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Les récits de Noël

 


24 décembre 2009

Question

Je suis un chrétien progressiste. La célébration de Noël à laquelle je vais participer, avec la liturgie et son imagerie traditionnelle, va m’obliger à abandonner ma conception théologique. Comment puis-je à la fois, la vivre et demeurer fidèle à mes connaissances ?

 

 

Réponse

Il est clair que la plupart des gens ont une compréhension littérale des images que les évangélistes Matthieu et Luc ont utilisées dans  leurs récits de la naissance de Jésus (Matthieu 1-2, Luc 1-2). Mais il me paraît évident que ni l’un ni l’autre ne les ont rédigées comme des événements qui se sont réellement passés. La grande majorité des biblistes le pensent aussi.

C’est un fait que les étoiles ne se déplacent pas dans le ciel assez lentement pour que des mages puissent les suivre. Les anges ne traversent pas le ciel à minuit pour chanter dans les champs devant les bergers. Les hommes ne suivent pas un étoile dans un pays étranger pour rendre hommage à un roi nouveau-né, surtout si le récit précise qu’il est le fils d’un charpentier. Aucun chef d’état, même pas le roi Hérode, n’enverrait des mages orientaux qu’il n’avait jamais vus, pour être sa CIA et lui rendre un rapport sur la menace qu’encourt son trône. Tout cela est légendaire.

Une étoile ne conduit par les mages sur les 9 kilomètres de Jérusalem à Bethléem pour illuminer ensuite la maison où est l’enfant afin de le leur désigne. Des mages n’apportent pas en dons à un enfant l’or personnifiant la royauté, l’encens désignant la divinité et la myrrhe signifiant la mort : personne ne peut avoir de tels pressentiments.

Les vierges ne sont enceintes que dans la mythologie – ce dont il y a d’ailleurs de nombreux exemples dans le monde méditerranéen. Les rois ne donnent pas l’ordre de revenir dans son lieu de naissance pour établie la liste des contribuables. Retourner dans la « ville de David » pour Joseph qui en était descendant impliquerait qu’après 1000 ans et 50 générations au moins, les descendants de David - qui avait tant de femmes et de concubines - se comptant alors par milliards, cherchent tous de la place dans le bourg de Bethléem : Il n’est pas étonnant qu’il n’y ait plus eu de place pour eux dans l’hôtellerie !

Un homme n’entraîne pas sa femme sur le point d’accoucher dans un voyage de 150 kilomètres de Nazareth à Bethléem afin de faire naître le messie attendu dans la ville de David. Un femme me disait : « seul un homme sans enfant a pu écrire une telle histoire ! ». Aucun roi, pour se débarrasser d’un prétendant au trône, ne ferait assassiner tous les petits garçons d’une ville, alors que tous les habitants savaient parfaitement quelle maison avait été désignée par le survol d’une étoile et la visite des mages !

Matthieu et Luc étaient évidemment conscients d’utiliser ces récits dans le seul but de manifester la puissance de Dieu à l’œuvre plus tard dans le ministère de Jésus de Nazareth.
Matthieu a pris son idée des mages dans Esaïe 60 qui dit :

Sur toi sa gloire apparaît.
Des nations marchent à ta lumière,
Et des rois à la clarté de tes rayons…
Ils portent de l'or et de l'encens,
Et publient les louanges de l'Éternel.

Matthieu s’est également inspiré d’autres textes bibliques, comme celui que la visite de la reine de Saba au roi Salomon à qui elle a offert des épices (la myrrhe) :
I Rois 10.2 Elle arriva à Jérusalem avec une suite fort nombreuse, et avec des chameaux portant des aromates, de l'or en très grande quantité, et des pierres précieuses.
Matthieu s’est aussi inspiré de l’histoire Balaam (Nombres 22-24) dans laquelle il y a une étoile venue de l’est, ainsi que de l’histoire du Pharaon qui, du temps de Moïse, fait tuer les petits garçons.

Le message de ces récits est :
.1. Une simple vie humaine n’aurait pas pu provoquer la présence de Dieu que les gens ont cru rencontrer avec Jésus.
.2. L’importance de sa naissance a été présenté de manière symbolique par les signes divins qu’étaient l’étoile pour Matthieu et les anges pour Luc.
.3. On a cru voir le ciel et la terre se réunir dans la vie de Jésus, la divinité et l’humanité fusionner.
.4. Dans le judaïsme de l’époque,  la figure du messie avait plusieurs facettes. Le messie devait à la fois être un nouveau Moïse et l’héritier du trône de David. Un nouveau Moïse car, dans le récit de Matthieu, Jésus a été ramené d’Égypte comme Moïse – et le peuple - avaient également été sortis d’Égypte
par Dieu. Héritier de David car son lieu de naissance de Bethléem – et non Nazareth où il est probablement né - était aussi le lieu de naissance de David.
.5. Jésus réunit autour de lui le monde des païens comme les mages et les humbles comme les bergers.

Ces diverses significations du ministère de Jésus n’étaient pas connues dès les origines. Elles ne datent que des années 90. Ni Paul, ni Marc ne les connaissaient. Jean, le dernier évangéliste doit les avoir connues mais il ne les mentionne pas dans son évangile. A deux reprises, il appelle Jésus « fils de Joseph ».

Ces explications montrent que les auteurs des récits bibliques de Noël n’avaient en aucun cas l’intension d’écrire des récits de signification littérale et historique. Ils traduisaient la signification qu’ils avaient trouvée dans le ministère de Jésus.

Si l’on est conscient de cela, il n’y a pas de raison pour laquelle on ne pourrait pas chanter les cantiques mentionnant les mages et les bergers à Bethléem, même s’il n’y a jamais eu de véritables berger à la crèche de Bethléem et s’il est vraisemblablement né à Nazareth, comme Marc l’atteste.

On ne croit pas que le Père Noël demeure véritablement au Pôle Nord d’où il apporte à Noël des cadeau aux enfants du monde dans un traîneau attelé de rennes. Et pourtant on chante des chansons qui lui sont adressées sans problèmes métaphysiques.
Je vous suggère de bien distinguer la fantaisie et l’histoire afin de vous faire plaisir avec les féeries de saison.
Rêvez des anges qui chantent : « Paix sur la Terre parmi les hommes de bonne volonté » et impliquez-vous dans le grand mouvement qui consiste à réaliser cette vision.

Vous serez alors en harmonie avec les évangélistes.


Traduction Gilles Castelnau

 

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