Protestants dans la Ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Hébreu biblique

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs

 

Roger Parmentier

Articles

La Bible « actualisée »

 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 

JULIAN MELLADO

Textos en español

Textes en français

 

Giacomo Tessaro

Testi italiani

Textes en français

 

Peut-on être chrétien
sans être théiste ?

Can One Be a Christian without Being a Theist ?

John S. Spong

(larges extraits)

 

6 octobre 2002

On nomme « théisme » la théorie qui conçoit Dieu comme un Être extérieur au monde, au pouvoir surnaturel, qui agit sur le monde pour l'amener à l'obéissance et l'ouvrir à sa Présence. Le Dieu théiste est forcément toujours décrit, de manière humaine, comme une personne animée d'une volonté propre, qui aime, récompense ou punit.
Les liturgies des Églises chrétiennes, notamment les recueils anglicans, s'expriment de manière théiste : Dieu y est présenté comme un Être céleste, qui apprécie nos louanges, écoute nos confessions, nous révèle sa volonté sainte et nous appelle à une vie spirituelle en communion avec lui.

Le théisme est si universellement admis que le rejeter est considéré comme a-théisme, rejet de Dieu lui-même. Mais dans notre monde où, actuellement, la conception théiste perd de sa pertinence, commence à se poser, qu'on le veuille ou, la question du théisme :« peut-on être chrétien sans être théiste ? »

Le théisme était autrefois la théorie commode permettant d'attribuer à la toute puissance de Dieu les événements qui dépassaient la compréhension humaine : catastrophes météorologiques, maladies, morts subites, malheurs de toutes sortes. Mais aujourd'hui la médecine diagnostique et traite les maladies sans référence à Dieu et notre société sécularisée ne met plus en relation avec la volonté divine les tragédies que sont les accidents d'avion, l'épidémie de SIDA, etc.
Aujourd'hui, devant une mort soudaine, on pratiquera une autopsie qui révélera un infarctus ou une hémorragie cérébrale, sans que personne ne s'interroge sur les raisons que pourrait avoir eu l'Être Suprême théiste de punir cette personne en particulier.

Les météorologues observent la formation des cyclones dans les zones de basse pression de l'hémisphère sud et suivent leur itinéraire jusqu'à ce qu'ils aient déchargé sur terre vent et pluie, ou qu'ils se soient apaisés dans l'air froid et dense de l'hémisphère nord. Personne n'interprète ces phénomènes naturels comme des châtiments infligés par Dieu à une région, un peuple ou une nation particulièrement coupable.

Il fallait la réflexion particulièrement naïve du télévangéliste américain Pat Robertson pour prétendre, il y a quelques années, que ses prières pourraient détourner un cyclone de son entreprise de radio et de télévision, à Norfolk en Virginie. On pourra remarquer que M. Robertson n'a pas prié pour calmer le cyclone, mais seulement pour en détourner l'itinéraire destructeur. D'ailleurs Pat Robertson ne s'est pas préoccupé de ce qui arriverait à ceux sur lesquels ses prières auraient détourné la tempête !

Un théologien anglais, Michael Goulder, perdit la foi, lorsqu'il se rendit compte que le Dieu traditionnel du théisme« n'avait plus de raison d'être », alors qu'on ne faisait plus appel à lui pour expliquer les mystères, soigner les maladies, diriger les éléments, conduire les guerres, punir les pécheurs et récompenser les fidèles.
En fait, le Dieu extérieur au monde, qui intervient périodiquement de façon surnaturelle dans les affaires du monde pour les diriger selon sa volonté, a réellement disparu de notre pensée collective, bien que, dans nos lieux de culte on continue à lui rendre un hommage officiel.

Quel avenir le XXIe siècle ouvre-t-il dans ces conditions, à notre christianisme ? Il s'agit-là du problème théologique majeur qui se pose à notre génération. La pensée chrétienne s'est structurée autour du concept théiste ; la personne de Jésus a été généralement interprétée comme l'incarnation du Dieu théiste ; le « Père » dont il venait accomplir la « volonté » était conçu comme un Être suprême surnaturel, extérieur au monde ; et la mort du Christ sur la croix comme le sacrifice offert à ce Dieu pour mettre fin à la rupture séparant l'homme de son Créateur.

Les théologiens ont ainsi développé la théorie du « Péché originel » et de la « Chute » ; ils ont expliqué le rôle capital de la Croix dans le drame du salut souligné le pouvoir de guérison du sang du Christ. Mais le monde ne croit plus à cette Divinité irritée exigeant un sacrifice et cette interprétation de la croix du Christ perd sa signification.
Dans un monde qui, depuis Darwin et sa théorie de l'Évolution, ne conçoit plus que la création soit achevée par Dieu et parfaite, mais l'imagine en évolution continue, la doctrine de la chute du monde, jadis parfait, dans le péché et dans la mort, n'est plus crédible.

L'idée même d'un Dieu exigeant la mort de son Fils sur la croix pour payer le prix des péchés, est désormais inacceptable : un parent humain réclamant la mort de son enfant pour faire réparation d'une rupture, serait soit arrêté par la Justice, soit enfermé pour trouble mental.
Et pourtant ces images, issues de l'ancienne conception théiste, qui ont perdu tout sens et sont même devenues source de répulsion, font toujours la trame de nos liturgies.
La question fondamentale se pose à nous : la foi vivante dont nous avons besoin pourra-t-elle refleurir sur les décombres des anciens concepts théistes ? Les conservatismes théologiques refusent cette question. La société déchristianisée l'ignore en rejetant totalement Dieu.

Nous pensons retrouver Dieu en abandonnant le théisme. C'est un nouveau langage qu'il faut rechercher pour traduire à l'intention de nos contemporains la foi d'hier dans les catégories de demain.

 

Traduction Gilles Castelnau

 

 

Retour vers la page d'accueil
Retour vers "John Spong"
Retour vers théisme, panthéisme
Vos commentaires et réactions

 

haut de la page

 

 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : Gilles Castelnau
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque.