Spiritualité
John
S. Spong
Dieu
20 octobre 2009
Question
Je suis très embarrassé. Je suis incapable de me représenter Dieu comme un grand Père Noël demeurant au ciel. Je ne peux pas me le représenter comme un vieillard, juge et créateur de l’univers. L’idée d’un être jaloux, coléreux et vengeur me répugne. Le résultat est que je n’ai plus personne à qui adresser mes prières, personne pour me réconforter, personne pour m’aimer inconditionnellement (à part mon chien).
Réponse
Remerciez Dieu pour votre chien !
Le fait que vous ne pouvez pas vous représenter Dieu comme un Père Noël demeurant au ciel est une marque de maturité. Il vous reste à réfléchir à l’immaturité de vos prières. Le plus difficile à abandonner dans notre progrès spirituel est l’image d’un Dieu père qui écoute nos demandes et nous aime inconditionnellement. Mais on peut penser à Dieu autrement.
Alfred North Whitehead a conçu Dieu comme un Processus et Paul Tillich comme le fondement de l’Être. La difficulté est que nous utilisons le langage humain du temps et de l’espace pour décrire une expérience et une réalité qui n’est pas liée au temps et à l’espace. Quand je dis « Dieu », je ne parle pas d’un être. Je décris le sentiment de transcendance que je crois avoir rencontré dans le temps et l’espace.
Je crois que je fais l’expérience de la présence de Dieu en une vie pleinement vécue, dans un amour totalement donné, un être complètement réalisé. Je ne peux pas dire vraiment qui est Dieu ou ce qu’il est. Je peux seulement décrire l’expérience que j’en fais. Je me fais peut-être des illusions, comme beaucoup de gens, mais je ne crois pas.
Je parle comme les mystiques lorsque je dis que je suis une partie de Dieu. Dieu demeure en moi, aime par moi,et me rend capable d’abandonner l’instinct de vie qui se trouve en tout être vivant afin d’être capable de renoncer à ma vie. C’est là le rôle du Christ et que pense que c’est aussi le rôle que ses disciples sont appelés à suivre.
Je suis alors entraîné par Dieu au delà de mes limites et Dieu devient réel pour moi lorsque j’entreprends de vivre, d’aimer et de vivre vraiment.
Je ne suis donc jamais seul sans personne à qui adresser mes prières. Je suis même au contraire profondément intégré en Dieu, je suis dans une addiction de Dieu tout en manquant des mots pour dire ce Dieu en qui j’ai la vie, le mouvement et l’être. Je ne doute pas un instant de la réalité que j’expérimente sans pouvoir la définir.
Est-ce que cela vous aide ? Caressez donc votre chien pour moi.
Traduction Gilles
Castelnau
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