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Spiritualité des images

 

Jésus et la jeune danseuse

 

 

Jésus parcourait toute la Galilée, enseignant dans les synagogues, prêchant la bonne nouvelle du Royaume, et guérissant toute maladie et toute infirmité parmi le peuple.

Sa renommée se répandit dans toute la Syrie, et on lui amenait tous ceux qui souffraient de maladies et de douleurs de divers genres, des démoniaques, des lunatiques, des paralytiques; et il les guérissait.

Une grande foule le suivit, de la Galilée, de la Décapole, de Jérusalem, de la Judée, et d'au delà du Jourdain.

Voyant la foule, Jésus monta sur la montagne ; et, après qu'il se fut assis, ses disciples s'approchèrent de lui.

Puis, ayant ouvert la bouche, il les enseigna, et dit :

Heureux les pauvres en esprit, car le royaume des cieux est à eux !
Heureux les affligés, car ils seront consolés !
Heureux les doux, car ils hériteront la terre !
Heureux ceux qui ont faim et soif de justice, car ils seront rassasiés !
Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde !
Heureux ceux qui ont le coeur pur, car ils verront Dieu !
Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu ! Matthieu 4.23 - 5.9

 


Oskar Kokoschka
« Jeune danseuse en robe bleue tenant de la main droite l'ourlet de sa jupe »

 

5 juillet 2005
Cette misérable jeune fille, que Oskar Kokoschka a peinte à Montparnasse n'a rien pour plaire
. Elle est trop maigre, trop moche. Sa robe est minable. Elle ne sourit pas, elle ne regarde personne... Elle danse pourtant, avec élégance, signe d'une vie intérieure qui l'habite...

Quelqu'un m'a dit :

- Il faudrait lui parler de Dieu.

Mais j'ai répondu :

- Dire quoi ?
Que dans sa puissance, Dieu va la faire gagner au loto et lui acheter une robe neuve ?
Que Dieu la rendra riche et belle si elle demande avec foi ?
Que de sa parole apaisante, Dieu lui parlera avec douceur et la consolera en lui faisant accepter son sort ?
Que Dieu lui fera oublier sont triste destin si elle dit des prières ?
Que Dieu l'emmènera dans son paradis après sa mort ?

 

Je l'imagine plutôt assise sur la montagne dans la foule sur la montagne, écoutant Jésus. Jésus qui justement ne parlait pas de Dieu, qui ne disait rien de tout cela. Il disait : « Le Royaume de Dieu s'est approché »

Le Royaume de Dieu n'est pas le paradis après la mort ! C'est une nouvelle réalité qui surgit ici et maintenant lorsqu'on entend Jésus parler, qu'on aime ses propos, qu'on y croit et qu'on entre dans cette nouvelle ambiance.

Matthieu précise que Jésus « enseignait » et « guérissait » et fait suivre cette affirmation de trois chapitres d'« enseignement » (le Sermon sur la montagne) puis de deux chapitres de « guérisons » (le paralysé qui se lève et marche, le lépreux qui va se montrer aux prêtres etc.).

Ces actes de puissance n'étaient pas de simple exaucements surnaturels comme les marabouts en promettent : succès, travail, amour, argent. C'étaient des démonstration du dynamisme créateur de Dieu à l'œuvre dans le monde.

Ces paroles d'enseignement n'étaient pas de simples conseils moraux et apaisants comme les psychologues et les gens bien intentionnés savent en dire : ne vous faites donc pas tant de souci, ne jugez pas, aimez... C'étaient des invitations à une vie digne des enfants de Dieu.

 

Le « Royaume de Dieu » ne se borne pas à des actes de puissance, comme le proposent les faiseurs de miracles.
Le « Royaume de Dieu » ne se borne pas au bonheur mystique apporté par de grandes prières et une contemplation céleste.
Jésus ne disait pas l'une ou l'autre de ces affirmations, il prenait les deux ensemble.

Il ne parlait pas de « Dieu » mais du « Royaume de Dieu ». Le mot « royaume » donne l'idée du concret de la vie, de la réalité immanente, quotidienne.
Le mot « Dieu » (ou « cieux » que les Juifs préféraient) montre qu'il ne s'agit pas d'une réalité habituelle mais qu'elle vient de plus haut ou de plus profond, qu'il s'agit d'un monde transcendant.

