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John S. Spong

 

Je suis le chemin
la vérité et la vie

 

11 août 2009

Question

Que penser du passage de l’Évangile de Jean : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. » (Jean 14.6)

 

 

Réponse

1. Jésus a-t-il effectivement prononcé ces paroles ? J’en doute. Elles n’apparaissent que dans le Quatrième Évangile qui a été rédigé 65–70 ans après la mort de Jésus. Elles font aussi partie des paroles en « Je suis » qui n’apparaissent que dans Jean et que la plupart des biblistes considèrent aujourd’hui comme des mots que la communauté chrétienne a placés sur les lèvres de Jésus. Il est clair que le Jésus historique ne les a pas lui-même prononcés. Les biblistes du « Jesus Seminar » considèrent qu’aucun des mots attribués à Jésus dans le Quatrième Évangile n’a pu être prononcé par le Jésus de l’histoire.

2. A l’époque où l’Évangile de Jean a été écrit, la plupart des chrétiens étaient encore juifs. Les juifs disciples de Jésus venaient d’être expulsés de la Synagogue. Les tensions entre les juifs-révisionnistes disciples de Jésus et les juifs-orthodoxes rattachés au Temple sont à l’arrière fonds du quatrième Évangile.

3. Cette parole n’avait certainement pas pour but d’alimenter une campagne impérialiste de conversion des juifs comme ce fut le cas par la suite. La rupture entre les juifs orthodoxes et les juifs disciples de Jésus n’eut pas lieu avant au moins 60 ans après la crucifixion. C’est donc que le christianisme a été durant ses 60 premières années un mouvement juif à l’intérieur de la Synagogue.

4. Je suis actuellement en train de lire « l’Évangile de Jean » de Rudolf Bultmann. Il explique - de manière qui me semble convaincante - que Jean présente Jésus comme le logos incarné dans la vie humaine qui nous appelle à approfondir notre propre humanité.
Venir au Dieu qui est présent en Jésus signifie, pour Jean, que l’on découvre le logos en chacun de nous. C’est là, dit Bultmann, ce que comprenaient les disciples contemporains de Jésus, c’est cela qui était pour eux l’unique voie vers la réalité fondamentale qu’ils appelaient Dieu. Et non un dogme abstrait auquel il faudrait adhérer.
Cela ne signifie naturellement pas que seuls ceux qui croient ce qu’enseigne le christianisme entreront dans le Royaume des cieux.

On se souvient de la parabole du Jugement en Matthieu 25 où Jésus dit que le critère d’entrée dans la vie éternelle n’est pas ce que l’on croit mais la manière dont on répond à la présence de Dieu dans les autres êtres, particulièrement ceux qui sont les moindres de nos frères et sœurs.  Dans cette parabole on ne demande ni aux brebis ni aux boucs quel est leur credo mais s’ils ont reconnu la présence de Dieu en un autre homme.

L’épître de Jean dit que si l’on ne peut pas aimer son prochain que l’on voit, on ne peut aimer Dieu qu’on ne voit pas. (I Jean 4.20).

Ceux qui s’appuient sur l’Évangile de Jean pour valider leurs préjugés religieux exclusivistes n’ont tout simplement rien compris à la pensée de Jean.

 

 

Traduction Gilles Castelnau

 

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