Spiritualité
John
S. Spong
La prière
9 février 2010
Question
J’ai une problème avec la prière. Durant tant d’années j’ai commencé mes prières en disant « Dieu miséricordieux, aie pitié de moi ». On m’a tellement appris à être culpabilisée et à me sentir indigne que j’ai de la peine à prier de manière positive.
Réponse
Beaucoup ont fait la même expérience que vous. Mais regardez à quelle conception de Dieu cela vous a menée. Vous le considérez comme un Père puissant demeurant au ciel et cette idée provoque naturellement en vous crainte et sentiment d’indignité. Vous dites vous-même que vous vous sentez incapable de satisfaire à ce que vous pensez être ses exigences. Sans doute parce qu’on a vous a répété que Dieu est un juge qui sonde nos cœurs, pénètre nos désirs et connaît tous nos secrets : qui n’en serait effrayé et ne se sentirait coupable devant une autorité qui nous connaîtrait si bien ?
Un tel Dieu pourrait être évidemment très utile pour contrôler la conduite des fidèles. Mais dans le Quatrième évangile, Jésus dit qu’il est venu « afin que ses brebis aient la vie, et qu'elles soient dans l'abondance » (Jean 10.10) et vous voyez bien que son but ne sera jamais atteint si l’on pratique une prière basée sur l’idée d’un Dieu culpabilisant et provoquant la crainte.
Au fond, ce que vous cherchez n’est pas tant une prière positive que plutôt une compréhension nouvelle de la vie et de l’influence réelle que Dieu peut y exercer et cela, on ne peut pas l’expliquer en quelques mots.
C’est aussi la raison pour laquelle tant de gens ont de plus en plus de difficultés à participer à la vie de l’Église où ils ressentent plus de culpabilité que de paix, plus de crainte que de confiance et rencontrent plus l’esprit de jugement que l’Esprit de Jésus.
Si dans notre prière nous prenons conscience que Dieu est vie, amour et fondement de notre être, alors voyez comme elle concernera plus notre être profond que nos actions.
Traduction Gilles
Castelnau
Retour vers "John
Spong"
Vos
commentaires et réactions