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Spiritualité des images


 

Jacques Jordaens, le Banquet de Cléopâtre, 1653

 

Jordaens

1593-1678

la gloire d'Anvers

 

Paris, Petit Palais

jusqu’au 19 janvier 2014

 

Gilles Castelnau

 

20 septembre 2013

En ce 17e siècle où l’art baroque – c’est le style de Jordaens - s’est développé, la Belgique et les Pays-Bas sont séparés. La Belgique est restée catholique et appartient au roi d’Espagne ; les Pays-Bas sont devenus protestants avec Guillaume d’Orange et sont indépendants. Les Provinces Unies ont été déchirées en deux moitiés antagonistes par la guerre dite de Quatre-Vingts ans, les haines suscitées par le souvenir des terribles exactions espagnoles – on disait que le duc d’Albe avait fait prononcer au nom du roi Philippe II d’Espagne plus de 8000 condamnations à mort en trois ans !

On ne peut comprendre la mentalité et l’art des Flamands du 17e siècle qu’en la comparant aux Provinces hollandaises. Alexis Merle du Bourg et
Maryline Assante di Panzillo, commissaires de l’exposition nous préviennent dès la première salle par les panneaux explicatifs, que Jacques Jordaens était protestant mais que, demeurant dans un pays catholique, il avait conformé sa peinture à l’idéal de la Contre-Réforme et qu’il s’était d’ailleurs finalement converti lui-même au catholicisme ambiant.

L’art baroque est caractéristique du catholicisme. L’esprit magnifique et triomphant de l’Église catholique – et des gouvernements qui s’appuient sur elle, comme celui des rois d’Espagne et de leurs gouverneurs de Belgique - se manifeste par un grand nombre de tableaux religieux mettant en valeur l’héroïsme, la sainteté et la grandeur de ses saints, les hauts faits historiques du passé.

Le Banquet de Cléopâtre – ci-dessus en exergue – est typique de la joie de vivre exubérante d’un monde riche, heureux, sûr de sa réussite et ne se laissant tourmenter par aucune inquiétude métaphysique. Quel contraste avec le froid puritanisme et la culture biblique du protestantisme des Provinces Unies.
Jordaens contraste les couleurs, comme le fait aussi Rubens, met l’imagination au pouvoir, place un élément surprenant jusque dans le plus petit emplacement du moindre recoin de sa toile. Le mot d’ordre du style baroque est bien de « surprendre pour plaire ».

 

Rembrandt, la Femme adultère (im83)

 

Rembrandt, lui aussi, aux Pays-Bas du Nord, oppose l’obscurité et la lumière, plait au spectateur en le surprenant, ne serait-ce que par l’étonnant cadrage de la scène. Mais ce n’est pas une assurance exubérante qu’il propose, c’est l’empathie pour cette humble femme à genoux, qu’il peint si petite au milieu de ces hommes debout et dans l’immensité impressionnante d’un temple sombre à l’autorité menaçante.
Jésus n’y a pas l’attitude royale que Jordaens lui donnera ailleurs, mais dans son vêtement brun misérable, pensif et calme, il donne à réfléchir à ceux qui seraient justement tentés de prendre les positions traditionnelles dominatrices du Sud, où la souveraineté de l’Egliseest indiscutable.

 

Jordaens, Noli me Tangere, vers 1640

 

Justement, alors même que la scène représentée est l’affectueuse retrouvaille de Jésus ressuscité avec Marie-Madeleine qui le reconnaît dans la joie, Jordaens donne à Jésus une attitude raide et dominatrice devant une femme agenouillée comme devant un souverain.

 

Johannes Vermeer, la Leçon de musique, im120

 

La retenue, le sérieux, l’importance de la vie intérieure dans une famille bourgeoise est, dans la Hollande de Johannes Vermeer, l’idéal de la morale protestante.

 

Jordaens, le Roi boit, 1640, « roi »

 

Les scènes de gaîeté parfois à la limite de la vulgarité et le la morale amorales sont nombreuses dans la peinture flamande et notamment dans celle de Jordaens. La scène que voici représente une taverne au moment où celui qui a trouvé la fève cachée dans la galette est couronné roi de la fête.

 

Jordaens, Portrait d’une jeune dame, 1638

Jordaens sait aussi réaliser les très beaux portraits qui plairont à la noblesse de sa ville d’Anvers.

 

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Voir aussi : Gilles Castelnau

Rubens, van Dyck, Jordaens

Rubens, 
Adoration des mages

 

 

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