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Rev. Jacqueline J. Lewis

Une nouvelle religion nationale

nommée Amour

 


A New State Religion Called Love

 

Jacqueline J. Lewis

pasteur de la Middle Church, Manhattan, New York

 

30 novembre 2020

traduction Gilles Castelnau

 

Nous avons le choix, pour nos achats de Noël parmi une pléthore d’objets multicolores. Des Pères Noël de toutes les tailles, des décorations de table rouges ou dorées avec des branches de houx.
Finalement j’aime cela. Et l’histoire de Noël qui va avec est la plus belle de toutes les histoires. C’est d’ailleurs pourquoi nous continuons à la narrer deux mille ans plus tard. La narrer dans le monde entier.

C’est l’histoire de Dieu qui a tant aimé le monde qu’il a fait tout le trajet pour descendre jusqu’à Bethléem, non pas comme un soldat mais comme un petit enfant vulnérable. Un enfant qui a faim et qu’il faut nourrir, dont il faut changer les langes et qui a besoin de son doudou pour s’endormir. Un enfant qui a besoin des autres durant toute son enfance.

La plus belle de toutes les histoires. Le Dieu qui a appelé l’univers à l’existence, le Dieu qui a soufflé l’Esprit dans le monde, le Dieu qui a donné vie à l’Adam, « l’humain », le Dieu qui a envoyé au peuple des prophètes pour l’instruire, le voici qui s’implique lui-même dans l’histoire du monde.

Le Dieu qui a écouté les cris de son peuple et l’a libéré de l’esclavage d’Égypte le voici qui vient vivre au temps de l’occupation romaine et de l’oppression pour parler à nouveau de libération et de salut.

Dieu vient pour Marie. Elle est enceinte. Avec Joseph, ils se rendent à Bethléem, à 80 km de chez eux et là, il n’y a pas de place pour eux à l’hôtellerie. Et c’est la naissance d’un enfant juif.
Les auteurs des évangiles nous expliquent : c’est un enfant sémitique-africain. C’est ce que dit la généalogie de l’Évangile de Matthieu. Un enfant à scandale. « Salut, Joseph, c’est moi Marie. Je suis enceinte, mais c’est l’œuvre de Dieu. » Je suis désolée, je sais que c’est scandaleux.

Certains l’ont crue, beaucoup d’autres non. C’est une mère célibataire qui met au monde un Israélite palestinien pauvre, avec Joseph qui n’était pas obligé de rester là comme père. Mais c’est ainsi que Dieu a choisi de venir.
C’est ainsi que Dieu s’est présenté, dans un endroit très marginal, en un lieu qui ne convenait guère et de manière très scandaleuse.

Cela nous fait connaître Dieu, sa préférence pour les marginaux, pour les humbles, les défavorisés, qui ne réussissent pas, les bergers sans préoccupations religieuses, qui trouvaient néanmoins le chemin de l’étable où se trouvait la crèche de l’enfant avec les animaux. C’est là que Dieu se rend. C’est là qu’on trouve Dieu.

C’est la plus belle de toutes les histoires, mais malheureusement elle a été piratée par l’Empire et adoptée par des rapaces.

Piratée par l’Empire.
Aussitôt que l’empereur Constantin a vu la croix dans le ciel et a fait du christianisme la religion officielle de l’État, l’Église s’est intégrée au monde au lieu de conserver une certaine distance et de l’appeler à une plus haute conscience. Elle a béni l’oppression et l’esprit de supériorité et a voulu convertir tout le monde à une spiritualité bien éloignée de la foi au Dieu qui n’est qu’ Amour.
Pensons aux croisades qui ont traversé l’Europe et ont torturé les musulmans pour les convertir.
Pensons qu’on a exterminé les Juifs parce qu’ils n’étaient pas chrétiens.
C’est à cela que je pense en disant que l’Évangile a été piraté par l’Empire. En effet, ni le bébé juif brun dans la crèche, ni l'homme adulte qu’il est devenu, n’avaient rien à voir avec le pouvoir, la richesse et la réussite sociale. Ils n’étaient pas été inféodés aux armées chrétiennes et personne n’a cherché à détruire le monde en leur nom.

Adoptée par des rapaces.
Qui est cet enfant blanc aux cheveux blonds et à l’auréole lumineuse dans un cadre de neige scintillante que nous présentent les cartes de Noël ? Je n’ai rien contre les enfants blonds, mais quand même ! Dans tout le pays d’Israël il n’y a peut-être en tout qu’un seul enfant blond ! Comment de telles représentations ont-elles pu prendre naissance ?

Comment les Européens s’y sont-ils pris pour se retrouver finalement au cœur de l’histoire ? Comment les cadeaux et le shopping en sont-ils arrivés à prendre tant de place dans le domaine de Noël alors que c’est vers les défavorisés et les marginaux que Dieu est venu, vers les pauvres, et les exploités. C’est dans leur milieu qu’il s’est fait connaître.

Comment en sommes-nous arrivés à faire profiter notre économie du travail des immigrés tout en bénéficiant de leur souffrance et en internant même leurs enfants dans des centres de rétention ? Comment nous permettons-nous de refuser de les accueillir avec bienveillance alors que ce fut un étranger qui nous a appris l’Amour ?

Mais revenons à l’histoire.
Si nous contournons les cartes de Noël et tout le clinquant et que nous revenons à l’histoire des évangiles, nous y trouverons le message de la vie, l’amour qui ruisselle dans chaque détail, dans la crèche, dans les langes qui emmaillotent le petit enfant afro-sémitique. C’est l’amour dans la crèche, dans la maman, le papa, et en « tous ceux qui étaient là ». C’est l’amour qui nous est ainsi manifesté pour que nous le promouvions autour de nous.

Une seule chose compte : « Aimer Dieu de tout son cœur et son prochain comme soi-même. » Tout le reste n’est que commentaire.

Et si l'Amour était la religion d'État ?

En ce moment nous approchons de la fête de Noël. Les gens de toutes les religions et ceux qui sont sans foi vont tous dresser un arbre de Noël et acheter des cadeaux. Je ne dis pas que c’est mal, je dis : revenons à l’histoire. Redisons l’histoire du Dieu qui nous aime au point de venir à nous et de nous changer. Rappelons-nous que lorsqu’on lui a demandé à quoi ressemblait l’amour, il a parlé d’aimer un autre et il a raconté l’histoire du bon Samaritain.

Et on comprend que Dieu a choisi de venir à nous comme un « autre », comme quelqu’un en dehors du fonctionnement de l’Empire romain et il nous a montré à aimer ceux qui sont justement marginalisés.

Nous sommes originaires, dans cette paroisse, de différentes origines : nous sommes noirs, blancs, asiatiques, hispaniques ou autres et nous nous aimons tous, qui que nous soyons. C’est exactement ce qui nous est demandé. C’est la religion qui s’appelle tout simplement l’« Amour ». c’était la religion de Joshua ben Joseph, l’enfant de Marie, le fils de Joseph.
Il disait d’aimer Dieu, son prochain comme soi-même. Il ne demandait pas que l’on parle une langue particulière, que l’on adhère à un credo particulier, que l’on appartienne à une ethnie, une race, une culture, un genre, une orientation sexuelle particulière. Tout ce qu’il demandait était qu’on aime Dieu et son prochain comme soi-même. Voilà.


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