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Pierre-Louis Dumesnil, Une petite fille allant à l'école

Une petite fille allant à l'école

vers 1740

Pierre-Louis Dumesnil

1698-1781

Musée du Louvre
tableau du mois
aile Richelieu, 2e étage, salle18

jusqu’au 1er octobre 2012

Gilles Castelnau

 

7 septembre 2012

Deux spécialistes du 18e siècle, Jean-Christophe Baudequin et Marie-Christine Sahut ont eu la bonne idée et le talent de nous présenter ce charmant tableau et d’en proposer la réattribution au peintre Pierre-Louis Dumesnil alors qu’il était entré au Louvre sous le nom de Chardin.

On est en 1740, nous disent-ils et cette fillette est sur le chemin de l’école car, à l’époque, on y envoyait les filles de 6 à 10 ans : elle porte du papier et une plume. Dans son panier c’est un livre qu’on distingue.

« L’enfant et bien vêtue : un bonnet et un fichu de fine texture, une robe de coton vert à carreaux – un motif récurrent chez Dumesnil - portée sur une chemise blanche et un jupon. Le bas de la robe est relevé, épinglé sur le devant pour éviter la salissure du caniveau, ce qui donne du volume, une assise supplémentaire à la silhouette de la fillette, joliment penchée du haut de sa fierté d’écolière sur le chien de la maison qui s’agrippe à elle. »

Il est vrai qu’une telle représentation fait tout à fait penser à Chardin et nous avons été témoins de la réaction instinctive d’une visiteuse du Louvre qui s’est écriée spontanément : « voici un Chardin ! ».

Greuze, aussi, un peu plus tard, entrera dans cette atmosphère heureuse où l’humanisme naissant montre la beauté et la transcendance intérieure de charmantes personnes dans leur vie quotidienne.
En ce milieu de 18e siècle, l’idéologie des Lumières commençait à apparaître en France. Voltaire, en 1740 était en pleine gloire et ses Lettres Philosophiques étaient fort lues, même à la cour, ce qui lui attirait bien des difficultés. Il s’était même un temps réfugié en Angleterre. Diderot, Rousseau, quelques années plus tard, développeront les mêmes idées progressistes.

Ils étaient appréciés à la cour alors que sous le règne de Louis XV, les dames – et les enfants – de la noblesse se faisaient peindre d’une tout autre manière :

 

Jean-Marc Nattier, Françoise-Renée, marquise d’Antin, 1738

 

Voyez le portrait de la marquise d’Antin : c’est une enfant sensiblement du même âge, peint à la même époque. Mais Jean-Marc Nattier lui a donné un robe d’une grande élégance, une guirlande de fleurs et a décoré sa belle chevelure d’une couronne fleurie. Il l’a placée dans la verdure, devant un paysage immense, et lui a fait répéter ce geste magnifique avec lequel elle brandit son oiseau. On est dans la noblesse, à la cour de Versailles.

Mais Dumesnil est, quant à lui, animé par l’esprit réaliste naissant des Lumières, intérêt pour les « vrais » gens auxquels s’intéressera Jean-Jacques Rousseau lorsqu’il décrira l’instruction de son jeune Émile. Il nous fait voir une écolière qui n’est certes pas une pauvresse mais dont le naturel paisible et concentré attire notre attention sur sa situation concrète de Française moyenne, si l’on peut dire et nous ouvre à l’humanisme des Lumières.

Voici d'ailleurs les titres d'autres de ses tableaux de genre, qui vont souvent par paires : Une dame dans son lit lisant une lettre et Un monsieur qui se fait chausser par son domestique. Une Savoyarde jouant de la serinette et un Recouseur de fayance. La Cuisinière et Le Garçon cabaretier. Une femme brûlant du café et une autre occupée à le moudre.

Les tableaux de Chardin et de Dumesnil, de Greuze, montrent bien que ce grand mouvement des Lumières fermentait dans les diverses structures de la société.

 

P.-L. Dumesnil, Servante habillant des enfants, 1730

 

 

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