Protestants dans la Ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Hébreu biblique

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs

 

Roger Parmentier

Articles

La Bible « actualisée »

 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 

JULIAN MELLADO

Textos en español

Textes en français

 

Giacomo Tessaro

Testi italiani

Textes en français


 

« Que votre Dieu

vous accompagne »

 

« May your God go with you »

 

Harry Houldsworth

Membre de l’Église d’Angleterre
du réseau Progressive Christianity Network Britain
du Centre St Mark du Christianisme Radical


Traduction Gilles Castelnau

16 mai 2020

Le présentateur de la télévision irlandaise Dave Allen était un athée convaincu et terminait néanmoins invariablement ses émissions avec les mots « Que votre Dieu vous accompagne ! »
Il est convaincu que les gens pensent souvent et profondément à leur foi. Ils croient ce qu’ils veulent bien croire et pas toujours ce qu’on leur dit de croire, comme par exemple que la Bible est la Parole révélée de Dieu.
Même si beaucoup le croient encore : la Bible est apparue en des temps où les dirigeants de l’Église étaient puissants et autoritaires. De plus, la plupart des croyants avaient un « maître » (masculin ou féminin) et il semblait normal à tout le monde d’ « obéir » aux autorités. Les commandements de Dieu et les lois n’étaient pas là pour être discutées mais pour être obéies.

La Bible a été écrite dans l’idée d’un monde à trois étages : Dieu au ciel « là-haut, là-bas » en relation avec la terre, « ici » et l’enfer « en-dessous » (on « descend aux enfers »).
Dieu, Satan, les anges et les esprits pouvaient néanmoins être aussi sur la terre. Ils pouvaient être invisibles aux yeux humains ; ils pouvaient aussi choisir d’apparaître sous une forme humaine ou animale. Les anges notamment sont des messagers qui apparaissent aux gens ou leur parlent en songe.

On peut penser qu’autrefois la manière la plus évidente de concevoir Dieu était de l’imaginer « là-haut, là-bas ». On leur avait aussi enseigné que par la prière Dieu serait avec eux, en eux, dirigeant leur cœur et leur esprit.
Ils n’avaient sans doute pas encore eu l’idée de définir Dieu comme le « Fondement de l’Être », mais on peut penser que les conceptions élaborées par les esprits indépendants pouvaient avoir été plus sophistiquées et plus ouvertes qu’on ne le pense généralement.

On a beau dire que l’univers à trois étages a disparu aujourd'hui des mentalités, ce n’est pas vraiment le cas. Nombreux sont ceux qui pensent le ciel et Dieu de cette ancienne manière. Pourtant les théologiens sont de plus en plus nombreux à récuser le « Dieu-au-ciel-là-haut » et explorent d’autres manières de parler de Dieu de façon compréhensible dans le monde moderne. Ils parlent de Dieu comme d’un verbe plutôt que d’un nom, comme d’une expérience à faire plutôt que d’un être particulier.

Paul Tillich (1886-1965) à dit que Dieu était « le Fondement de notre Être ». Cela revient à dire que Dieu est dans notre ADN et cela permet à beaucoup de gens d’avoir instinctivement la sensation que Dieu est avec eux et de trouver ainsi un sens à leur vie.
Les anciens Hébreux n’étaient pas loin du Fondement de l’Être lorsqu’ils disaient que le nom de Dieu est « Je suis celui que je suis. » Ils voulaient simplement dire que Dieu « est ».

Voilà où nous en sommes en 2020. Dieu (Lui, Elle, Cela) est au-delà de toute expérience et de toute possibilité humaine de le définir précisément.

Mais Dieu peut être facilement conçu et ressenti comme l’autorité suprême, dominant les princes, les présidents, les premiers-ministres et les politiciens : en effet, par exemple dans le cas d’un problème comme celui du réchauffement climatique, ceux-ci font fréquemment passer leur propre intérêt ou celui de leur nation au-dessus des intérêts futurs des habitants de la terre.

Réfléchir à cette haute autorité est devenu extrêmement important depuis la mondialisation qui a fait perdre de l’influence aux autorités nationales.

Nous vivons actuellement dans un monde où les fake news, les médias, les séries télévisées et autres tirent nos valeurs sociales vers le bas et récusent l’idée même que de plus hauts niveaux soient envisageables.
Heureusement, la plupart des religions promeuvent la Règle d’or selon laquelle « il ne faut pas faire à autrui ce que l’on n’aimerait pas qu’on nous fasse. »

C’est ainsi que les grandes religions enseignent toujours les valeurs sociales justes.

Je ne pense pas que la manière dont nous nous représentons « Dieu » soit particulièrement importante si notre idée nous donne un dynamisme thérapeutique et spirituel et une vision du monde constructive et aimante. Il suffit que l’idée que nous avons de Dieu soit celle de l’amour et produise réellement l’amour : toute la religion qui en découle n’est optionnelle.

La science explique aujourd'hui les phénomènes naturels, la cause des maladies et elle a montré que l’espace et le temps sont des variables d’équations mathématiques. Elle met en cause le Dieu biblique interventionniste et d’autres idées traditionnelles, notamment celles de la vie dans l’au-delà qui doivent encore être discutées par les biblistes.
La science nous a aussi donné l’idée du Big Bang, mais elle ne nous dit rien qui puisse nous éclairer à propos de nous-mêmes ou de notre entourage.

Richard Dawkins et les autres philosophes athées refusent toute religion mais ils ne nous disent rien de l’univers de l’esprit humain ni du sens que l’on peut reconnaître à la vie.

Croire à la nécessité d’avoir des valeurs sociales constructrices et de reconnaître (même de manière poétique) l’autorité suprême d’un « Dieu » peut nous encourager à œuvrer ensemble, de manière non égoïste, membres d’une équipe mondiale déterminée à créer une société stable et durable, juste pour tous.
Que Dieu soit considéré comme réel ou comme « imaginaire » fait peu de différence. Il peut de toutes façons incarner une autorité efficace et acceptable par tous.

Comme Confucius l’a expliqué, il y a plus de deux mille ans, croire entraîne la maîtrise de soi et la honte des mauvaises actions contrairement au légalisme qui fonctionne par des sanctions.

Chacun comprend Dieu à sa manière et cela ne sert pas à grand chose d’en énumérer les différences conceptions. C’est pourquoi Dave Allen avait raison de dire à tout le monde : « Que votre Dieu vous accompagne », alors même que le Dieu auquel pense votre voisin est sans doute différent du vôtre.

 


Retour vers spiritualité
Vos commentaires et réactions

 

haut de la page

 

 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : gilles@castelnau.eu
Il ne s'agit pas du réseau Linkedin auquel nous ne sommes pas rattachés.
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque