Spiritualité
John
S. Spong
La prière
29 mai 2009
Question
« Un Dieu qui sauverait la vie d’un enfant atteint d’un cancer en réponse aux prières de ses parents et qui laisserait mourir celui pour lequel on n’a pas tant prié, serait un Dieu monstre ». J’admets tout à fait cette idée. Mais elle me pose question en ce qui concerne la prière de demande.
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Réponse
On peut parler de Dieu jusqu’à plus soif mais cela ne sert à rien aussi longtemps qu’on n’a pas traduit sa conception de Dieu en prière. Notre manière de prier révèle notre conception de Dieu. Parler de la prière revient à définir qui est le Dieu que l’on prie. En d’autres termes, il faut répondre à la question : « qui écoute nos prières ? »
La plupart des gens ont une conception de Dieu très traditionnelle. Dieu serait un être personnel bénéficiant de pouvoirs surnaturels et qui demeure « au ciel » quelque part en dehors du monde.
Cette idée de Dieu est très ancienne mais l’avancement des connaissances scientifiques la rendent non crédible. Il n’y a pas de déité surnaturelle protectrice, dans le cosmos, qui tiendrait les registres divins de notre conduite et serait prêt à intervenir à tout moment dans notre histoire des hommes en réponse à nos prières. Pour beaucoup de gens, la prière ressemble aux lettres que des adultes écriraient au Père Noël.
Prendre conscience de ce problème que pose désormais la prière amène - si l’on ne veut pas devenir tout simplement athée - à remettre en question notre conception de Dieu : Par exemple, au lieu de concevoir Dieu comme une personne surnaturelle ne convient-il pas de le penser comme une force présente en moi et rejaillissant à travers moi. Car dans ce cas la prière se fait méditative et la prière de demande appel à l’action.
Et la vie spirituelle n’est plus l’attitude enfantine quêtant l’approbation d’un Père tout-puissant mais elle se devient exploration des profondeurs de notre cœur et découverte du mystère de Dieu. Elle nous fait progresser dans l’union avec la source de la vie et de l’amour. Elle nous fait découvrir ce que Paul Tillich appelle le Fondement de l’Être.
Traduction Gilles
Castelnau
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