L'évêque
J. Spong
La doctrine du
salut
sera-t-elle la mort de l'Église ?
Évêque
John Spong
9 septembre 2004
Je dirais plutôt que c'est la doctrine du « salut
substitutif » qui tuera
l'Église. Je ne suis d'ailleurs enthousiaste d'aucune doctrine
de
« salut » :
elles partent toutes du principe d'une « Chute » initiale, d'un « péché
originel » dont nous
serions les victimes impuissantes. Elles présentent toutes
Jésus comme un sauveur providentiel qui aurait payé sur
la croix le prix exigé par Dieu pour nous délivrer du
péché du monde.
C'est de là que vient le mantra chrétien,
inlassablement répété à travers les
âges : « Jésus est mort pour mes
péchés ».
Pourquoi Dieu réclamerait-il un
sacrifice humain et exigerait-il que
le sang coule ? Comment sa supposée justice
offensée serait-elle satisfaite par la mort de
Jésus ? Ces doctrines de « salut » n'impliquent-elles pas un Dieu violent et
sadique ?
Cette doctrine a beau être traditionnelle, personnellement elle
me paraît malsaine.
D'ailleurs, s'il y a eu la
« Chute », il a
donc dû y avoir, avant elle, un temps de perfection dans le
jardin d'Eden. Mais ce n'est pas ainsi que je conçois
l'histoire de l'humanité. Je suis post-darwinien : je
crois que la vie a lentement émergé au cours d'un long
processus d'évolution qui a peut-être duré quatre
milliards d'années. Rien ne me paraît démontrer
que nous soyons des « pécheurs
déchus » qu'il
faudrait « sauver», mais tout me paraît prouver que nous sommes
des humains encore inachevés qui ont besoin d'être
dynamisés pour achever leur évolution.
Je ne conçois pas le Christ comme sauvant des pécheurs
déchus mais comme nous donnant de pouvoir être plus que
nous ne sommes.
Je n'emploie donc pas le mot de
« salut » mais
celui de « dynamisme ». C'est une nouvelle manière de comprendre le
salut et la foi chrétienne dans le monde de demain.
Traduction Gilles
Castelnau
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Spong"
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