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Spiritualité des images

 

 

Le Christ au jardin des Oliviers

 

entourage de Goya y Lucientes

 

Musée du Louvre
tableau du mois
aile Richelieu, 2e étage, salle 18

jusqu’au 7 janvier 2013

 

Gilles Castelnau

 

11 décembre 2012

Les commissaires responsables de ce Tableau du Mois commentent dans leur panneau explicatifs le problème de l’auteur inconnu de ce tableau. On ne sait pas qui il est mais il est clair qu’il s’est inspiré du « Christ au jardin des Oliviers » de Goya.

 

Goya, Christ au jardin des Oliviers

L’auteur n’était évidemment pas très doué pour le dessin. Le visage du Christ est épais et un peu benêt, le bras de l’ange semble fait de guimauve molle et une sorte de goitre dépasse de son cou.

Néanmoins la lumière éclairant l’ange et la personne du Christ dans la demi-obscurité du jardin des Oliviers, suggère de manière émouvante la signification spirituelle de la scène et invite à la méditation religieuse.

Il s’agit de l’attente angoissée de Jésus dont l’arrestation et la Passion se font proches.

Luc 22.39-44
(Jésus) alla, selon sa coutume, à la montagne des oliviers. Ses disciples le suivirent. Lorsqu'il fut arrivé dans ce lieu, il leur dit :
-  Priez, afin que vous ne tombiez pas en tentation.
Puis il s'éloigna d'eux à la distance d'environ un jet de pierre, et, s'étant mis à genoux, il pria, disant :
-  Père, si tu voulais éloigner de moi cette coupe ! Toutefois, que ma volonté ne se fasse pas, mais la tienne.
Alors un ange lui apparut du ciel, pour le fortifier.
Etant en agonie, il priait plus instamment, et sa sueur devint comme des grumeaux de sang, qui tombaient à terre.

 

Le chien
L’auteur a peint un chien qui dort dans la coin en bas à gauche du tableau. Je n’avais jamais entendu dire que Jésus possédait un chien. Cela me paraît bien sympathique. Mais je suis surpris du sommeil paisible de celui-ci. Il me semble qu’il n’aurait pas manqué de se frotter contre Jésus en pleurant, sensible à l’angoisse que Luc décrit pourtant de manière dramatique.
D’ailleurs un chien normalement constitué aurait certainement réagi à l’arrivée de l’ange en aboyant frénétiquement ou en s’enfuyant peut-être, terrorisé !

La coupe
Les trois premiers évangiles mentionnent ce symbole de la souffrance ou du sang que Jésus s’apprête à verser et dont il voudrait bien éviter de boire le contenu amer. Les autorités religieuses juive officielles qui manigançaient la condamnation de Jésus étaient en effet fondamentalement mises en question dans leur conservatisme fondamentaliste par son message libérateur.
Jésus proclamait de la part du Dieu d’Israël un dynamisme créateur réjouissant affranchis des règles aliénantes de pureté légale et d’esprit de supériorité des ayatollahs de l’époque. Il laissait ses disciples manger et boire à l’heure de la prière rituelle, les dispensait de la nourriture cachère en disant que l’homme est souillé par les paroles mauvaises qui sortent de sa bouche bien plus que par la nourriture non cachère qui y entre.
Il avait changé en vin de noce l’eau destinée aux purifications rituelles et avait empêché la lapidation de la femme adultère. Il faisait des guérisons le jour du shabbat, acceptait le parfum d’une femme « pécheresse » et critiquait les contraintes légalistes et pointilleuses des religieux intégristes.
L’évangéliste Matthieu précisera même que ceux-ci scellèrent la pierre tombale de Jésus de leur sceau et la firent garder par leur propre garde !

L'ange
Luc avait écrit que dans sa nuit d’angoisse, Jésus était encouragé par un ange descendu du ciel. On peut imaginer le dialogue muet qui est sous-entendu par l’évangile.
A l’appel de Jésus : «
Père, si tu voulais éloigner de moi cette coupe ! Toutefois, que ma volonté ne se fasse pas, mais la tienne.
L’ange devait sans doute répondre :
- Si tu veux, Jésus, tu peux te sauver, marcher toute la nuit jusque chez les Grecs qui voulaient te faire roi et te protègeront certainement. (Jean 7.35 Sur quoi les Juifs dirent entre eux : Où ira-t-il, que nous ne le trouvions pas ? Ira-t-il parmi ceux qui sont dispersés chez les Grecs, et enseignera-t-il les Grecs ? )
Mais tu laisserais alors le terrain libre à ces terribles pharisiens, à leurs lois religieuses, leurs règlements étroits et leur terrible conception de Dieu qu’ils rendent bien pu sympathique. Ton évasion, ton abandon de ton ministère ne serait naturellement pas la « volonté de Dieu » !

Mais en mettant la « coupe » dans la main de l’ange qui l’offre manifestement à Jésus, l’auteur suggère que c’est Dieu lui-même qui propose à Jésus de mourir.
Cette terrible idée a été lancée au 11e siècle par saint Anselme. Le Moyen Age était focalisé sur l’idée de l’orgueil et de la gloire des seigneurs. Il en était de même pour Dieu, le Seigneur des seigneurs, pensait-on. Sa « gloire » était atteinte lorsqu’il sentait l’humanité lui échapper et des sacrifices étaient nécessaires pour apaiser sa « juste colère ». Le sacrifice de son Fils convenait pour, à la fois, le calmer et sauver l’humanité ! On ne se demandait pas en quoi le supplice d'un innocent pouvait satisfaire une « justice » divine.

Le tableau du Louvre présente cet horrible instant et... le chien dort !

 

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