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Chrétien et idolâtre ?

 

Spong Answers: Idolatry among Christians?

 

John S. Spong

 

1er mai 2003
On est idolâtre lorsqu'on attribue les qualités de Dieu à ce qui n'est pas Dieu
. Ainsi, l'infaillibilité, l'inerrance, la vérité absolue sont des qualités qui n'appartiennent qu'à Dieu et qu'il est idolâtre d'attribuer à des hommes, à des livres, à des Églises.

Il est pourtant arrivé que des chrétiens affirment l'infaillibilité des déclarations ex-cathedra de leur leader spirituel, l'inerrance d'une écriture rédigée par des hommes et l'absolue vérité des formulations de leurs doctrines et de leurs dogmes.

Ils compensaient le manque de crédibilité de ces affirmations en expliquant que
- le saint Esprit dirigeait leur leader (qui n'était jamais « une » leader) dans ses déclarations infaillibles, car Dieu ne permettait pas que la sainte Église demeure dans l'erreur,
- le saint Esprit inspirait une rédaction sans erreur aux auteurs des saintes Écritures,
- le saint Esprit aidait l'Église à définir si exactement ses dogmes qu'ils reflètent bien la vérité suprême de Dieu.

Ces idées ne sont pas acceptables et le mal qu'ont pu faire la prétention papale, la prétention biblique et la prétention doctrinale n'est que trop évident : qu'on pense aux croisades, à l'Inquisition, aux guerres de religion, ou à l'utilisation abusive que l'on a pu faire de la Bible pour justifier le droit divin de la monarchie, la condamnation de la science, l'esclavage, la ségrégation raciale, l'infériorité des femmes, l'homophobie, les persécutions religieuses.
Et pour justifier ces perversions inacceptables, on les qualifiait de vérité suprême, alors qu'elles n'étaient qu'intérêt collectif bien compris.

Je crois en Dieu et en sa vérité suprême. Mais je crois aussi qu'aucune personne, aucune nation, aucune institution ne peut prétendre en avoir le monopole sans sombrer dans l'idolâtrie.

 

Traduction Gilles Castelnau

 

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