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L'Église se meurt

socialement libérale, théologiquement conservtrice

Socially Liberal-Theologically Conservative

 




Carl Krieg
professeur émérite de théologie

Norwich, Vermont


traduction  Gilles Castelnau

 

 

5 août 2022

On demandait récemment à Gretta Vosper, pasteure de l’Église unie du Canda,comment elle mouvait se déclarer athée et demeurer néanmoins pasteure.
Elle répondait
que l’Église était devenue libérale pour les questions sociales et demeurait très théologiquement conservatrice.


Elle écrit : « ...les églises ferment leurs portes et c’est chaque fois, dans un monde qui en aurait pourtant un besoin urgent, la richesse de la vie paroissiale qui disparaît avec les conversations souvent très importantes entre les membres, les engagements stimulants et l'amour vécu dans la communauté. 

L’Église unie du Canada aurait pu être un refuge pour tous ceux qui cherchent un endroit de soutien mutuel et d’espérance commune mais elle s’est refermée.

 

L’ancienne théologie conservatrice se caractérise, au Canada, premièrement par l’affirmation d’un Dieu théiste conçu comme une Personne qui intervient dans l’histoire des hommes, exauce les prières et accomplit des miracles et deuxièmement par la conception d’un salut attribué à Jésus mort pour nos péchés.


Aux États-Unis, il en est de même. Certes on trouve dans les églises des bannières affirmant que l’on y est progressiste et proclamant la Gay Pride, Black Lives Matter, Save the Earth et Creation Justice, ce qui est excellent. Le problème est que ce progressisme se borne aux questions sociales mais que les pasteurs que j’ai entendus prêcher demeurent coincés dans la théologie la plus fondamentaliste comme si les décennies de découvertes bibliques n’avaient pas existé.

Ils focalisent le récit de Noël sur la naissance miraculeuse de Jésus.
Ils présentent la venue du saint Esprit à Pentecôte sur une foule nombreuse comme un événement historique.
Ils réduisent la Résurrection de Jésus à la seule découverte du Tombeau vide.
D’ailleurs Jésus n’a-t-il pas réellement nourri cinq mille personnes avec deux poissons et cinq pains.

Ils prient au culte pour demander la guérison, la paix et des jours meilleurs, comme si Dieu était un magicien tout-puissant.


Pourquoi ces pasteurs socialement libéraux demeurent-ils ainsi théologiquement conservateurs ? Ont-ils peur que certains fidèles quittent leur église ou même arrêtent d’y cotiser ?


Ou le problème est-il plus profond ? Il semble, en effet, que ces pasteurs aient de la peine à se libérer de la pensée traditionaliste comme si cette nouvelle façon de penser était intimidante.
Ils ont cru à certaines idées durant une bonne partie de leur vie, ils ont consacré leur ministère à les enseigner à leurs paroissiens et ils semblent hésitants devant les nouveautés qui se présentent à eux. Il leur est manifestement plus facile de les contourner et de continuer la tradition.


Mais le monde où nous vivons est nouveau : c’est celui de la connaissance du cosmos par le télescope spatial Webb, des extraordinaires découvertes biologiques, des médias sociaux qui contrôlent toute notre vie sociale et mettent en question notre vie communautaire et même notre identité personnelle. Voilà où nous en sommes et voilà comment l’Église mourra si elle continue à se fonder sur de vieilles idées qui, d’ailleurs, n’ont jamais été considérées comme fondamentales.

Ce ne sont pas de nouvelles réponses qu’il s’agit de trouver à de vieilles questions mais des réponses à de nouvelles questions.
Le défi est considérable mais c’est une question de vie ou de mort pour l’Église.


La Bible
Il nous faut absolument regarder la Bible comme le récit saisissant d’un peuple à la recherche de son Dieu. Récit saisissant, certes, mais ne rapportant pas une vérité historique. Récit qui n’a d’ailleurs jamais prétendu être pris au pied de la lettre et que l’on dévoie si, aujourd’hui, nous le faisons.

 

Dieu

La même attitude critique doit être observée à l’égard des récits concernant Dieu. Lorsqu’on a vu les images de l’espace produites par le télescope spatial Webb, on ne peut plus concevoir Dieu comme le tout-puissant demeurant « là-haut dans le ciel ». Si l’on veut parler de Dieu, il faut dire qu’il est à la fois Personne et Fondement de l’Être. Quant à Jésus de Nazareth, il est le point focal de l’histoire biblique, il est une personne surgit du Fondement de l'Être. Il incarne la véritable humanité. Son œuvre divine et mystérieuse n’est pas de s’être sacrifié pour nous sur la croix mais de nous avoir éclairés sur ce que peut être notre humanité et, bien que crucifié, de continuer à vivre cette existence nouvelle.

 

Les gens qui quittent l’Église, comme ceux qui ne se sont jamais intéressés à elle, ne se soucient pas de ce qu’ils ne peuvent pas accepter. Quelles que soient les paroles de l’Église, aussi libérales soient-elles, elles n’ont pas de sens pour eux. Mais ce qui a du sens pour tout le monde est de constater que les fidèles ne se détournent pas de leur humanité, posent sans cesse la question du sens de la vie et manifestent de l’amour pour leur prochain et pour la planète.

Que nous soyons chrétiens ou humanistes, c’est cela que nous devons être et c’est cela qui est important.

 

 

 



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