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Concourir toutes choses
au bien de ceux qui l’aiment

 

 

 

Gilles Castelnau

 

19 mars 2021

Paul disait aux Romains :
Nous savons que, jusqu'à ce jour, la création tout entière soupire et souffre les douleurs de l'enfantement.
Et ce n'est pas elle seulement ; mais nous aussi, qui avons les prémices de l'Esprit, nous aussi nous soupirons en nous-mêmes, en attendant l'adoption, la rédemption de notre corps.
Car c'est en espérance que nous sommes sauvés.
... Nous savons, du reste, que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu. (Ro 8.22-24)



La création tout entière soupire et souffre les douleurs de l'enfantement.
Oui, dit le théologien américain Mathew Fox (voir sur ce site) on vit une période où il est vraiment question de douleur : la création souffre nous dit-on, il y a la question lancinante de la pollution, du réchauffement climatique, de la disparition de certaines espèces.
Il y a nos souffrances humaines : cette pandémie du Covid, qui n’en finit pas avec les masques insupportables, les cancers, les divorces, les deuils, l’impression que personne ne croit plus en rien (sauf certains radicaux) et puis évidemment les handicaps, les rhumatismes...
Mais Paul n’énumère pas les malheurs pour nous déprimer : il dit que ce sont les douleurs positives de l’enfantement : Non pas « maudis Dieu et meurs » comme disait la femme de Job. Comment peut-on rechercher un peu d‘espérance dans toute cette douleur de la création et de nous. Et Dieu dans tout ça ?

Les éditoriaux des journaux religieux commencent souvent pas « dans les tristes circonstances actuelles... »
Les Églises ne sont pas non plus toujours très positives. Elles répètent la doctrine du péché originel qui nous fait penser que notre entourage – comme nous-même – est fondamentalement pécheur, critiquable, que ses prises de position, ses attitudes sont mauvaises ou à tout le moins douteuses dans la mesure où elles ne sont pas sauvées, régénérées par le Christ.
J’ai même entendu un sermon où le pasteur disait que les gens ne savaient pas se réjouir come il convient à Noël, que leur fête est gâchée du fait qu’ils ne savaient pas se centrer véritablement sur Jésus.

 


Vivre dans la joie bienveillante de Dieu

Et Dieu dans tout ça ? On l’invoque dans la prière d‘intercession de chaque culte mais on a plutôt l’impression que lui qui est tout-puissant, pourrait intervenir davantage dans la vie des hommes.

Mais les théologiens protestants actuels nous disent que nous ne sommes justement pas obligés d’imaginer Dieu intervenant souverainement depuis le ciel, de manière toute-puissante dans notre monde.
Ils disent qu’il ne faut pas chercher Dieu au ciel mais actif dans notre cœur.

Dieu en nous, Dieu n’est pas sans nous, mais Dieu est plus que nous.

On n’est pas obligé du tout de croire au Péché originel doctrine selon laquelle, depuis qu’Adam et Ève ont mangé la fameuse « pomme » les hommes seraient tous coupables, enclins au mal, incapables de faire véritablement le bien et offensant Dieu sans cesse.
Mathew Fox parle de « grâce originelle » et non de « péché originel ».
Il nous dit de reconnaître en nous la présence créatrice de vie, en notre prochain aussi, et même en notre ennemi et en chaque élément de l’univers : tout, dans le ciel et sur la terre est marqué par son empreinte d’amour et d’espérance. Aucun être, aucun objet ne peut être considéré comme froid et ignoré de Dieu. Cette manière de voir récuse nos conceptions étroites et matérialistes et nous montre la présence de la divinité absolument partout.

J’ai vu quelque chose de merveilleux, lors d’un coucher de soleil sur les bords d’un lac : deux jeunes amoureux se promenaient main dans la main, un couple âgé était assis sur un banc, des adolescents s’éclaboussaient dans l’eau et des enfants cherchaient des galets qui leur conviennent. Ils étaient tous chacun dans leur monde. Et brusquement, lorsque le ciel s’est embrasé de rouge, tous se sont figés sur place à la vue de cette beauté.
Pourquoi regarde-t-on le coucher de soleil ? Sa beauté est-elle inscrite dans notre ADN ? Je le crois. Il y a une profondeur qui suscite en nous contemplation et recueillement.

