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L'évêque J. Spong

 

 

Question

Le « sacrifice du Christ »

 

8 mai 2006

La Bible interdit les sacrifices d'enfants. Comment dès lors peut-on expliquer l'horrible mort de Jésus en disant « Dieu a sacrifié son Fils » ?

Je pense tout simplement que l'Église menace les gens de damnation éternelle pour les tenir en mains.

 

.

 

Réponse

 

Évêque John Spong

 

Vous avez absolument raison. Il nous faut être conscients de cette idée de sacrifice afin de nous en débarrasser. Mais elle nous a pénétrés si profondément que nombreux sont ceux qui s'imaginent qu'elle fait intrinsèquement partie du christianisme.

Les sacrifices d'enfants étaient pratiqués primitivement même dans le judaïsme, comme le montre l'histoire du sacrifice d'Isaac. Ils ont été ensuite remplacés par des sacrifices d'animaux. Les rites de la Pâque et du Yom Kippour comprenaient le sacrifice de l'agneau de Dieu, dont on disait que le sang purifiait le peuple de ses péchés.

Il était inévitable que la crucifixion de Jésus soit interprétée à la lumière de ces deux traditions religieuses juives. Paul appelle Jésus « notre agneau pascal » I Corinthiens 5.7 et on trouve les symboles du Yom Kippour en plusieurs endroits, notamment dans les phrases « il est mort pour nos péchés », Romains 6.10, « il a donné sa vie comme la rançon de la multitude » Matthieu 20.28, « voici l'agneau de Dieu qui enlève le péché du monde » Jean 1.29.
Même le passage du récit de la crucifixion où il est dit qu'aucun de ses os n'a été brisé Jean 19.36 se réfère à la liturgie du sacrifice du Yom Kippour.

C'est ainsi qu'au 1er siècle les juifs ont interprété la mort du Christ, mais nous ne sommes pas obligés de faire comme eux. Notre société est, aujourd'hui, particulièrement choquée par les violences faites aux enfants et les sacrifices d'animaux.

Dire que la mort de Jésus a été un sacrifice exigé par Dieu pour ôter les péchés du monde induit une idée barbare de Dieu, fait de Jésus la victime d'une divinité sadique, introduit dans le christianisme une conception masochiste et contredit absolument l'Évangile qui dit que Dieu est amour et qu'il nous appelle à aimer.

Pourquoi ne pas voir la croix comme l'expression ultime de fidélité à sa vocation de celui qui a accepté de mourir plutôt que de la trahir ? Ou comme la preuve que lorsqu'on tue l'amour de Dieu on est pourtant aimé par Dieu ? Ne pouvons-nous pas nous débarrasser de la culpabilisation qui émane de l'affirmation - religieuse mais aliénante - « Jésus est mort pour mes péchés » ?

Je suis convaincu que l'avenir du christianisme se trouve dans notre capacité à abandonner le langage du sacrifice et de la punition et à parler de Jésus comme de celui qui nous donne la capacité de vivre pleinement, la grâce d'aimer vraiment et le courage d'épanouir nos potentialités.

 

 

Traduction Gilles Castelnau

 

 

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