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Le pape à Madrid

 



Julian Mellado Hernandez

pasteur à Madrid

 

 
24 août 2011

Benoît XVI est venu pour la célébration de la Journée Mondiale de la Jeunesse. Des milliers de jeunes du monde entiers sont arrivés dans la capitale espagnole. Nous les avons vu partout, dans les rues, dans les places, dans les parcs... Ils chantaient leur dévotion à l´évêque de Rome. Leurs attitudes étaient exemplaires, bonnes relations avec les citoyens.
 
Comme protestant je n´ai rien contre cette grande rencontre de catholiques. Je ne suis pas d´accord avec beaucoup de choses que le pape a dit. C´est normal. Mais comme citoyen espagnol il y a des choses qui m´inquiètent. Il faut vivre en Espagne pour comprendre ce que l´influence de la visite papale peux signifier.
 
Nous y vivons un conflit entre l´église catholique et la laïcité. A cause des lois sur l´avortement, le mariage d´homosexuels, ou l´enseignement public, depuis que Zapatero est président, vivons une « guerre idéologique » sans précédent dans la démocratie espagnole. L´Église catholique ne veux pas renoncer à son pouvoir sur les consciences des citoyens. Elle veut être présente dans tout les domaines de la société.
 
Le gouvernement à essayé de limiter les privilèges qu´elle a depuis toujours. Et la hiérarchie annonce alors que les catholiques sont en train de souffrir une persécution de la part d´une culture laïque imposée par le gouvernement. Mais il faut connaître l´histoire de ce pays pour comprendre la réalité.
 
L´Église catholique d’Espagne est très traditionnelle, oppressante, intolérante. Les autres religions n´ont pas les mêmes droits qu´elle. Il y a un concordat entre l´État du Vatican et l´État espagnol. Rien de pareil avec les autres confessions religieuses.
Les fêtes populaires, les processions – notamment à Pâques celles de la Vierge - nous montrent la présence constante du catholicisme. Elle a le support des partis de droite, comme c´est le cas du gouvernement autonome de Madrid.
 
Pendant la visite du pape les libres penseurs et les athées ont manifesté contre les frais entraînés par cette manifestation, que tout les madrilènes devrons payer et qu´ils interprètent comme un impôt religieux. Ils ont eu beaucoup de difficultés à obtenir l’autorisation de cette manifestation.
Les libres penseurs sont arrivés à la « Plaza del Sol », où se trouve la mairie, et se sont retrouvés en face les pèlerins. Un conflit s´est produit entre les deux groupes. La police a chargé contre les laïcs qui n´avaient pas l’autorisation de se manifester dans ce lieu.
 
El les catholiques progressistes ?  Ils traversent un temps difficile. Ils veulent rester dans leur Église et en même temps ils désirent la voir changer et adopter une attitude plus ouverte. Ce sont eux qui représentent dans notre pays, la protestation contre l’intolérance ecclésiastique. Mais aussi ce sont eux qui subissent les conséquences de cette opposition.
Un exemple a fait scandale en Espagne. José Antonio Pagola (né en 1937), directeur de l´Institut de Théologie et Pastorale de San Sebastian, a écrit un très beau livre intitulé : « Jesús, una aproximación histórica ». (Jésus, une approximation historique). A la fois très érudit et très compréhensible pour tout le monde. Il expose les recherches sur le Jésus historique, mais aussi pourquoi il est le Christ de la foi, et comment comprendre aujourd´hui la christologie. A la fin du livre, il fait appel à l’Église et à tout les croyant pour revenir à ce Jésus, l’homme de Nazareth, actualiser son message et vivre de sa présence…
Il a été condamné par la hiérarchie, parce qu’il n’enseignait pas la doctrine de l’Église et son livre a été interdit. Le scandale continue.
La dernière homélie du pape a renforcé l´autoritarisme des évêques quand il a dit que « personne peux connaître Jésus seul, sans l´Église ». Les catholiques progressistes, n’y peuvent rien. Ils doivent accepter ce magistère de la hiérarchie.
 
Peut-être pour le reste du monde, ceci n’aura été qu´une manifestation de la Jeunesse catholique. Et c´est vrai. Il y a eu cela sûrement.
Mais dans le contexte de la société espagnole, je trouve qu´il y a d´autres conséquences. A mon avis, c’est le catholicisme traditionnel qui s’est trouvé renforcé ainsi que les partis de droite. Une Église qui veut maintenir son pouvoir sur les conscience. Dans les médias, pendant ces journées, j’ai entendu quelque chose qui m´a bouleversé : « c´est le temps de retrouver l´âme espagnole, c´est à dire, nos racines catholiques ».

Ce langage effraye tous les Espagnols qui ne sont pas catholiques : nous qui sommes athées, agnostiques, musulmans, juifs, évangéliques, protestants, etc…que sommes-nous donc ?
 
Benoît XVI est reparti. Les jeunes catholiques ont vécus des expériences diverses. Je les ai vus joyeux. Je n´ai rien contre. Quant à tous les autres, il faudra voir...

 

 

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