Réflexion
La
contemplation
chemin vers
Dieu
Martin
Laird
Professeur de théologie
à l'université catholique augustinienne de Villanova
(Pennsylvanie, USA)
`
Auteur de Into
the Silent Land : the practice of contemplation »
3 juillet 2007
Dans une prison, un jeune détenu
s'est lui-même tailladé les bras pour émousser sa peine morale. « Depuis toujours, a-t-il dit, je
souffre intérieurement et rien n'y fait. Alors, parfois, je me
taillade ou je me brûle afin que ma douleur change et qu'elle
ne soit plus intérieure ».
Prenant conscience de son problème,
il se tourna vers l'organisation d'aide spirituelle aux
prisonniers « Phoenix
Prison Trust »
où on lui enseigna à transformer par la prière
et la méditation sa cellule de prison en une cellule de
monastère.
Le jeune prisonnier rendit alors
l'émouvant témoignage que voici : « Après avoir, pendant quatre
semaines, médité une demi-heure le matin et une
demi-heure le soir, ma souffrance a diminué et j'ai pu
discerner, pour la première fois de ma vie, une petite lueur
au fond de moi qui ne soit pas hostile. »
Un autre détenu se sentait devenir plus humain et a pu
affirmer : « Tous les
êtres, aussi bloqués, épouvantables, dangereux et
perdus soient-ils, peuvent s'ouvrir au sacré qui est en eux et
y trouver une liberté intérieure. En prison que je suis
devenu libre. La prison est un excellent
monastère. »
La libération spirituelle dont
parlent ces prisonniers n'est pas de
celles que l'on peut acquérir. Il est clair qu'elle
était latente en eux et qu'ils ont simplement
découvert « ce
sacré qui est en eux ».
Chercher à distinguer acquérir
et découvrir peut sembler couper les cheveux en quatre, mais
il est important de reconnaître que le sacré
intérieur se trouve en nous et ne pénètre pas de
l'extérieur.
La contemplation
régulière n'est pas
une technique nous permettant d'acquérir un don. Elle nous
permet d'abandonner des blocages qui empêchaient le
sacré intérieur de surgir à notre conscience
comme un fait évident. C'est ce dont parlait saint Paul
lorsqu'il disait : « Il vous donne, d'être puissamment
fortifiés par son Esprit dans l'homme
intérieur » Éphésiens 3.16.
Par leur expérience de paix
intérieure et sans s'en rendre compte, ces prisonniers font
partie du choeur des saints dont toute la vie témoigne que le
Dieu que nous cherchons nous a trouvés le premier et
qu'il est, comme saint Augustin le disait : « plus proche de nous que
nous-mêmes ».
Un auteur anglais anonyme du Moyen Age
disait : « Dieu est notre être, nous ne sommes
pas l'être de Dieu mais ce que nous sommes, nous le sommes
en Dieu».
Dieu ne nous a pas seulement trouvé
le premier ; il a toujours été là.
C'est toi qui as
créé ma conscience,
C'est toi qui m'as tissé dans le sein de ma mère.
Quand tu me formais dans le secret
Tu voyais tout, rien n'était caché pour toi
Psaume 139. 13-15.
Avant que je t'aie formé dans le sein
de ta mère, je te connaissais Jérémie 1.5
Dieu est notre Créateur, il est le
fondement de notre être.
Church
Times 29. 6. 2007
Traduction Gilles
Castelnau
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