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Dieu, le soleil et nous

 

 

Julian Mellado

pasteur à Madrid

 

 

4 juin 2012

Il fut un temps où l’on croyait que le soleil était un être divin. Certaines cultures de l’antiquité en ont développé un véritable culte ; on a construit des temples et élaboré des théologies. Nous pouvons certes trouver cela absurde, mais ils exprimaient ce qu’ils observaient avec beaucoup de sens commun : L’hymne à Aton (le disque solaire) d’Akhenaton est un texte plein de sensibilité et d’une profonde spiritualité.

C’est ainsi qu’à l’époque on pouvait concevoir cet « être » qui se cachait la nuit, réapparaissait le matin et donnait lumière et vie. Les hébreux pensaient qu’une telle conception était le fait d’ignorants et d’idolâtres, comme nous le pensons aussi aujourd’hui. Le récit de Genèse 1 dit que le soleil n’est qu’une chose, un astre, créé par Dieu, qui n’est pas divin et ne doit donc pas être adoré (Gen 1,14-19).

C’est une véritable désacralisation ! De plus le texte dit qu’il n’a été créé que le « quatrième jour » et ne bénéficie pas d’une place centrale dans la création.

Ensuite, au cours des siècles, on a pensé que le soleil tournait autour de la terre, puisque celle-ci occupait le centre du récit biblique. Des théologies diverses ont défendu cette idée pendants des siècles.

Les choses ont commencé à changer lors du développement de l’astronomie, notamment avec l’invention du télescope. On a pu constater que c’était la terre qui tournait autour du soleil. Pour beaucoup de croyants cela fut un scandale dans la mesure où cette conception semblait révéler que la Bible s’était trompée.

Galilée expliquera que la Bible n’est pas un livre de science mais manifeste d’autres préoccupations et qu’il n’y a pas de problème à accepter ces nouvelles idées. L’erreur était d’avoir pris la Bible pour ce qu’elle n’est pas. Aujourd’hui, personne n’a de difficulté à accepter la théorie héliocentrique.

Pourquoi dire ceci ? L’humanité a subit ce que nous appelons des changements de paradigmes. Un paradigme est la référence culturelles que nous employons pour comprendre la réalité. Le soleil fut d’abord divin, puis fut désacralisé, il devint le centre de l’univers, plus tard il fut à nouveau déplacé au cœur d’une galaxies.

Peut-on poser la question : Ne plus croire au Dieu Soleil Aton implique-t-il que nous ne croyons pas à l’existence du soleil ? Nous savons qu’il n’est qu’un astre, autour duquel tourne la terre. Cela signifie-t-il que le soleil que voyaient les anciens n’est pas le même que celui que nous voyons aujourd'hui ? Bien sûr que non ! Le soleil est toujours le même, c’est nous qui avons changé notre regard.

Quel rapport tout ceci a-t-il avec Dieu ? C’est qu’il nous faut de même penser et dire Dieu en accord avec notre paradigme culturel actuel. Il n’y a pas de quoi en être effrayé. La Bible elle-même ne nous dit pas autre chose. Par exemple on croyait que Dieu habite réellement au ciel en un lieu concret. Par contre l’apôtre Paul dit autre chose : « en lui nous avons la vie, le mouvement et l’être » (Actes 17,28). Si nous sommes « en Dieu » nous sommes donc situés en lui. Nous n’allons pas vers lui, nous sommes déjà en lui.

Les auteurs bibliques ne cherchaient pas à décrire Dieu ; ils exprimaient leur expérience en utilisant les références linguistiques et culturelles disponibles en leur temps. Leur expérience fondatrice a, certes, été exprimée dans le langage d’une époque mais elle demeure permanente à travers les siècles. A nous de la traduire dans le contexte qui est le nôtre.

Il nous revient de rendre compte du mystère qui nous habite, de l’étrange Présence qui nous vivifie, de la Voix qui nous interpelle, de la Source de vie et d’amour qui monte en nous.

Les athées critiquent les images de Dieu qui sont devenues aujourd'hui non crédibles. Certains croyants croient devoir maintenir ces images qu’ils croient sacrées et intouchables. Mais ils donnent par là des arguments aux athées. Paul a pourtant montré le chemin à suivre : Il faut actualiser, réinterpréter, exprimer à nouveau, l’expérience fondatrice, pour qu’elle parle encore aux hommes et femmes du 21e siècle.

Serait-ce que si une représentation de Dieu est devenue obsolète, nous n’avons plus rien à dire ? Y aurait-il une seule manière de dire Dieu ? Ne faut-il pas plutôt rechercher d’autres images, d’autres métaphores ? Nous ne trouverons pas tous les mêmes expressions. Le divin ne peut pas être enfermé dans un discours unique. Mais il convient cependant d’en parler de manière identifiable, tenir un discours clair.

En tant que chrétiens, nous avons notre « télescope » qui nous permet de voir. Et notre longue vue est Jésus de Nazareth. Il nous a enseigné que, quelle que soit notre conception de Dieu, il faut l’identifier à la Bonté : « Pourquoi m’appelles-tu bon ? Personne n’est bon, si ce n’est Dieu seul. » (Marc 10,18)

Nous n’avons pas une connaissance directe de Dieu, mais nous pouvons vivre de sa Présence : « Dieu est amour » disait Jean et lorsque nous aimons, il est présent. La bonté est faite de compassion. Le philosophe espagnol Jose Antonio Marina dit expressément que Dieu est « action de compassion ». C’est en aimant son frère, celui qui est différent, que l’on fait l’expérience de la divinité.

Les paradigmes peuvent changer, ce qui demeure est cette présence du Dieu-Bonté au cœur de nos vies.

 

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