Spiritualité
Réponses
d'un évêque épiscopalien
John
S. Spong
Une Église dépassée
par le monde moderne
13 décembre 2008
Je ne me sens vraiment pas à l’aise dans mon église qui a des textes et une prédication inacceptables dans le monde moderne.
.
Je vous comprends. J’ai moi-même été dans des paroisses où la musique et les chœurs étaient magnifiques mais où la liturgie était médiévale et complètement déconnectée du monde actuel. Les célébrants en étaient tous des hommes et ils semblaient inconscients de l’ évolution de la théologie à laquelle on assiste depuis un siècle. Leurs paroles semblent appartenir à un monde qui a complètement disparu. Ils parlent de Dieu comme d’un « Être » demeurant en dehors du monde, vraisemblablement quelque part au-dessus du ciel, qu’il convient de flatter par nos prières et nos cantiques et qui menace toujours de nous juger.
Ces églises semblent ignorer le considérable travail biblique qui a été accompli depuis bientôt 200 ans. On y lit l’épître de Paul aux Éphésiens ou celles à Timothée qui ont probablement été écrites par des disciples de Paul mais certainement pas par lui-même sans rien préciser de la sorte. Les sermons semblent partir du principe que les récits des évangiles sont d’une vérité historique incontestable, que les mages ont vraiment suivi une étoile qui allait devant eux et que Jésus a réellement prononcé toutes les paroles que les évangélistes lui attribuent.
La formation des adultes est pratiquement inexistante dans la plupart des églises car la liturgie y bénéficie d’une priorité absolue et le temps est mesuré pour la réflexion.
Les prêtres et les pasteurs sont certainement aimables, bienveillants et sympathiques mais ils ont souvent été instruits dans l’idée que le christianisme est au centre du monde, alors que nous ne sommes évidemment plus au 13e siècle !
Je pense que, néanmoins, nous ne devons pas abandonner notre église, aussi lamentable et ennuyeuse qu’elle puisse être, car le changement ne peut venir que de l’intérieur et je ne voudrais pas manquer d’y participer.
Mais je reconnais qu’il s’agit d’une vocation qui n’enthousiasme guère la génération actuelle.
Si seulement les églises acceptaient de chanter au moins une fois un cantique qui ne soit ni une vague petite ritournelle ni un poème datant du 19e siècle...
Traduction Gilles
Castelnau
Retour vers "John
Spong"
Vos
commentaires et réactions