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Le bon Samaritain - Marthe et Marie

 

 

Gilles Castelnau

 

25 juillet 2020


Luc 10.25-42
Un docteur de la loi se leva, et dit à Jésus, pour l'éprouver :
-  Maître, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle ?
Jésus lui dit :
-  Qu'est-il écrit dans la loi ? Qu'y lis-tu ?
Il répondit :
- Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force, et de toute ta pensée ; et ton prochain comme toi-même.
- Tu as bien répondu, lui dit Jésus ; fais cela, et tu vivras.
Mais lui, voulant se justifier, dit à Jésus :
-  Et qui est mon prochain ?
Jésus reprit la parole, et dit :
-  Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho. Il tomba au milieu des brigands, qui le dépouillèrent, le chargèrent de coups, et s'en allèrent, le laissant à demi mort.
Un prêtre, qui par hasard descendait par le même chemin, ayant vu cet homme, passa outre.
Un Lévite, qui arriva aussi dans ce lieu, l'ayant vu, passa outre.
Mais un Samaritain, qui voyageait, étant venu là, fut ému de compassion lorsqu'il le vit.
Il s'approcha, et banda ses plaies, en y versant de l'huile et du vin ; puis il le mit sur sa propre monture, le conduisit à une hôtellerie, et prit soin de lui.
Le lendemain, il tira deux deniers, les donna à l'hôte, et dit :
-  Aie soin de lui, et ce que tu dépenseras de plus, je te le rendrai à mon retour.
-  Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de celui qui était tombé au milieu des brigands ?
- C'est celui qui a exercé la miséricorde envers lui, répondit le docteur de la loi.
Et Jésus lui dit :
-  Va, et toi, fais de même.

Comme Jésus était en chemin avec ses disciples, il entra dans un village, et une femme, nommée Marthe, le reçut dans sa maison.
Elle avait une sœur, nommée Marie, qui, s'étant assise aux pieds du Seigneur, écoutait sa parole.
Marthe, occupée à un grand service, survint et dit :
-  Seigneur, cela ne te fait-il rien que ma sœur me laisse seule pour servir ? Dis-lui donc de m'aider.
Le Seigneur lui répondit :
- Marthe, Marthe, tu t'inquiètes et tu t'agites pour beaucoup de choses.
Une seule chose est nécessaire. Marie a choisi la bonne part, qui ne lui sera pas ôtée.

 

 

« Que dois-je faire pour hériter la vie éternelle ? » Que dois-je faire pour être un bon chrétien ? Que dois-je faire pour être quelqu’un de bien aux yeux de Dieu et aux yeux des hommes ?

Le bon Samaritain et le prêtre sans cœur.
A cette question Jésus réponds par la bonne action, l’excellente action du bon Samaritain à l’égard du blessé et il dit : « fais de même ».
C’était effectivement un saint, ce Samaritain, tout Samaritain, c’est-à-dire venant d’un pays douteux et pratiquant un judaïsme plus que discutable. Un saint, un homme de cœur, d’une générosité incroyable. Il surpassait en valeur humaine et en véritable spiritualité le prêtre et le lévite, certes fidèles pratiquants du Temple mais que les prescriptions de leur religion – ou la sécheresse de leur cœur – avaient rendu indifférents à la détresse de leur prochain.
Tout ceci est vrai et juste. Nous ferions bien de nous en inspirer nous aussi : « fais de même » disait Jésus.

Marthe si bonne et Marie si religieuse.
Mais immédiatement Jésus se trouve dans la maison de Marthe et de Marie et Marthe est justement en train de se dévouer pour le service. Un « grand » service, dit Luc. Plus même qu’un simple repas : une « diaconie » dit le texte grec. Comme le Samaritain que Jésus vient de donner en exemple, elle se met au service de son prochain, et même de Jésus en personne.
Quant à Marie, comme le prêtre et le lévite, elle se focalise sur sa religion. Une bonne religion, d’ailleurs, puisque c’est aux pieds de Jésus lui-même qu’elle est assise pour « écouter sa parole ».
Mais c’est à elle que, contre toute attente, Jésus donne raison : « c’est elle qui a choisi la bonne part ».

Il y a contradiction.
Le Samaritain et Marthe font le bien mais Marthe n’a pas raison.
Le prêtre et Marie sont très religieux mais le prêtre n’a pas raison.
Jésus nous appelle à être comme le Samaritain et comme Marie mais surtout pas comme le prêtre et Marthe.
Pourquoi cela ?

La religion du prêtre et la Parole de Jésus
C’est que la Parole de Jésus qu’écoutait Marie ne ressemble pas à la religion du prêtre.
Jésus, tel que nous le connaissons dans le reste de l’Evangile, ne disait certainement pas à Marie qu’il fallait aller au temple pour les prières rituelles, les lectures officielles, et les sacrifices d’animaux.
Il ne disait certainement pas qu’elle devait se perdre dans des prières de louanges et d’adoration, chanter des cantiques et méditer en profondeur.
Alors que c’était la religion du prêtre et du Temple de Jérusalem et que cette haute spiritualité détournait de fait de la fraternité, de la compassion humaine que Dieu attend des hommes.
Il ne l’invitait sûrement pas à psalmodier des invocation à un Dieu céleste pour lui demander d’intervenir du haut du ciel de manière surnaturelle et de régler lui-même les problèmes des hommes.
La Parole de Jésus n’est pas celle-là. Jésus parle de la spiritualité qui nous ouvre par la foi, l’espérance et l’amour à la Présence intérieure de Dieu, à son dynamisme créateur, à son Souffle libérateur, rénovateur et fraternel.
Jésus parle de l’esprit de prière qui se fait ouverture à la créativité divine, comme le Samaritain l’avait lui-même si bien compris.
Et c’est bien autre chose que l’excellente popote que préparait Marthe et qui ne regardait même pas Jésus.

Au fond, Jésus montre que Dieu est le Dieu de la Vie, de l’Amour, des hommes. Ce qu’il faut chercher pour « hériter la vie éternelle » ce n’est pas Dieu, son culte, son adoration, ses prières, ses sacrifices, c’est le Souffle de l’amour créateur que Dieu renouvelle en nous, qui nous rend vraiment vivants et humains.
Le pasteur Schweitzer disait : « Avant de vous demander si vous croyez en Dieu, faites quelque chose pour lui. »

Hériter la vie éternelle, ce n’est pas se conduire de manière froide et peu humaine comme le prêtre et Marthe mais bien au contraire de manière ouverte et souriante pour le Samaritain et Marie.

 

 

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