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John S. Spong

 

On n'est pas obligé
d'être théiste

 

 

25 juin 2016

Question


Pourquoi, si l’on quitte le théisme surnaturel, ne pas entrer directement dans l’humanisme séculier ? Après tout les formes intermédiaires entre théisme et humanisme ne peuvent jamais être expliquées de manière rationnelle.

 

 

Réponse


Je rejette le théisme surnaturel comme étant une tentative humaine inadéquate de rendre compte du sentiment de la présence de Dieu. Le théisme définit Dieu comme étant un être à la puissance surnaturelle, demeurant quelque part à l’extérieur du monde et capable d’y intervenir de manière miraculeuse.

Nous devons maintenant rendre compte de façon nouvelle de notre expérience de la transcendance. Je ne pense pas que l’humanisme séculier soit la meilleure manière.

C’est le théologien protestant allemand Paul Tillich qui m’a le premier montré à ne plus considérer Dieu comme un Être mais comme l’« Être » lui-même. C’est évidemment encore une formulation humaine et donc inadéquate pour capturer l’essence même de Dieu, mais c’est un pas dans la bonne direction.

L’humanisme est une bonne chose, mais l’ « humanisme séculier » n’a pas l’envergure suffisante pour rendre compte de ce que j’appelle mon « expérience de Dieu »
Il  y a une dimension de la vie que j’appelle « l’Autre » et dont on ne peut parler qu’en termes d’émerveillement et de mystère, ce que le mot « séculier » ne peut faire.

Je me considère tout à fait comme un humaniste et je pense que le christianisme, quand on le comprend correctement, est profondément humaniste. Sinon comment comprendre les mots que l’auteur du 4e Évangile a mis dans la bouche de Jésus : « je suis venu afin qu’ils aient la vie et qu’ils l’aient en abondance ».

 

 

Traduction Gilles Castelnau

 

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