réplique exposée à la Royal Academy de Londres aura contribué à maintenir le subtil équilibre de la monarchie et de la société anglaise.

 

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