.

Je critique un cantique que l'on chantait autrefois : en réduisant l'espérance chrétienne à la transcendance de l'au-delà, en fuyant la vie réelle, le chant de ces paroles n'apportait en réalité aucune joie et aucune force à la vie que Dieu nous donne. Il s'agit réellement de l'« opium du peuple » (aujourd'hui on parlerait de fuite dans le haschich !) :

Je voudrais être un ange
Un ange du bon Dieu.
Vivre au ciel en échange
De ce terrestre lieu.
J'aurais une couronne
En main une harpe d'or.
Vers Jésus sur son trône
Mon chant prendrait l'essor.

Ce monde apparaissait bien ennuyeux à l'enfant que j'étais et n'aurait pas eu grand chose à apporter à la jeune danseuse. L'adulte que je suis en est scandalisé : dans la Présence de Dieu, Jésus, tel que les Évangiles nous le décrivent, ne nous laisse pas nous ennuyer !

.

Le premier mot du Sermon sur la montagne, plusieurs fois répété est « heureux ». Il est enraciné dans le dynamisme de l'Ancien Testament. Chouraki le traduit par « en route ! »
« En route, les pauvres en esprit, les affligés, les humbles »
.
Vision libératrice et dynamisante d'un monde alternatif et nouveau, présent ici et maintenant pour tous ceux qui écoutent ces paroles, les croient et saisissent.

Les pauvres y sont bénis
les artisans de paix survivent
les sans pouvoir héritent de la terre
les paralysés se lèvent quand même et marchent
les lépreux vont quand même se présenter aux prêtres.

Vision encourageante, idéal tonique, dynamique de vie, spiritualité qui guérit, fraternité créatrice.

 

.

Certes, il est plus facile d'être passif et immobile, d'attendre tout de Dieu (ou de la Vierge et des saints auxquels on ne demande que de faciliter des interventions surnaturelles et providentielles !)

L'archevêque de Cantorbéry dans une conférence récente refusait un monde où loes uns pourraient donner et les autres devraient seulement recevoir. Tout le monde doit être en mesure, disait-il, de participer à la vie du monde.

Le « Royaume de Dieu » n'est pas celui de sujets prosternés, attendant tout d'un Empereur plus ou moins bien disposé, dont il faudrait toujours implorer la pitié et qu'il conviendrait de se rendre favorable par des prières suppliantes et répétées, comme on considérait dans l'empire romain à la fois l'empereur tout-puissant et Jupiter.

Jésus disait « ne priez pas comme les païens qui s'imaginent qu'à force de supplications ils seront exaucés » Matthieu 6.7.

Le professeur André Gounelle se refuse à employer le terme de « Seigneur » en parlant de Dieu, précisément pour éviter ce glissement fatal, évoquant décidément trop un ancien Régime.

Le théologien David Boulton propose même de dire « République des cieux ». Il ne pense naturellement pas que la constitution divine pourrait être refusée par un vote de 55 % contre 45 %, mais veut dire que le monde suscité par Jésus implique un engagement personnel de notre volonté dans la Nouvelle Réalité.

La République des cieux est édifiée pierre par pierre par de libres citoyens conscients d'être seuls responsables de ce qu'ils font et de la manière dont ils le font. Les chrétiens ne sont pas des sujets obéissants et passifs mais des militants créateurs et actifs.

 

.

 

Avant de parler de Dieu à quelqu'un, méfions-nous de ce qu'il comprendra : ce mot symbolise pour beaucoup de gens (pour nous aussi sans doute) excommunication, exclusion, nettoyage ethnique, bûchers.
Méfions-nous des doctrine théoriques que les gens ont emmagasinées sur Dieu, le Christ, tel récit biblique compris littéralement.

La République des cieux est en nous lorsque nous nous impliquons avec tous les hommes de bonne volonté

dans la Réalité
qui donne sens à notre existence et à notre univers
dans un élan de vie,
un mouvement de compassion,
de fraternité, de générosité.
Tolérance, souci mutuel, imagination créatrice,
guérison pour notre monde blessé.

 

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