1er mai 2003
On est idolâtre lorsqu'on attribue
les qualités de Dieu à ce qui n'est pas
Dieu. Ainsi,
l'infaillibilité, l'inerrance, la vérité absolue
sont des qualités qui n'appartiennent qu'à Dieu et
qu'il est idolâtre d'attribuer à des hommes, à
des livres, à des Églises.
Il est pourtant arrivé que des
chrétiens affirment
l'infaillibilité des déclarations ex-cathedra de leur leader spirituel, l'inerrance d'une écriture rédigée par des hommes et l'absolue
vérité des formulations de leurs doctrines et de leurs dogmes.
Ils compensaient le manque de
crédibilité de ces
affirmations en expliquant que
- le saint Esprit dirigeait leur leader (qui
n'était jamais « une » leader) dans ses
déclarations infaillibles, car Dieu ne permettait pas que la
sainte Église demeure dans l'erreur,
- le saint Esprit inspirait une rédaction sans
erreur aux auteurs des saintes Écritures,
- le saint Esprit aidait l'Église à
définir si exactement ses dogmes qu'ils reflètent bien
la vérité suprême de Dieu.
Ces idées ne sont pas acceptables
et le mal qu'ont pu faire la
prétention papale, la prétention biblique et la
prétention doctrinale n'est que trop évident :
qu'on pense aux croisades, à l'Inquisition, aux guerres de
religion, ou à l'utilisation abusive que l'on a pu faire de la
Bible pour justifier le droit divin de la monarchie, la condamnation
de la science, l'esclavage, la ségrégation raciale,
l'infériorité des femmes, l'homophobie, les
persécutions religieuses.
Et pour justifier ces perversions inacceptables, on les qualifiait de
vérité suprême, alors qu'elles n'étaient
qu'intérêt collectif bien compris.
Je crois en Dieu et en sa
vérité suprême.
Mais je crois aussi qu'aucune personne, aucune nation, aucune
institution ne peut prétendre en avoir le monopole sans
sombrer dans l'idolâtrie.
Traduction Gilles
Castelnau
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