 

Admettre que bien souvent, « les malheurs volent en escadrille »

Il est absolument vrai qu’à côté des jours de beau temps il y a aussi les jours de pluie. A côté de la lumière, il y a aussi l’obscurité. Il arrive, comme disait Jacques Chirac que « les ennuis arrivent en escadrilles ». On peut contempler le monde et le coucher de soleil et aussi admettre et accepter l’obscurité pour un temps. la connaissance de Dieu passe par l’acceptation des choses : renoncer à tout expliquer, à se révolter

Il est tout naturel de regarder en face tous les moments arides et sombres de notre vie, ceux où nous avons été abattus et où nous n’avons discerné aucune joie de vivre, aucune réussite mais destruction et regrets.

Il est tout à fait vrai qu’il y a dans notre monde, dans notre vie, dans notre foi, dans notre incompréhension de Dieu, des choses difficiles à admettre, qui sont pourtant dans la nature des choses. Les animaux aussi souffrent.
Certains de ces malheurs surgissaient, il est vrai, de l’extérieur et nous agressent. D’autres proviennent de nos sentiments d’angoisse,de nos peurs, de nos attitudes négatives. Nous pouvons bien les assumer et les porter.

 

Un esprit de « résurrection »

Mais après la contemplation heureuse dont je parlais, après cette traversée des malheurs, disait le théologien américain Mathew Fox, il y a un troisième état, une reprise en mains : un renouveau, une renaissance, une créativité nouvelle, un sentiment artistique, un ressaisissement.
J’ai personnellement expérimenté ce moment de renouveau, de résurrection, d’entrée dans une nouvelle vie en contemplant une aurore boréale, en voyant mon petit-fils me sourire, en recevant la communion, en étant arrêté par la police pour avoir aidé des homosexuels et des transgenres, en tenant fermement la main d’un mourant.

Il y a les malheurs extérieurs objectivement présents et d’autre part les attitudes négatives intérieures.
« En toutes choses Dieu œuvre pour le bien ».
Lorsque le malheur survient, de quelque nature qu’il soit, irréparable peut-être ou insupportable, Dieu est là, preésent, secret, immobile en apparence, occupé néanmoins à susciter en nous la force, le courage, l’élan, l’esprit de renouveau et le renouveau lui-même. Être croyant et vivre malgré tout dans la foi est s’ouvrir dans l’espérance à cette créativité secrète.

Évidemment lorsque le malheur s’enracine dans la fragilité d’une angoisse intérieure, d’une santé mentale défaillante, la paix est à rechercher en Dieu. Dieu n’apporte pas la paix tout seul : c’est à nous de puiser en lui la paix : cantiques et prières du culte, lecture de la Bible, méditation pour regarder la vie avec le regard de Jésus-Christ.

 

La vie dans la foi et dans l’espérance

C'est participer à l’œuvre de Dieu qui fait concourir toutes choses au bien.
Si on veut prendre conscience de la paix de Dieu, de la réalité de la foi il ne faut pas trop demeurer focaliser sur les souffrances de notre nature déchue sur le malheur des temps datant, dit-on, du Péché originel mais essayer de vivre la Grâce originelle : ouvrir les yeux sur le monde pour lequel Dieu veut la joie et justement, nous unir à Lui par une attitude positive, accomplir de petits actes créateurs de compassion et de justice à l’égard de notre prochain, en posant un regard créateur sur l’humanité : apporter une offrande au Secours Populaire, à Médecins sans frontière, au CASP.
Nous ouvrir à la transformation de notre chagrin en joie, croire et nous intéresser à nos prochains (proches ou lointains) la libération des opprimés, à l’espérance et à la participation de la guérison de tous les désespoirs.

On peut participer à la création du Royaume de justice que prêchait Jésus-Christ, à sa compassion, à la régénération du monde et à l’incarnation en ce monde de la Bénédiction Originelle.

Chacun de nous est appelé à entrer, tel qu’il est dans le grand fleuve d‘amour, d’émancipation et d’espoir du Dieu créateur qui veut faire

concourir toutes choses au bien de ceux qui l’aiment.

 

 

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