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Judas

John Shelby Spong

 

 

traduction Gilles Castelnau

 

10 mars 2016

La figure de Judas qui surgit lorsque le récit de Marc a été publié représente-t-elle réellement un personnage de l’histoire ? Mon étude des textes m’amène à la conclusion qu’elle est une invention du christianisme primitif destinée à transférer des Romains aux Juifs la culpabilité de la mort de Jésus. Il est donc plutôt un symbole qu’une personne.
Voici les raisons qui m’ont conduit à cette conclusion dont j’ai été le premier surpris.

J’ai d’abord remarqué que Paul n’avait évidemment jamais entendu parler de la trahison de Judas. Il se réfère aux « Douze » sans jamais les nommer. Il mentionne les « colonnes » de l’Église de Jérusalem (Gal 2.9) et les mentionne par leurs noms de Pierre ou Céphas, Jean et Jacques.
Ce Jacques n’est pas le fils de Zébédée mais le « frère du Seigneur » (Gal 1.19). Il utilise bien le terme de « trahison » en I Corinthiens 11.23 (« le Seigneur Jésus, la nuit où il fut trahi ») mais sans laisser penser que cette trahison soit le fait d’un des Douze.

Le 3e jour après la crucifixion, Paul dit en I Corinthiens 15.5 que le Christ ressuscité est apparu « aux Douze ».
Il me semble évident que Paul aurait forcément appris qu’un des Douze avait été un traître si cela avait été le cas.

Un autre indice est le nom même de Judas. Le fait que le traître porte le nom de la nation dont les responsables étaient à cette époque lancés dans le processus d’exclure de la synagogue les disciples de Jésus donne à réfléchir.
Dans les évangiles, Judas est le Juif qui reporte sur les Juifs la responsabilité des Romains dans la crucifixion.
Le grand débat du premier siècle, à l’époque de la rédaction des évangiles, était de savoir si les disciples de Jésus pouvaient continuer à fréquenter les synagogues et si celles-ci étaient ouvertes aux chrétiens d’origine païenne qui ne souhaitaient pas devenir juifs. A mesure que ce débat se renforçait depuis Marc (année 70) jusqu’à Jean (année 100), on constate que l’image de Judas s’assombrit et que Pilate et les Romains deviennent sympathiques.

Marc est le premier à introduire le baiser du traître et à situer la scène de la trahison à minuit.
Matthieu ajoute la mention des « 30 pièces d’argent », la repentance de Judas, sa tentative de rendre l’argent et son suicide par pendaison.
Chacun de ces éléments a été pris dans d'anciens récits hébraïques de trahisons. Judas commence à ressembler à un modèle biblique de juif traître.

Le 4e Évangile contient des récits qui n’apparaissent que là et sont des créations de Jean. Ainsi Nathanaël, Nicodème, la femme samaritaine, l’homme paralysé depuis 38 ans, l’aveugle-né, Lazare ressuscité des morts et l’anonyme « que Jésus aimait ». Il a aussi des personnages familiers de la première Église comme la mère de Jésus, André, Thomas, Philippe et justement Judas, qui sont clairement des types. Thomas, par exemple devient dans l’Évangile de Jean le « douteur type ».

La mère de Jésus, n’y est jamais corrélée avec le récit de la naissance de Jésus et n’est jamais caractérisée comme vierge. Elle apparaît deux fois dans le 4e Évangile : une fois dans le récit de l’eau changée en vin et une fois au pied de la croix en compagnie du « disciple bien-aimé ». Ces deux récits n’apparaissent donc que lors de la publication de cet Évangile, dans la 10e décennie du 1er siècle. Judas n’apparaît pas avant la 8e décennie et je pense donc que son personnage est une création de Marc auquel les évangiles suivants ont ajouté des détails.

L’étude de la Bible n’est pas simple. C’est pourquoi le fondamentalisme biblique se développe sur le terrain de l’ignorance et a tendance à se radicaliser en hystérie.

 


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